EXCISION DE L'IRIS (1RIDEGTOM1E
gueur de la section interne pratiquée dans la cornée; 2° la distance qui sépare cette dernière du bord pupillaire. Quant aux différences qui existent entre la longueur de l'ouverture externe et celle de l'ouverture interne, elles dépendent: (a) de l'épaisseur de la cornée, (b) de l'angle que fait le tranchant du couteau lancéolaire avec son axe, (c) de l'angle suivant lequel l'instrument a pénétré. Ainsi, on peut poser en règle générale que, même en ayant soin d'agrandir la plaie selon le mode indiqué plus haut, on n'empêchera pas que l'ouverture externe, de la section ne surpasse l'interne de 2 à 3 millimètres.
D'un autre côté, il ne faut pas oublier que, même en introduisant le couteau aussi perpendiculairement que les dispositions anatomiques le permettent, il n'est pas possible de sectionner l'iris à plus d'un millimètre en dedans de l'ouverture externe, longueur qui mesure l'intervalle compris entre les deux ouvertures, et est beaucoup influencée par les variations d'épaisseur de la cornée. Si donc on veut couper l'iris jusqu'à son bord périphérique, il faut que la section soit tout entière dans la sclérotique, en sorte que son ouverture interne tombe juste au bord de la cornée. 'Ces notions sont indispensables en ce qu'elles empêchent toute tentative infructueuse et même périlleuse d'attirer hors de l'oeil une partie de l'iris dont l'issue est impossible pour des causes purement mécaniques.
Le troisième temps de l'opération est destiné à couper le prolapsus tridien saisi entre les pinces. L'opération est singulièrement accélérée et simplifiée lorsqu'on dispose d'un aide habile auquel on peut confier le soin de faire cette résection. Alors il ne sera pas nécessaire de déposer un seul instant les pinces à fixation, et dès que l'on aura tiré les pinces pupillaires au dehors, l'aide fera glisser les branches des ciseaux courbes entre celles-ci et la sclérotique, puis appuyant doucement le plat des ciseaux contre le globe de l'œil, il coupera le prolapsus aussi près que possible de la plaie. L'opérateur aura soin de ne retirer les pinces entre lesquelles le prolapsus est saisi que lorsqu'il se sera convaincu, en les soulevant légèrement, que la section est complète. En négligeant cette précaution, il pourrait arriver qu'on tiraillât fortement une partie du prolapsus encore adhérente à l'iris, et qu'on produisît une irido-dialysis du bord ciliairc opposé, à la section.
Lorsqu'on veut réséquer soi-même le prolapsus iridien, on confie les pinces à fixation à un aide, et introduisant les pinces pupillaires avec la main gauche, on fait la résection avec la main droite. Il est indispensable, nous l'avons dit, que l'iris soit coupé aussi près que possible de la plaie, et l'on comprend facilement que si la section avait une certaine longueur, il serait impossible de faire exactement celle excision d'un seul coup de ciseaux. C'est pour ce motif qu'il faut user de quelque précaution lorsqu'il Wecker. — 1. 28
loi MALADIES DE L'IRIS.
s'agit, comme dans l'opération du glaucome, d'exciser l'iris jusqu'aux angles de la plaie, et d'éviter tout enclavement du prolapsus entre les lèvres de cette dernière. Si l'on n'avait qu'à ouvrir une pupille artificielle pour livrer passage aux rayons lumineux, on pourrait négliger une partie de ces soins. Dans le cas contraire, M. Arlt a proposé de faire l'excision en deux temps. Il incise une première moitié du prolapsus en commençant par un angle de la plaie, puis, cette partie incisée, il la soulève de façon à pouvoir, d'un second coup de ciseaux, couper la seconde moitié du prolapsus à ras de la sclérotique. De cette manière, il ne reste pas hors de la section le moindre lambeau de tissu iridien (1).
Cet acte accompli, l'opération est achevée; il ne reste qu'à panser le malade. Auparavant, il est indispensable de se convaincre qu'une portion de l'iris n'est pas restée interposée entre les lèvres de la plaie, s'il en était autrement, il faudrait l'enlever avec les ciseaux ou la repousser dans l'œil à l'aide de la curette de Daviel.
Généralement, si le tissu de l'iris est sain, il ne s'écoule dans l'œil que peu ou point de sang, mais, quand le tissu iridien est bypérémié ou enflammé, presque toute la chambre antérieure se remplit de ce liquide. On fera bien, dans ce cas, d'attendre quelques moments que l'humeur aqueuse se soit en partie reproduite, et en se mélangeant avec le sang l'ait assez fluidifié pour qu'il s'échappe facilement des lèvres de la plaie écartées dans cette intention au moyen de la curette de Daviel. Lorsque après deux ou trois tentatives semblables, on s'est convaincu que le sang coagulé définitivement ne peut s'échapper de l'œil, ou encore s'il se reproduit en quantité égale, on doit faire le pansement ; mais, toutefois, il faut s'assurer d'abord qu'il ne reste pas de sang coagulé entre les lèvres de la plaie. Nous préférons à tout autre pansement, l'application du bandeau compressif(voy. page 96) que nous maintenons un ou deux jours, en le renouvelant, dans ce dernier cas, au bout de vingt- quatre heures. Les bandelettes de taffetas reviennent sur elles-mêmes, irritent la peau et poussent le malade à clignoter.
(1) M. Bowman (British Médical Journal, li oct. 1862, Annales d'oculislique, t. XLIX, p. 37) conseille de faire la résection du prolapsus de la manière suivante : « L'iris amené au dehors est divisé avec de petits ciseaux de son bord pupillaire vers la circonférence d'un côté de la pince, celle-ci le tendant légèrement pour faciliter la section. On détache alors de ses attaches ciliairesla portion tenue par la pince jusque \ers l'un des angles de l'incision, on la taille même pour la détacher un peu plus loin i[ue cet angle, et alors les ciseaux la coupent à ras. L'extrémité coupée rentre a l'intérieur de l'œil. Ou saisit alors la seconde moitié de la portion d'iris herniée et l'on &c comporte avec elle comme avec la première. 11 ne faut laisser aucune portion d'iris dans la plaie, parce qu'elle empêcherait la réunion et provoquerait de l'irritation. »