BLESSURES ET CORPS ÉTRANGERS DE L'ORBITE. A. BLESSURES DE L'ORBITE
Au lieu de rapporter un nombre considérable défaits, auxquels on n'aurait souvent à trouver qu'un intérêt de curiosité, nous aimons mieux donner ici quelques notions exactes sur les dimensions de l'orbite, afin d'éclairer le praticien sur l'importance que peut avoir, dans un cas donné, une blessure de cette région, et sur le siège précis que peut occuper un corps étranger introduit dans cette cavité. Nous nous appuierons, dans cet examen, sur des mensurations que nous avons faites au musée de Clamart. Quant à ce qui regarde la position et la configuration des parois de l'orbite et de celle cavité elle-même, nous renvoyons au travail de M. Henke (p. 529 à 532). Ce qu'il importe ici de savoir exaclement, ce sont les dimensions moyennes de cette cavité et la distance normale des bords antérieurs de l'orbite aux ouvertures par lesquelles il communique avec le crâne. Parmi ces longueurs, celles qui mesurent l'espace compris entre le bord orbitaire antérieur d'une part, le trou optique et l'extrémité anléro -supérieure de la fente sphénoïdale, d'autre part, nous semblent les plus importantes.
Distance du trou optique,
Millira.
Mesurée de l'angle interne (insertion du ligament palpébral interne) . 40 à M
— de l'angle externe (milieu du bord orbitaire externe) 43
— du milieu du bord supérieur 43
— du milieu du bord inférieur 46
Distance de l'extrémité supérieure de la fente sphénoïdale.
Millim.
Mesurée de l'angle interne 41
— de l'angle externe 33
— du milieu du bord supérieur 37
— du milieu du bord inférieur 45 (1)
(i) Les dimensions de la cavité orbitaire et celles de son ouverture antérieure varient notablement, souvent même d'un œil à l'autre, chez le même sujet. Généralement le diamètre horizontal l'emporte sur le vertical. D'après nos recherches, le
Quoique ces dimensions soient sujettes à varier beaucoup et qu'elles soient, chez les]enfants; bien moins étendues, elles nous permettent cependant de tirer quelques déductions pratiques. Ainsi un instrument piquant atteindra d'autant plus facilement le nerf optique qu'il aura suivi la paroi interne de l'orbite. Un instrument piquant s'engagera d'autant plus tôt par la fente sphénoïdale qu'il aura longé les parois externe ou supérieure de l'orbite. Il est vrai que dans la plupart des blessures qui se produisent avec une certaine violence, les parois minces de l'orbite n'opposent a l'instrument vulnérant qu'une résistance médiocre, et il faut surtout tenir compte de ce fait lorsque celui-ci s'est porté vers la voûte orbitaire.
Le traitement des lésions de l'orbite est si différent suivant les cas, qu'il est impossible de fournir à son sujet des indications précises. Nous nous contenterons d'aborder ici une question : à savoir s'il est nécessaire de donner issue à un épanchement sanguin consécutif à une blessure de l'orbite (Carrou du Villards). Nous pensons qu'il ne faut agir de cette façon que lorsque l'épancbement sanguin est assez considérable pour qu'on ait à craindre qu'il n'ait, en exerçant une compression prolongée, une influence funeste pour l'œil, ou pour que cette même compression détermine des souffrances que le malade ne puisse supporter.