‹ Études NapoléoniennesChapitre 51 sur 177 · I. Correspondance, 2 mai · texte numérisé non relu

I. Correspondance, 2 mai

Driault. — - Napoléon. 9

l3o LA POLITIQIE ORIENTALE DE NAPOLÉON

folies ' . » Elle est naturellement au nombre de ces « joueur» à la baisse », parmi lesquels il y a aussi « le frère Talleyrand, pour une somme assez notable ». Napoléon se félicite qu'elle aille à Genève et ordonne à Fouché de faire en sorte qu'elle y reste ; aussi le ministre est-il fort mal reçu, quand il lui transmet une demande de M'"" de Staël |>our séjourner encore à Paris, sous prétexte qu'elle a acheté une terre dans la vallée de Montmorency : « Puisque j'entends qu'elle ne doive plu» sortir du Léman, c'est une affaire fînie ; qu'elle aille à l'étranger et y fasse autant de libelles qu'il lui plaira*. » Tout à coup, l'Empereur apprend, non par t'ouché, qu'elle n'est pas partie le 21 avril comme le ministre l'annonçait,, qu'elle était encore à Paris les 24, 25, 26, 27, 28 et probablement les jours suivants, qu'elle y a fait beaucoup de dîners avec des gens de lettres ; il va la faire mcllre à l'ordre du jour de la gendarmerie. Il eut en effet la j>aix à ce sujet pendant quelques mois ^.

Le pape est traité de façon tout aussi cavalière. Il refuse de donner l'investiture spirituelle à quelques évéques que Napoléon a nommés en Italie : c'est la suite de ces dissentiments qui ne cessèrent pas entre l'Empereur et le Saint-Siège depuis le sacre jusqu'aux dramatiques événements de 1809. De Finkenstein, l'Empereur ne veut pas « se jeter dans les tracasseries avec ces nigauds (le pape et les cardinauv) : ce n'est pas le moment » ; mais, en temps et lieu, il saura faire repentir la Cour de Rome de sa mauvaise conduite. Le prince Eugène, vice-roi d'Italie, s'offre à écrire au pa|>e ; Napoléon n'espère pas que cela puisse servir h quelque chose, « car ces gens-là sont ineptes au delà de ce qu'on peut imaginer ». Il s'en souviendra dès qu'il aura du temps.

Le 19 avril, l'Empereur eut sans doute des loisirs tout |)articuliers. 11 continue de suivre de près les opérations du siège de Danzig, de se préoccuper de la défense des côtes de l'Empire, songe au siège de Graudenz, |K)usse des approvisionnements sur Marienwerder. Mais cela ne l'enlève pas

Page 1