‹ Études NapoléoniennesChapitre 73 sur 177 · LE TRAITÉ DE FOKENSTEIN I^S · texte numérisé non relu

LE TRAITÉ DE FOKENSTEIN I^S

pour lesquelles la victoire est une habitude, sont tombées sur l'ennemi avec le sabre, l'épée, le poignard et la lance. » Douze mille Russes ont été tués, le reste est en pleine déroute, au printemps prochain, les Persans vont envahir la Russie, et si les Français en font autant, ils y rencontreront leà Persans. Il y avait bien là quelque exagération, mais il fallait faire valoir aux yeux de Napoléon la qualité de l'alliance qui s'offrait.

Quelque temps après, le grand-vizir de Feth-Ali, Mohammed Mirza-Chefy, écrivait aussi à Talleyrand et lui rappelait l'amitié sincère et intime qui régnait depuis un temps immémorial entre la glorieuse cour de France et la Sublime Porte de Sa Hautesse, son « très auguste, très grand, très puissant, très formidable bienfaiteur et maître, l'Empereur, asile de l'Islamisme et de la vraie grandeur, le plus élevé des souverains, le plus illustre des sultans, le noble possesseur de l'empire de la haute justice, le héros du champ de l'honneur, l'ornement du trône de la félicité, l'éclat et la splendeur du siège de la souveraineté, le soutien des colonnes de la vraie foi, l'appui des fondements de la loi du chef des prophètes, le maître des deux continents et des deux mers, le serviteur des deux villes sacrées, etc. * ».

Feth-Ali fonda des espérances considérables sur l'amitié du grand conquérant de l'Occident. Non seulement il comptait reprendre ainsi la Géorgie; mais il espérait encore que Napoléon, qui jadis avait conquis un moment l'Egypte, envahi la Syrie, ne saurait être l'allié des Turcs, et que la Perse en pourrait profiter pour reprendre au sultan de Constantinople Bagdad et l'Irak-Arabi. De tout temps la Perse avait convoité la Mésopotamie ; aussi bien dans les temps modernes que dans l'antiquité, les fertiles terres du Tigre et de TEuphrate excitaient l'envie des montagnards de l'Iran, Cette ambition de butin se compliquait depuis la conquête turque de la rivalité religieuse des Chiites et des Sunnites, et les relations de voisinage étaient toujours, sont toujours, même aujourd'hui, très difficiles à la frontière des deux

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