SOUVENIRS
D'eu
YOYAGE A POITIERS.
n y avait huit années que je n'avais revu Poitiers. Et pourtant bien des motifs auraient dû lui rendre mes visites moins rare», Tancienne capitale du Poitou étant du petit nombre de ces villes dont on ne perd plus le souvenir, lorsqu'on y a fait un long séjour. Mais tant de choses se sont passées dans le cours de ces quelques années, que les amis que j'y avais laissés ont dû me pardonner cet apparent oubli. C'était donc pour moi une véritable fête de revoir le lieu où s'étaient écoulées les plus joyeuses années de ma vie et qui m'avait môme empêché jadis de regretter Paris. C'est que Poitiers réunit tous les genres d'attraits pour ceux^ui se livrent aux études historiques : traditions qui se perdent dans la nuit des siècles ; monuments de toutes les époques, destinés à tous les usages. On y trouve tour à tour le dolmen contemporain des civilisations premières, des arènes romaines, des débris d'une enceinte wisigotbe, un baptistère chrétien, des œuvres de pierres sorties du cerveau peu réglé des artistes du xu* siècle, de sévères productions du règne de saint Louis, des fantaisies gracieuses de la Renaissance, des machines païennes et boursouflées du style Maintenon, de niais tortillons baptisés du nom^
de rocailles, des pastiches de notre temps d'éclectisme ; puis encore nne belle et nombreuse bibliothèque, de riches archives, des écoles d*élite où la jeunesse des départements de TOnest vient sUnitier au grand art d'être utile à sa patrie; et enfin, au-dessus de tout cela, cette réunion d'honmies intelligents et aimables, jaloux de lui conserver, avec une pieuse et délicate sollicitude, ce renom de savoir et de courtoisie que les glorieux enfants du xvi* siècle s'étaient plu ft lui donner !
Tavais pour compagnon de voyage mon jeune compatriote, Thomas Arnauldet, amateur passionné des arts, qui rassemble des matériaux pour la publication d'une lœnographiepoiievifie, ouvrage entrepris sur une vaste échelle et conçu sur un bon plan, où seront énnmérés et décrits avec la plus scrupuleuse exactitude tous les portraits peints ou gravés, les médailles, bustes et statues des personnages dont les noms méritent à un titre quelconque d'être mentionnés dans nos annales; les vues, plans, cartes et toutes les autres représentations graphiques des hommes et des choses de la province.
Entraînés vers un but presque identique, nous venions l'un et l'autre puiser à cette source féconde.
L'aspect de la ville n'avait pas changé. Quelques maisons neuves, un chemin de fer, une exubérance singulière de discrètes boutiques, sur les vitr^ desquelles s'étalent ces dévotes enseignes : Épicerie fine, articles de piété; une coquette chapelle singeant la sévérité, bfttie, rue de l'Industrie, par les jésuites ; un luxe inaccoutumé de tricornes témoignant de la vigilance paternelle de la police municipale, un peu plus de boue dans les rues que par le passé ; à cela près, je retrouvais le Poitiers d'autrefois.
Les monuments ont, au contraire, subi de notables réparations ; les unes heureuses, les autres conduites avec moins de succès. Les mains de l'architecte et du maçon, et, de temps à auure, celle de l'enlumineur, ont laissé sur les murs de plusieurs des traces récentes, et, il faut bien le dire, se sont rendues coupables de plus d'un méfait.
Les restaurations sont toujours à craindre. Sous prétexte de remettre en état un vieil édifice, on lui fait peau neuve. Plaise à Dieu qu'un pareil sort ne soit pas le partage de ce pauvre temple Saint- Jean, dont les restes vénérables ne devraient être touchés qu'avec un profond sentiment de respect.
Saint-Pierre seul a presque échappé à ce danger des rapetassages,
et tout fait espérer qnUl Gooservera longtemps encore, dans son intégrité prifliitiye, cette simplicité grandiose qae chacun admire, et qui porte an recaeillement, malgré le rire moqaeor de ses modillons grivois mis en galté par les réyes saugrenus des don Qoichottes du symbolisme.
Mais à quoi bon insister sur ce sujet ! Il n'est pas un archéologue qui ne connaisse les monuments de Poitiers; je ferai donc mieux d'arriTer de suite aux collections publiques ou particulières que je m'étais surtout promis d'étudier.
