ANGERS
+ AnaCAVIS CiViTAS. Croix. — K. + CIVATIA D-I REX {gratta dei rex), débris du monogramme de Eudes, composé de trois croisettes et de deux annelets placés de chaque c6té d'un I.
Collection de M. Ledoux.
On n'avait encore que des, monnaies posthumes au nom de Charles le Simple, frappées à Angers pendant le cours dh x* siècle et imitées ensuite par les comtes. Or, ce denier d'argent à un titre assez bas, fabriqué fort longtemps après la mort de Eudes, dont il porte l'empreinte altérée, ferait croire qu'il y eut en Anjou deux ateliers fonctionnant ensemble, et qui se servaient de deux types immobilisés, issus de provenances tout à fait opposées. Cette pièce,
sans avoir été émtoe dans roBcine do la capitale de la province, mais dans celle d*im lien aecondaire, porterait ainsi son nom, selon la coutume de Tëpoqae. Cette babitsde d'employer simnltanéineiit deux empreintes différentes se perpétua en Anjou, comme m peut le consialer en examinant la série des momaies posthumes de Foulques etdeGeoflBroy.
+ K. FIL* REGIS FRANCIS {Karolus filius, etc.), monograomie d^Erbert du Mans. — m. + ANIEVNS DOVBLES (Anjevins doubles). Croix cantonnée, au 1*' et au 2*, d*un point; au 3*, d'une croisette; et au 4«, d'un A.
Poids : 20 grains. (PI. II, n« 7.)
MU. Cartier et Hùcber ont parlé Tnn et l'autre de cette jolie pièce, mais n'en ont donné que des dessins incomplets, faute d'en avoir es un bel exemplaire à leur disposition (0- Celui-ci a l'avantage d'être bien ccmservé et d'offrir quelques variantesdans les légendes.
Charles, comte d'Anjou et du Maine (i246-128S), frère de Saint- Louis, a réuni sur ce double le nom de l'un et le type de l'autre de ses deux apanages.
H« Anatole Barthélémy a publié dans son Essai sur des monnaies des ducs de Bourgogne, p. 31, pi. n, n<> 13, un double de Robert II, qui est, il est vrai, de date plus récente ; mais qui ressend^le beaucoup à celui de Charles d'Anjou.
SAUIT-FLORENT DE SAUMOR.
+ BEATI FLORENTO. Croix. — if. CASTRY SALHYRY. Dans le champ, une clef, symbole qui resta depuis dans les armes de l'abbaye.
D^er d'joreent pur du poids de 27 grains. Le grènelis ayant ëlé un peu enlevé d'un c6té, il a dû en peser primitivement 28.
(1) Revue numismatique, 1841. — Bisai sur les monnaies du Maine, p. 49 et pi. IV, no 3.
De tontes les pièces inédites dont H. F. Pofiy-d* Avant ni*a cédé la publication, il n*en est ancone qui soit plus remarquable qae celle-ci. Tron? ée, il y a qaelques années, à Sanmur, elle était Tane des principales curiosités de la collection de H. Lange, et ce ne fut qu'après le décès de cet amateur, que ses héritiers se décidèrent à laisser sortir de leurs mains un monument si précieux pour Tbistoire de leur yille.
Je poserai d*abord en principe que ce denier a été frappé pour le compte du monastère de Saint-Florent. La forme du génitif employée sur la légende du côté principal, celui de la croix, ne laisse pas la moindre incertitude à cet égard. Le mot maneta est sous-entendu, ou peut-être encore celui de caput; car il ne serait pas impossible, qu'avant rémission de notre denier, on en eût fabriqué d'autres décorés de la tète du saint patron, comme on le faisait alors dans plusieurs officines ecclésiastiques.
Si Ton en croit la tradition, les reliques de saint Florent furent conservées au Hont-Glonne (Saint-Florent-le- Yieil) , depuis 390 Jusqu'en 906. A cette époque, on les transféra, pour les soustraire aux "Normands, à Toumus, en Bourgogne, où s'étaient déjà retirés les moines de Noirmoutier, et elles y demeurèrent jusqu'en 948, année on elles furent rapportées sur les bords de la Loire par un novice nommé Absalon.
