‹ Études ophthalmologiquesChapitre 50 sur 111 · PHLEGMON DES PAUPIÈRES. — ABCÈS · texte numérisé non relu

PHLEGMON DES PAUPIÈRES. — ABCÈS

Le traitement consiste à limiter autant que possible la suppuration, ce à quoi l'on arrive quelquefois par l'application des réfrigérants. Dès qu'on a nettement senti l'induration de la partie malade, symptôme précurseur de la suppuration, il est trop tard pour prévenir celte terminaison, par quelque moyen antiphlogistique que ce soit. Les saignées générales ou locales y échouent complètement. Si l'on tient à dégorger de sang la paupière devenue énorme, il vaut bien mieux le faire par des scarifications multiples pratiquées, à l'aide d'une lancette ou d'un scarificateur, directement sur les parties tuméfiées. En outre, pour débarrasser le malade du tiraillement pénible et des battements insupportables qu'il -éprouve dans sa paupière distendue outre mesure, on y placera des cataplasmes chauds jusqu'à ce que la moindre fluctuation indique l'ouverture de l'abcès par une large incision. A défaut de cataplasmes, on couvre l'œil malade de ouate que l'on fixe avec un bandeau de flanelle peu serré.

L'ouverture précoce de l'abcès a le double avantage de hâter la guérison et de prévenir les pertes de substance qui arriveraient bientôt par suite de la fonte purulente, ainsi que les cicatrices difformes et gênantes qui en seraient la suite. Si l'on donne à temps issue au pus formé, quand même il serait en assez grande quantité pour faire craindre une destruction partielle du muscle orbiculaire, la paupière conserve sa forme, à la seule condition que le tégument externe soit resté intact.

Comme, abandonnés à eux-mêmes, ces abcès ne percent que par exception dans le sacconjonctival, nous ne croyons pas qu'il faille les ouvrir dans cette direction, à cause de la grande difficulté qu'on éprouve à renverser la paupière malade. Il faut faire l'incision parallèlement au bord ciliaire de la paupière, tout près de ce bord pour la paupière supérieure, afin que le pus ne s'y accumule pas comme dans une sorte de sac et ne se fraye pas une autre issue dans une partie plus déclive. Si la paupière était le siège d'un abcès très-considérable, on devrait, immédiatement après l'incision, y appliquer un bandeau compressif, renouvelé une ou deux fois en douze heures dans le but de remédier au décollement de la peau.

En général, la guérison s'effectue avec une grande rapidité ; dans quelques cas rares, la paupière garde une certaine tension que l'on combat avantageusement par des frictions avec la teinture d'iode iodurée, des compresses chaudes, et la compression méthodique à l'aide du bandeau.

ARTICLE IV

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