Celles d'antiquités appartenant à la ville et à la Société des Antiquaires de rOuest , fondues ensemble et réunies dans un même local, commencent à prendre un développement assez considérable. Il serait à désirer qu'on ajoutât à leur importance, en y donnant asile à une foule de débris de tous les ftges disséminés sur la surface entière du département de la Vienne (^).
Le médaillier contient à peine quelques centaines de pièces romaines, gauloises et françaises.
Le cabinet d'histoire naturelle est, au contraire, très-bien partagé en fossiles, coquilles, insectes, oiseaux et quadrupèdes, qui proviennent en grande partie du territoire poitevin. On y a joint un bel herbier, et, grâce à l'infatigable persévérance dé son conservateur, M. Mauduit, il arrivera bientôt à rivaliser avec ceux des villes les plus favorisées sous ce rapport.
Poitiers renferme en outre un assez bon nombre de collections particulières, dont plusieurs méritent de recevoir la visite des vrais amateurs. Elles se divisent en deux catégories : les émaux, poteries et objets de haute curiosité ; les médailles et débris antiques.
Les émaux s'y sont donné rendez-vous de toute part ; si bien que certaines personnes peuvent les montrer par centaines réunis dans leurs cabinets.
Au premier rang brille la galerie de U'b* de la Sayette, l'une des plus riches de France en meubles^ bijoux, ustensiles de la vie privée des classes riches , ivoires sculptés, poteries du xvi* siècle sorties des fabriques italiennes, allemandes et françaises, parmi lesquelles
(1) Je citerai, par exemple, le sarcophage en marbre blanc des premiers temps du christianisme dans les Gaules, qui sert de timbre dans la cour d'une maison de Loudun.
sont des œuvres de Bernard Palissy et de son école, sans qii^il y ait pourtant aucune composition capitale de ce vaillant génie. A côté, des porcelaines de Chine, du Japon, de Saxe et de Sèvres, caprices de jolies femmes d'un goût assez douteux» étalent leurs couleurs brillantes et jouissent à leur aise de Tengouement, trop excessif pour ne pas être passager, dont elles sont à cette beure Tobjet. Viennent enfin de belles pièces en émail, cofirets, triptyques, cbâsses, plats, coupes, assiettes, tableaux et candélabres, qui portent pour la plupart les monogrammes et les signatures des plus éminents ouvriers de Limoges. Et tout cela montré avec cette bienveillance extrême qui double le prix de ce qui passe sons vos regards.
Depuis que je n'avais vu le cabinet de M™* de la Sayette, il s*est beaucoup enrichi et a subi d'heureuses épurations, qui, pratiquées sur une plus grande échelle, surtout dans la partie des tableaux et des curiosités secondaires, diminueraient encore le nombre de ses rivaux. Il serait aussi à désirer qu'on le soumit à un classement méthodique satisfaisant à la fois l'esprit et les yeux. Lorsque l'on possède tant de richesses, le plus grand bonheur est d'y faire participer autrui, et de permettre aux visiteurs d'emporter de chez soi un enseignement utile. Et c'est ce qui arriverait toujours alors ; car, dans cette galerie, il y a les éléments d'un véritable musée.
Qu'un bon catalogue vienne ensuite compléter cette œuvre méritoire, et le cabinet de M">* de la Sayette laissera une trace durable. Les collections particulières ont toutes un même destin ; elles seront tôt ou tard dispersées, vendues, que sais-je?... il ne faut plus aujourd'hui croire lier l'avenir. Un catalogue rédigé avec intelligence est donc le seul moyen de les immobiliser, d'en faire des monuments de famille, à moins qu'une inspiration généreuse ne suggère la noble pensée de faire d'une propriété privée la propriété de tous.
Le cabinet de M. de Boismorand est pareillement riche en émaux; mais ce qu'il contient de plus précieujr, c'est cette vitrine remplie d'objets celtiques qui feraient honneur à un musée public. On y voit des armes et des instruments de silex trouvés en Poitou, qui sont des merveilles en leur genre.
Celui de M. Calixte de Tusseau est fort peu nombreux, -et se distingue pourtant par le choix des pièces. Bernard Palissy y est fort bien représenté.