Déposées d'abord dans une grotte, non loin de Sanmur, Thibault le Tricheur leur donna asile, en 950, dans Fenceinte même du château de ce lieu, et une chapelle y fut bientôt élevée en leur honneur.
A dater de ce moment, les religieux vécurent en repos, pendant y trois quarts de siècle, à l'abri derrière les murailles de la forteresse ; mais, en 1025 ou 1026, pendant le cours des guerres allumées entre Eudes II, comte de Blois, petit-fils de Thibault, et Foulques-Nerra, comte d'ijijou , ce dernier enleva Sanmur au vicomte Gilduin, le réduisit en cendres et forga les disciples du bienheureux Florent à chercher encore ailleurs un refuge.
Retirés sur les bords du Thouef , leur nouvel établissement prit une rapide extension, et, plus tard, on les vit, après diverses vicissitudes, parvenir à se faire réintégrer dans la forteresse de Sanmur; mais seulement pour le service de la paroisse, qui y subsista jusqu'au temps de Dnpiessis-Homay, sous le vocable de Saint-Florentdu-€hftteau.
Telle est, en qaelqnes mots, lliistoire de cette abbaye. Elle sert de commentaire aux légendes du denier, et explique par soite de quelles circonstances elles se trouvent réunies sur les deux faces. Cest donc entre 960 et 1026 qu*il a été frappé, en vertu, sans doute, d'une concession de Tun des comtes de Blois, suzerain du fief de Saumur (*).
Le souvenir des types des monnaies de Toumus et de Gluny a pu influer légèrement sur celui adopté d*abord par les moines de Saint-Florent.
Le poids et la fabrique du denier de H. Poéy-d* Avant, la forme des caractères des légendes, tout, en un mot, annonce la fin du x* siècle ou les premières années du xi*.
LANGEES.
+ HVGO + EPISCOPV. Croix cantonnée, au 1" et au 4% de deux croisettes.— Bl. + LINCONIS GVTS. Type ordinaire de Langres; dégénérescence du mot BEX de Fempreinte immobilisée de Louis IV. ^
Poids : 25 grains. Collection de M. de Yesvrotte, de Dijon.
Le cliché de ce denier m*a été envoyé par H. Ph. Sahnon, qui, lui aussi, doit en faire le sujet d*un article. L'évêque dont il porte le nom est Hugues de Breteuil, qui occupa le siège de Langres de 1032 à 1049. C*est une copie des espèces posthumes de Louis lY^ sur laquelle on s'est contenté de substituer à Fobvers la légende épiscopale à celle indiquant le nom royal, et d'intervertir les types, n ne paraîtrait pourtant pas que les successeurs de ce prélat eussent
(i) M. Paul Marchegay, qui m'a fonnii les notes nécessaires à la rédaction de cet article, m*a communiqué le texte d'une charte conservée aux archives d'Angers, datée du mois de février 978, et donnée par Eudes, fils de Thibault, en faveur du monastère de Saint-Florent, mais elle ne dte pas le droit de monnayage, parmi les privilèges accordés.
tOQ8 coBtinaë à soine son eiemple, car il existe des pièces tu mm êd Louis de beancoop postérieures (0«
Charles le Cbanye coocëda, «a 874, aux ëvèqms de Langres, le droit de battre monnaie dans leur Yîile 1 1 i Dij<Mi; pemriasion qui fol plusieurs fois confirmée ensuite par les sncceaseurs de ee prince. Cette communauté d'origine donne la ndson de celle des types féodaux primitib de ces deux ateliers. Aussi ce ne fot qu*asseitard que chacun d*eux en adopta de différents. Je suis donc persoadé que mon ami , M. Anatole Barthélémy, ordinairement si bon juge en pareOte vatifere, a commis par mégarde une erreur de classificatioii, dans son Essai sur les monnaies des ducs de Bourgogne, quand il attribue au temps de Robert I" (pi I'«, m^' 1 et 2), un denier et une obole à la légende de Prima Sedes, de fabrique bien postérieure à celle de la pièce de Hagues P', gravée an n** 3, laquelle semble copiée sur le denier de Langres de M. de Vesyrotte, sauf que les types sont dans le même ordre que sur les espèces de Louis IV. Pen dirai autant du n** 6, donné à Eudes II, tandis qu'il est de Eudes P' et antérieur au n"" 4, attribuable aussi à ce prince ; et encore du n» 5, dont la place est à l'article de Hugues III et nqp à celui de Hugues H. Ceux qui voudront se donnw la peine d'examiner le livre de M. Barthélémy accepteront, je n'en doute pas, ces rectifications dans le classement des premières monnaies marquées aux noms des ducs de Bourgogne. Plus l'empreinte se rapproche de celles des monnaies royales, plus elle est ancienne.
