‹ Études NapoléoniennesChapitre 70 sur 177 · JNAPOLÉON A FINKENSTEIN. OPÉRATIONS DIPLOMATIQUES · texte numérisé non relu

JNAPOLÉON A FINKENSTEIN. OPÉRATIONS DIPLOMATIQUES

VOUS vers Kaminiec. Les circonstances sont critiques : que la Turquie se réveille enfin, et elle retrouvera son ancienne splendeur; sinoh, elle sera livrée aux destinées impitoyables.

\ahid-Efiendi affirma les intentions les plus énergiques de son gouvernement, et les négociations furent ouvertes, virtuellement du moins. Car pendant plus d'un mois, elles lurent retardées par divers empêchements, par les installations successives de l'ambassadeur à Varsovie, à Finkenstein, à Danzig enfin. Il eut, de-ci de-là, des mots très heureux au sujet des relations de la France avec son pays, admira fort les troupes qu'on lui fit voir autour de l'Empereur, visita avec un vif intérêt les fortifications de Danzig enlevées par le maréchal Lefebvre et déclara que cette vue lui faisait autant de plaisir comme s'il s'agissait d'une grande victoire des Ottomans.

Son langage était beaucoup moins explicite quand il s'agissait de rédiger le moindre article du traité d'alliance. Caulaincourt avait été chargé de la négociation ; le 3 juin, on parvint à ouvrir des conférences à Danzig ; elles furent laborieuses. Ses instructions, dit l'envoyé du sultan, ne comportaient qu'un accord défensif contre la Russie, et pour trois ans ; elles ne renfermaient rien au sujet du commerce et des privilèges de la France dans le Levant, ni au sujet des Anglais : « on les croirait les meilleurs amis du monde, » écrit Roux, qui assistait Caulaincourt.

Ces indications étant par trop insuffisantes, on prit pour base de discussion le projet de Caulaincourt, qui reposait sur une alliance offensive contre la Russie et contre l'Angleterre. Le Turc entra dans une grande colère : il ne veut rien consentir à perpétuité ; il veut bien qu'il soit question d'une constante amitié ; mais le terme alliance lui semble dangereux : il ne se croit pas autorisé à l'admettre. D'ailleurs, aucun bon musidman ne peut parler d'offensive : « Notre loi, notre religion nous ordonnent de nous défendre ; elles nous prescrivent de ne jamais attaquer; et, si nous ne pouvons faire aucune guerre offensive, nous ne pouvons nous engager dans aucune alliance qui le soit. » Quant à l'Angleterre, il ne peut rien résoudre contre elle, et « quoique toute

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TEurope sache que la Sublime Porte est en guerre avec elle, il n'en avait pas encore reçu la nouvelle officiellement, de façon qu'il ne pouvait s'engagera rien' ». 11 y avait trois mois que les canons turcs des Dardanelles avaient croisé leurs feux sur les vaisseaux de Tamiral Duckworth.

Cette première conférence se termina, de la part de Tambassadeur turc, par une grande envie de dormir. La suite en fut renvoyée à Finkcnstein, et Caulaincourt dès le lendemain •quitta Danzig.

Il n'y cul pas de suite. Quelques jours après, Napoléon reprenait les opérations contre les Busses. Les Turcs n'y •^contribuèrent pas : ils s'étaient tenus trop loin, et à celte date la révolution ensanglantait encore une fois le sérail. Napoléon vainquit sans eux ; il traitera sans eux, en apparence contre ■eux. Aussi bien, il' n'avait attendu d'eux qii'uno diversion militaire ; les circonstances changeant, il renoncera à cette alliance inutile et gênante. La tradition plus de deux fois «éculaire de l'entente franco turque n'avait clé i>our lui, en ce ^ernps, qu'un instrument de guerre.

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