Je ne puis parler de ces deux dernières collections que de souvenir
et par oai-dire, ayant été privé du plaisir de les voir cette fois, par suite de l*absence de leurs possesseurs.
H. Moitre, dit Manccau, qui cumule Tétat de chaisier avec celui d'amateur de raretés ayant valeurs commerciales, a quelques émaui intéressants, entre autres une ou deux plaques du xyp siècle et une assez belle Cène de Laudin. Le reste tombe au rang des médiocrités.
n y avait longtemps que je n'avais été à même d'embrasser d'un seul coup d'œil les phases diverses du mouvement artistique, qui se produisit à Limoges pendant plusieurs siècles; mais l'impression que m'a fait ressentir l'examen des émaux conservés à Poitiers, n'a pas modifié l'idée que je m'en étais formée autrefois. Je persiste à considérer ces productions comme tenant moins à l'art proprement dit qu'à la haute curiosité ; leurs auteurs, à Texception de deux ou trois à peine, ayant toujours été plutôt des copistes subalternes que des inventeurs, des enlumineurs plutôt que des coloristes , d'habiles ornemanistes plutôt que des dessmateurs ; des ouvriers enfin, et non de vrais artistes. Ce n'est pas à dire que les émaux ne me semblent pas dignes d'estime ; mais je maintiens qu'ils ont usurpé, dans l'esprit de beaucoup de gens, une place trop élevée, et que cette vogue prodigieuse n'est en réalité qu'un adroit coup de commerce exploité par des industriels, au détriment de la bourse des amateurs et du goût public. Ne vousrépugne-t-il pas, en effet, à penser qu'un coffcet de Léonard Limousin' ou de Pierre Courtois vaille autant qu'une composition du Poussin ou qu'un dessin achevé de Raphaël, plus qu'un bon tableau de notre immortel Lesueur? Dans quelques années, ce qui se vend aujourd'hui douze et quinze mille francs, sera donné pour la dixième partie peut-être ; mais les marchands de bric-à-brac se seront fait d'ici là un bon lit de repos.
Les collections de médailles, sans avoir la valeur mercantile des précédentes, offrent au travailleur des matériaux de plus d'une sorte. Celles de MM. Lecointre-Dupont et Bonsergent sont les deux principales. La première, composée spécialement de monnaies poitevines et des autres parties de l'ancienne Aquitaine, rappelle que les recherches de son possesseur se sont tournées avec succès de ce côté. Dans la seconde figurent des gauloises, des romaines et quantité de pièces rares du moyen-âge, trouvées en général sur les lieux ; plus, de beaux fragments de poteries , des statuettes et des ustensiles an-
tiques. M. Tabbë de Béchillon, dont le médaillier était autrefois assez bien rempli, s*est défait de plusieurs séries importantes, et n*a guère conservé qu*an petit nombre de trions de la première race et une trentaine de carlovingiennes. MM. Eugène Lecointre, qui marche sur les traces de son oncle, Deniau, Peinchault, Moître et Peignelin complètent la liste des personnes de Poitiers qui s* adonnent à Téiade de la numismatique.
L*arriYée de M. de la Sanssaye, nommé récemment recteur de FAcadémie, vient ajouter un cabinet de premier ordre à ceux que j*ai énumérés , et il faut espérer que sa présence, donnera une impulsion nouvelle à la recherche de nos vieilles monnaies.
Tandis que je parcourais ces diverses réunions de médailles, tous les amateurs poitevins étaient vivement préoccupés de la découverte récente d'une masse de pièces de la période carlovingieone. Un heureux concours de circonstances ayant réuni sons ma main tous les renseignements nécessaires pour donner une description complète de ce trésor, Bonsergent m'engagea à profiter.de Toccasion pour publier en même temps les inédites de sa collection, où j'ai déjà si souvent puisé, et celles recueillies par ses collègues et par moi depuis l'apparition do mon dernier livre. C'était aller au-devant de mes désirs ; aussi m'empressai-je de suivre le conseil de mon ami, et d'aller quêter çà et là des empreintes. La m<M8sonfutsi bonne, qu'elle m'a permis de composer ce nouveau travail, en tète duquel j'ai cru devoir, par un sentiment de gratitude, placer le nom de celui qui m'en a donné l'idée.
