EXCISION DE L'IRIS (IRIDECTOMIE
On couche le malade (1), et si l'on a affaire à un enfant ou à une personne excitable, on lui administre le chloroforme jusqu'à une anesthésic complète. Si le sujet paraît bien résolu, on se contente des doigts pour écarter les paupières; en cas contraire, il fau- Fig. 5.
drait recourir aux élévateurs pleins.
Les instruments nécessaires pour l'opération sont : une pince à griffes recommandée par M. Waldau (de Berlin), (fig. 5), un couteau
lancéolaire (à lame coudée sur le manche pour Fig. 6.
les cas où l'on ouvre pas la pupille du côté externe de l'iris), des pinces à canules et à courbure variable selon l'emplacement qu'on veut donner à la nouvelle pupille, des ciseaux courbes sur le plat, un couteau mousse destiné à élargir la plaie si on la trouvait trop étroite (2).
L'opération peut se diviser en trois temps :
Premier temps. — Ponction de la cornée. — Les paupières étant écartées on immobilise le globe de l'œil avec les pinces h griffes que l'on fixe près du bord de la cornée opposé à celui vers lequel on pratiquera l'incision, et au moyen desquelles on saisit un repli de la conjonctive avec son tissu sous-conjonctival. Pour cela, il faut pousser assez fortement les mors de la pince contre la sclérotique. En général, on enfonce le couteau lancéolaire dans la sclérotique à 1 millimètre de la circonférence de la cornée, en le tenant d'abord dans une direction rapprochée de la perpendiculaire, puis dès que la pointe a pénétré dans la chambre antérieure, ce qui
donne la sensation d'une résistance vaincue, on \* ^*+
baisse le manche de l'instrument et on le pousse parallèlement au pian de l'iris jusqu'à ce que l'ouverture ait une longueur de h à 6 millimètres.
(1) Notons ici, une ibis pour toutes, que nous opérons toujours sur le malade couché, ce qu'il importe de savoir pour bien comprendre les indications qui portent sur la direction à donner aux instruments.
(2) Nous préférons les petits couteaux mousses indiqués fig'. 6 aux couteaux généralement employés que nous croyons trop longs, trop larges, trop épais à leur extrémité et, pour ces raisons, plus difficiles à manier que ceux dont nous nous servons. Ils ne sont tranchants que d'un côté, disposition tout à l'avantage de leur solidité.
Pendant tout ce temps, l'attention doit se porter sur la pointe du couteau, car il faut la rapprocher de la face postérieure de la cornée, aussitôt que la moindre gouttelette d'humeur aqueuse s'échappe de la plaie. Lorsqu'on veut retirer le couteau, on doit : 1° baisser le manche de l'instrument, afin de ne pas en présenter la pointe au cristallin qui vient à sa rencontre, dès que l'évacuation de l'humeur aqueuse lui permet d'avancer; 2° combiner l'abaissement du manche avec un mouvement par lequel on éloignera ou rapprochera de soi l'extrémité, afin que le tranchant agissant contre l'un ou l'autre des angles de l'incision, l'élargisse et donne à l'ouverture interne de la section une longueur voisine de celle de l'ouverture externe.
Nous aimons mieux retirer le couteau lentement, selon la manière indiquée, que de le faire sortir brusquement, ce qui pourrait laisser une certaine quantité d'humeur aqueuse dans la chambre antérieure, et offrirait quelque avantage pour le second temps; mais là n'est pas l'important, et ce qu'il faut principalement rechercher, c'est de diminuer graduellement la pression interne par une évacuation lente de l'humeur aqueuse, et de faire la section aussi large que possible.
I.e deuxième temps de l'opération consiste à attirer l'iris au dehors de la plaie. Dans ce but, on introduit les pinces (1) pupillaires fermées, leur convexité tournée vers la sclérotique. Pour ne pas porter l'extrémité des pinces contre la lèvre supérieure de la plaie, il est bon de la faire glisser de dehors en dedans sur la sclérotique, et d'entr'ouvrir par une pression modérée les bords de l'incision, en même temps qu'on y pénètre. Une fois les pinces introduites entre la cornée et l'iris (car après l'issue de l'humeur aqueuse il n'y a plus de chambre antérieure), on ne doit pas la pousser jusqu'à ce qu'elles soient arrivées un peu plus loin que la marge pupillaire, comme l'indique M. Desmarres dans son traité, mais bien jusqu'à 1 millimètre de ce bord. Cela fait, on ouvre les pinces, et immédiatement le tissu de l'iris, s'il est sain, se porte entre les branches de l'instrument qu'il suffit de fermer et d'attirer lentement au dehors pour y entraîner l'iris.
Il faut avoir soin de conduire les pinces assez près du bord pupillaire pour être certain d'attirer celui-ci au dehors, et ne pas risquer de le laisser intact, en formant une pupille artificielle supplémentaire de la pupille normale, et séparée de cette dernière par un pont plus ou moins large de tissu iridien.
Le prolapsus saisi avec les pinces doit avoir pour dimensions : 1° la lon-
(1) Autrefois on se servait plus souvent qu'aujourd'hui, pour accomplir ce temps de l'opération, d'un crochet qui non-seulement était plus difficile à manier, mais encore offrait beaucoup plus de danger pour la capsule.