‹ Études numismatiquesChapitre 33 sur 55 · ANDRÉ DE VIVONNE · texte numérisé non relu

ANDRÉ DE VIVONNE

flBIfflffBUB DB LA CHATBIGHBBATB.

+ : A ; DE : VIVOHNE : S : DE : LA : CHASTEIGN(c)R(ayc>. ECU aux armes de Vivonne, d^ hermines au chef de gueules. — B/. + : SENESGHAL : DE : POICTOV : FEAVM(enl?) : FAIS. Grand L coaronné accosté de deux fleurs de lis, initiale du nom de Louis XII.

Jeton d*argent.

Lorsque le moment fut arrivé pour Philippe de Conunynes de subir le sort réservé à tous ceux qui ont joui d'une faveur trop grande sous un précédent règne, pour ne pas s*ôtre fait beaucoup d'ennemis, Charles YIII lui enleva, le 28 septembre 1485, sa charge de sénéchal de Poitou et la donna à Yvon du Fou. Celui-ci fut bientôt remplacé par Jacques de Beaiimont-Bressuire, auquel succéda André de Yivonne, seigneur de la Chateigneraye (1489). Le favori disgracié voulut bien résister; mais il fut, de guerre lasse, obligé de s'avouer vaincu (0*

Le nouveau sénéchal était un habile administrateur et un vaillant homme de guerre* Il prit sa mission an sérieoi^ et rétablit, pendant les quarante années qu*il Toccupa, un peu d'cMrdre parmi les gens de la Justice, habitués, depuis la mort de Louis XI, à traiter les pauvres plaideurs en taillables à mercy. H fit ainsi revivre le nom de l'un de ses ancêtres, Renaud de Yivonne, qui avait mérité d'être appelé par le peuple le Bon sénéchal. On l'accusa pourtant tour ft tour de dureté et de faiblesse; mais ces inculpations semblent partir de personnes intéressées à le calomnier. Le SI juillet 1532, il alla de

(i) V. Mém, de Philippe de Cùrnmynes, édit. de M"» Dupont, t. III, p. 148 et soivantes.

^ie à trépas, à Tflge de quaftre-yioglft ans. Il éuk cheyalier de Tordre, <:hambellan de François I*' et Tun des gouverneurs du Dauphin.

La femme d'André fut Looise Daillon, fille de Jean Daiilou, seigneur du Lude, l'un des oonseilters ordinaires de Louis XI, et de Marie de Laval. Bile lai donna plusieurs enfants, entre autres .- Charles, sénéchal de Sainlonge; François, connu sous le nom de La Châteigneraye, favori de Henri II, qui s'acquit une sorte de renom en se faisant tuer en duel devant la eoar par G«y Chabot, baron de Jamac ; Anne, mariée à François de Bourdeilles, et mère du chroniqueur Brantôme, doQt les écrits n'ont pas peu wntvîbvé à jeter de l'éclat sur la famille de Yivonne : tant il est vrai qu'entre uo nom célèbre et un nom obscur, il n'y a bien souvent, pour la postérité, que la différence d'une page tracée par une main amie.

Ce jeton, d'un goût très-pur, a été trouvé à la Châteigneraye, ancienne seigneurie du sénéchal, oà il avait coutume de passer les beaux jours de Tannée, au milieu des sites les plus magnifiques du Poitou, partageant sa vie entre ses fonctions de magistrat militaire et les plaisirs de la chasse aux bétes fauves, qui peuplaient les immenses forêts du voisinage. Il aimait cette lerre« possédée par sa maison depuis le mariage de Savary de Yivonne avec Marie Chasteigner, au milieu du xiv* ÉJÏècle (*).

Le type du revers est imité de celui de certains blancs de Louis XII connus de tout le monde. Quant aux deux mots qui terminent la légende : FEAVM : FAIS, je crois y reconnaître une devise chevaleresque, et je la complète ainsi : Féaument fais, allusion à la fidélité d'André envers son souverain.

Page 1