Avant d'en finir avec les collections de Poitiers, je citerai encore les bibliothèques spéciales de MM. Barbier^ Pressac et Garran de Balzan, qui rassemblent avec soin les ouvrages des écrivains de la province, on sortis des imprimeries qu'elle renferme.
Je ne saurais oublier non plus le recueil de dessins de M. de Longuemar, archéologue distingué, qui ne se contente pas de décrire les monuments; mais qui sait les reproduire, pour la plupart, avec cette consciencieuse exactitude de beaucoup préférable à l'élégante facilité des faiseurs de croquis pittoresques, chargés d'illustrer ces tristes publications où Ton se platt trop souvent à défigurer, à si grands frais, les édifices de nos contrées. Le chic est en tout l'ennemi du vrai.
Les lithographies faites d'après ses croquis ne donnent aucune
idée de son genre de talent, tandis qae les aquarelles contenaes dans ses cartons sont de nature à exciter au plus haut point Tintérêt. Elles sont si nombreuses, qu*elles formeot à elles seules une statistique nionumentale du Poitou presque complète. On y trouve, classés par ordre chronologique et de style, des spécimens de chaque système d'ornementation, et de chacun des types principaux qu'affectionnèrent les sculpteurs et les peintres décorateurs du moyen-âge. Les reproductions des peintures murales de nos églises de TOuest, font particulièrement plaisir à Yoir, à cause de Texactitude de sentiment qui a guidé le crayon et le pinceau du copiste. M. de Longnemar comprend surtout à merveille les œuvres des artistes des xi* et xn« siècles, et possède le don d'initier les autres à ce genre de beauté tant soit peu conventionnelle, qui'demande, pour être appréciée, une certaine élévation d'esprit.
La pensée qui a dirigé ses études mérite également des éloges; car elle les rattache à des considérations judicieuses sur l'état de la civilisation et des mœurs anciennes de notre pays. J*y ai trouvé la confirmation d'une remarque que j'avais faite sur des monuments d'un autre ordre ; c'est que le Poitou n'eut jamais de sens artistique original, et par conséquent d'école qui lui fût propre ; il vécut sans cesse, sous ce rapport, un peu aux dépens des centres voisins.
La bibliothèque publique doit posséder un jour tous ces dessins. Ce sera, à coup sûr, l'une de ses principales richesses.
Tel est le résumé bien sommaire des ressources si variées que renferme Poitiers. Ce ne fut donc pas sans quelque regret, que je me décidai à regagner mon cabinet de travail et à retomber dans mon isolement habituel. Mais, cette fois, je me promettais bien de ne pas laisser huit années s'écouler sans lui faire une nouvelle visite, remportais, d'ailleurs, ample moisson, et j'allais l'augmenter sur la route.
Niort fournissait à mon travail projeté plusieurs monnaies rares, sorties des médailliers de M. Avril de la Yergnée et de la Société de statistique des Deux-Sèvres. M. Oppermann, chef d'escadron au 7* lanciers, me montrait plusieurs délicieuses statuettes en terre cuite et en bronze, destinées à aller augmenter le beau cabinet qu'il forme dans le but de venir en aide à ses recherches sur la mythologie des peuples de l'antiquité et sur l'état de la Gaule sous Pos-
tume et TetriôQs, dont il possède une êërie de pièces précieuses en raison de leurs types et qui ont fourni à M. de Witte plus d*un renseignement utile.
