‹ Études ophthalmologiquesChapitre 51 sur 111 · FURONCLE ET ANTHRAX DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

FURONCLE ET ANTHRAX DES PAUPIÈRES

Ces affections se distinguent de l'inflammation phlegmoneuse simple, telle que nous venons de la décrire, en ce qu'elles s'accompagnent de gangrène des parties envahies, gangrène bornée, pour le furoncle, au tissu sous-cutané ; mais intéressant aussi la peau, dans l'anthrax (1). L'un et l'autre diffèrent du phlegmon diffus (pseudo-érysipèle), par leur localisation et par la réaclion inflammatoire qui tend, dès le début, à circonscrire le mal eu l'isolant des parties saines. Il est bien entendu que les limites nosologiques sont ici plus ou moins arbitraires; elles sont subordonnées au mode d'appréciation du médecin. Telle de ces maladies qui, pour quelquesuns, n'est qu'un furoncle, sera pour d'autres un anthrax. Ce qu'il importe ici de savoir, ce sont les particularités que ces inflammations présentent lorsqu'elles siègent aux paupières.

Symptômes anatomiques. — Le furoncle cl l'anthrax gagnant plus en profondeur que les maladies précédentes, il est clair que la conjonctive doit participer plus manifestement à l'irritation inflammatoire. Ainsi dès que la paupière commence à se gonfler considérablement, il survient un chémosis assez intense, une injection réticulée de la conjonctive bulbaire, et une sécrétion morbide légère de la muqueuse et des glandes de Mcibomius, dont le produit agglutine les cils et s'accumule dans le grand angle de l'œil. Un observateur inattentif peut alors croire assister au début d'une ophthalmie purulente. Les signes différentiels qui doivent éclairer le médecin, en pareille circonstance, sont :

La vive sensibilité que le malade accuse spontanément dans une partie circonscrite delà paupière et qui s'exagère par le toucher, sensibilité totalement étrangère à l'oplithalmie purulente et qui, dans l'oplnhalmie diphlérilique occupe toute l'étendue des paupières;

L'intégrité presque absolue de la conjonctive des tarses.

Lorsque le furoncle occupe le grand angle de l'œil, il est difficile de bien préciser jusqu'à quel point le sac lacrymal est intéressé et il est bon de différer le pronostic.

S'il est vrai qu'un furoncle, en prenant un développement inusité, et en amenant la tension et la mortification de la peau, puisse se transformer en anthrax, il faut avouer que cette métamorphose se fait le plus souvent sous

(1) Voyez Handbuch der sp. Pathologie u. Thérapie v. Virchoiv. (Hebra, t. Ht, L. u, p. 241.)

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