‹ Études NapoléoniennesChapitre 43 sur 177 · LES ANGLAIS A ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

LES ANGLAIS A ALEXANDRIE

publique en Angleterre était très mécontente de l'affaire d'Egypte, de cette « parodie de la campagne de Bonaparte».

Les pourparlers engagés à Alexandrie aboutirent vite. Le i4 septembre, la garnison anglaise fut embarquée. Le i5, avant son départ, l'amiral Hallowel eut une entrevue cordiale avec Méhémet, et les vaisseaux anglais firent voile au courbant. Le 16, le pacba fit dans Alexandrie une entrée triompbale au bruit de l'artillerie des forts. Le succès était considérable pour lui ; il était désormais « intronisé dans la politique du monde ' » .

Napoléon eût pu fonder de grands desseins sur ces événements. Il y songea. Mais les révolutions de Constantinople et le traité de ïilsit compromirent l'influence française auprès de la Porte. D'ailleurs, Méhémet-Ali eût peut-être été rebelle à l'intervention de la France comme à celle de l'Angleterre. La lutte de la France et de l'Angleterre fut détournée à l'ouest par les affaires d'Espagne.

Les Anglais demeurèrent les maîtres de la Méditerranée. Ils avaient en Sicile une sorte de quartier général de leurs forces ; c'est là qu'ils avaient formé l'expédition de Constantinople, qu'ils avaient embarqué les troupes du général Fraser destinées à l'Egypte ; c'est de là qu'ils surveillaient toutes les côtes méridionales de l'empire napoléonien. Leurs vaisseaux évoluaient à l'aise de Gibraltar à Alexandrie, paraissaient devant Toulon, devant Gênes, devant Trieste, tantôt de conserve avec les quelques vaisseaux russes, plus souvent seuls ; car ils n'aimaient pas à partager les bénéfices de leurs entreprises ; ils préféraient en partager les risques.

Ils avaient été impuissants contre les provinces de l'empire ottoman, à Constantinople comme à Alexandrie. Il faut dire qu'ils n'y avaient pas porté des efforts considérables. Ils ne voulaient pas mécontenter la Porte; ils ne rompirent point formellement avec elle, dans l'espérance de reconquérir bientôt une plus grande influence auprès d'elle. Ils craignaient de commettre contre l'empire ottoman quelque cliose d'irréparable. S'ils s'emparaient de quelque territoire turc, ne

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