Plusieurs des petits bronzes de M. Oppermann appartiennent à cette immense catégorie des Tetricus, qui sont d*un travail tellement barbare, qu*il est impossible de les considérer comme contemporains des princes dont ils portent les empreintes. Selon toute probabilité, les légendes ne sont arrivées à un tel état de déformation qu'après avoir été immobilisées, et à la suite d'une foule d'émissions successives ; et il y a de fortes présomptions pour admettre que la plupart de ces monnaies furent fabriquées à une date de beaucoup postérieure à la mort de ces empereurs. Les types que le peuple a une fois adoptés lui sont chers ; et la Gaule fut soumise à tant de révolutions, à partir du m* siècle, que le pouvoir central, à travers ses fluctuations continuelles, ne fût pas toujours en mesure de contrôler les actes accomplis dans les régions éloignées de cette partie de l'empire. Quoi qu'il en soit, ces petits bronzes présentent une énigme qui est loin d'être résolue. Voici quelques faits propres à éclairer la question :
M. Benjamin Bréchard, de Fontenay, recueillit, il y a une vingtaine d'années, une centaine de ces monnaies à fleur de coin trouvées au cbftteau d'Olonne, en compagnie de quelques pièces de Constantin et de Constant ;
Un enfouissement analogue fut déterré, en 1840, près l'abbaye desFontenelles;
On rencontresouvent en Bretagne des Tetricus portant au revers un carré orné de points, et d'un style qui semble propre à cette province ;
Les graveurs enfin des triens et deniers d^argent mérovingiens de la seconde moitié du vn* siècle, prirent souvent pour modèles les têtes de ces pièces; circonstance de nature à faire croire qu'ils en avaient habituellement à leur portée: non pas que je veuille descendre aussi bas l'émission de quelqnesHines d'entre elles, mais il n'y aurait rien d'étonnant à ce qu'alors il en circulât encore. Les Uards de Louis XIY, par exemple, qui ont deux cents ans, oe se trouventils pas, de nos jours, dans toutes les mains? -- M* de Lagoy, dont personne ne contestera le tact et les profondes connaissances, a été trompé même par l'arr de parenté de VùB des Tefricus avec
les pièc^ de te première race, aa point de le dire leur oontemporaîD (0*
La Société académique de Nantes a, dans ses archives , plusieora centaines de petits bronzes qui fourniraient peut-être des indications utiles.
Il me reste maintenant à remercier ceux dé mes collègues qui ont bien voulu s'associer à la pensée de Bonsergent, et me communiquer des monnaies. Ce sont MM. Lecointre-Dupont, Eugène Lecointre, Fabbé de Béchillon, Mauduit, Meillet, Deniau, Peincbault et Peignelin, de Poitiers; Avril de la Ver gnée, de Niort; Lièvre, pasteur de Coubé-Yérac ; Ledoux, de la Rochelle ; le marquis de Lagoy, de Saint-Bémy; Henry Morio, de Lyon; Philippe Salmon, de Sens; B« Sipowicz, F. Parenteau et Dague-Dubois, de Nantes, et enfin mon compatriote, Faustin Poéy- d'Avant, qui m'a procuré, à lui seul, INresque autant de pièces que tous les autres, et m'a généreusement abandonné la publication des plus remarquables inédites de sa nou- Telle suite de pièces féodales. Il est impossible d'agir avec plus de courtoisie envers un ami O.
Je répéterai, avant d'entrer en matière, ce que j'ai dit toutes les fois que j'ai entrepris un travail de cette nature. Si, parmi les monnaies décrites, il s'en trouve quelques-unes publiées ailleurs, il faut me le pardonner et tenir compte de la difficulté qu'éprouve un numismatiste vendéen à se procurer les moyens de vérification.
(i) Mélanges de Numismatique, par lo marijuis de Lagoy. Aix, 1845. -^ Iii-4o, p. 34 et pi. II, nos.
Cf. Considérations historiques et artistiques sur tes Monnaies de France^ p.36.
(3) Je saisirai cette occasion de décliner Thonnenr que quelques personnes ont bien voulu me faire en m'attribuant une trop large part dans la Description des Monnaies seigneuriales de la collection de Jf. Poëy-d'Jvant. Je me suis fait, certes, un devoir de bonne camaraderie de communiquer à mon collègue les notes que j'avais en portefeuille; mais à cela s est bornée ma participation à son œuvre. Quant à son catalogue de vente, il m'est encore plus étranger, n'ayant k réclamer que les quatre pages insérées en tète , lesquelles ont même été retouchées par M. Poêy-d' Avant, selon son bon plaisir. — Ainsi donc, c'est à tort que M. de Longpérier me reprochait dernièrement (Rev. num,, 1854 , p. 369) d'avoir, dans l'un de ces deux ouvrages, mal déchiffiré la légende d'un denier de Troyes. — J'espère que Ton m'épargnera désormais la peine de pro-^ tester contre de semblables assertions.
Mais , en tout état de cause , le contiDgent que Rapporte est trop considérable, pour que Ton m^accuse de vouloir sciemment faire du neuf avec des choses tombées parfois dans le domaine public.