S'il a existé des pièces au nom de Bbbert I*^, elles ont fort ressemblé au denier de l'évéque de Langres, Hugues de Breteuil. Quant à ceRes portant la légende Prima Sedes retrouvées jusqu'ici, dles sont de la fin du xr siècle. Il est possible toutefois que Ton en rencontre un jour d'émissions plus anciennes.
SAINT-NÂZAIRE D'AUTUR.
4- CABL GRAT D-I. Dans le champ, le monogramme du motBEX. — fV- MONT. S. If AZ. {Moneta sancii Nazari.) Croix. Poids : 14 grains forts. (PI. H, W" 8.)
Le dessin que j'ai donné de celte obole dn commencement de la
(i) Catalogue raisonné des monnaies naiionaUs de Francs, par G. Coubrouse, pi. L, Ao 6.
seeoode iBoitié da x* siècle, étnt assez inextet, parc# que rempreinte envoyée par M. Hemry Mono se Iromait défectuenee, Je la fais graver une seconde fois, pour qœ son type et ses légendes ne soient pas mal interprétés. Ainsi qne je l'ai constaté, on y lii ie nom immobilisé de Charles le Simple (0.
MÂGON.
+ PIIILIPVS B. Dans le champ, O cmciforme, cantonné de quatre points, dégénérescence du monogramme d*£udes. ^ »/• MAT. S. . . {Matiscon.) Croix cantonnée de quatre points.
Obole usée par la circulation.
Poids : 7 grains forts. (PI. II, n^" 9.)
Sur cette monnaie, le champ du revers est orné d'une croix et non des lettres H ou S, que Ton y voit habituellement. Elle e^t dès lors au type des deniers aux noms de Lothaire et d'Henri I*'. Je la considère néanmoins comme postérieure aio. règne de Philippe P', et coaune émise par lea comtes de BonrgogQe, seigneurs de Hftcon.
SAIRT-MÉDAIID DE SOISSONS.
CAPVT SCI MEDARDI. Tête de profD tournée à droite. — nf. Légende indéelnifrable, qui est probablement une dégénérescence dTime autre antérieure ainsi conçue : SCS SEBASTIA- NYS. Ëtendard flottant avec une croix au-dessous.
Denier de bas argent.
Poids : 22 grains. (PI. Il, n* 10.)
— Obole aux mêmes types.
Poids : 10 grains. (PL II, n» 11.)
Ces deux monnaies, du milieu du XP siècle, ont été trouvées près de Château- Thierry, avec quelques autres semblables. Avant cette découverte, on ne connaissait qu'un exemplaire du denier conservé dans une collection de Francfort.
L'origine de ce type doit remonter à la fin du x* siède on an coo»mencement du xi*.
L'antique abbaye de Saint-Hédard de Soissons, fondée an yp siècle,
(1) V. LUtfês à M. Dugasi-Matifeux, p. 163; pi. X, n» 34.
reçut de Loais le Débonnaire le droit de battre monnaie, à la condition expresse d'en employer les revenns an service qni se célébrait en llionnenr de saint Sébastien. De là la légende dn revers des espèces dn monastère.
Saint-Médard émit indabitablement des pièces sons les Mérovingiens ; mais je ne crois pas que Ton en ait encore retrouvé.
Soissons a possédé denz autres monnaieries; celle de Févéque et celle du comte O)*