‹ Études NapoléoniennesChapitre 68 sur 177 · NAPOLÉON A FINKENSTEIN. OPÉRATIONS DIPLOMATIQUES · texte numérisé non relu

NAPOLÉON A FINKENSTEIN. OPÉRATIONS DIPLOMATIQUES

quitter Routchouk et de se retirer pour un temps à Sistova. Le pacha de Traunik lui-même ne veut pas prendre la responsabilité de laisser avancer les Français sur son territoire. Ali de Janina reproche au sultan de favoriser les desseins ambitieux de la France après avoir secoué le joug de la Russie. Les uns et les autres, appuyés sur les janissaires, craignent •ou afFectent de craindre que l'armée française ne s'emploie à leur propre destruction, pour achever la transformation militaire de la Turquie par le INizam-Djedid. Et la moitié du divan partage cette opinion et ces craintes, et combat vigoureusement l'intervention des Français dans l'empire ottoman.

En fait, il n'y a pas lieu de s'en étonner ; un pareil •événement eût été en effet d'une gravité exceptionnelle. On n'avait pas oublié chez les Turcs la campagne de Bonaparte €n Egypte et en Syrie. Depuis qu'il était empereur, on redoutait plus encore son ambition ; on le croyait capable de procéder, seul ou avec les Russes et les Autrichiens, à un démembrement de l'empire turc. Et vraiment, la présence de 26000 Français sur le Danube inférieur, au moment de la paix de Tilsit, n'en aurait-elle pas été le signal?

Il y fallut renoncer. Le i4 avril, Sébastiani avait annoncé à Talleyrand les mauvaises dispositions des pachas'.

Le 21 mai, Talleyrand lui répondit, de Finkcnstein, qu'on n'enverrait pas d'armée en Turquie, pour éviter toute cause de trouble ou d'inquiétude. On se contenta, pour le moment, sur demande expresse du sultan Sélim, de diriger sur Constantinople une nouvelle mission d'officiers et une petite troupe de 600 canonniers. Pour une coopération plus étroite, il convenait d'en faire l'objet d'un traité en bonne forme.

Or les négociations avec l'ambassadeur ottoman n'aboutirent pas, en partie par la faute de Napoléon, qui, sans doute pour ne point se lier les mains, tarda à le recevoir, plus encore par la faute de l'ambassadeur lui-même, avec lequel on ne put rien traiter, Emin-Vahid-Effendi, arrivé le 2 mars à Varsovie, ne fut reçu qu'à la mi-avril à Finkenstein. Il voyagea presque en compagnie de l'ambassadeur persan,

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