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RÉTRÉCISSEMENT DE LA CAVITÉ ORBITAIRE

Parmi les autres tumeurs susceptibles de produire l'épaississement des parois orbitaires, nous citerons les kystes qui, à la vérité, sont excessivement rares dans ces parois mêmes. Ainsi Mackenzie cite une observation de M. Keate (1), où une tumeur partant du front, au-dessus de l'orbite gauche, offrait la forme et les dimensions des trois-quails d'une grosse orange. Après l'ouverture de cette tumeur, il en sortit vingt-huit hydatides et le malade guérit complètement.

Une autre observation de kyste des parois orbitaires, due à M. Gosselin ("2), se rapporte évidemment à un kyste folliculaire juxtaposé à l'angle supérieur et externe de l'orbite, région où ces sortes de tumeurs sont si fréquentes.

Lorsqu'on rencontre une exophthalmie sur la nature de laquelle on éprouve quelque difficulté à se renseigner, par suite de l'impossibilité où l'on se trouve de corslater la présence d'une tumeur, il faut aussitôt rechercher si la cavité orbitaire ne s'est pas rétrécie consécutivement à l'augmentation de volume d'une des cavités voisines. 11 est donc indispensable de connaître les différents changements qui peuvent s'opérer dans ces cavités et modifier les rapports qu'elles affectent naturellement avec l'orbite. Nous signalerons donc en peu de mots les altérations les plus fréquentes des sinus maxillaires, des fosses nasales, des sinus frontaux et ethmoïdauw

Le sinus maxillaire peut augmenter de capacité lorsqu'il est dilaté par des produits solides ou liquides, qu'il est le siège d'une hydropisie, d'une collection purulente ou d'une tumeur. Dans l'un et l'autre cas, toutes les parois qui circonscrivent cette cavité sont plus ou moins sensiblement déviées, le plancher de l'orbite est soulevé , l'œil refoulé en haut et le rebord orbitaire distendu d'une manière anormale.

Le sinus maxillaire communique, comme on le sait, avec la partie supérieure du méat moyen des fosses nasales. Si l'orifice qui réunit ces deux cavités s'oblitère, soit indirectement, soit directement, par suite d'un gonflement de la muqueuse qui tapisse le sinus, celui-ci peut devenir le siège d'une abondante collection de pus ou de muco-pus. La pression que ce liquide exerce sur les parois amincies du sinus est quelquefois assez considérable pour empêcher de percevoir la sensation de parchemin froissé qui dénote habituellement l'amincissement des parois du sinus dilaté. Une ponction exploratrice devient alors indispensable pour convaincre le médecin qu'il n'a pas affaire à une tumeur solide du sinus maxillaire. Les tumeurs qu'on rencontre dans cette région sont des tumeurs osseuses, des polypes fibreux ou des cancers de diverse nature.

(1) Medico chirurgical transactions, t. X, p. 278, London, 1819, et Mackenzie, t. I, p. 70.

(2) Demarquay, loc. cit., p. 78.

L'exophthalmie que produit le refoulement du plancher de l'orbite s'accompagne presque constamment d'une déformation des autres parois du sinus plus accessibles au toucher et par conséquent mieux disposées pour fournir des éclaircissements sur la nature de l'exorbitisme. Les opérations que nécessitent ces étals morbides ne sont plus du domaine de ce traité et nous renvoyons, pour leur élude, aux livres spéciaux.

L'orbile peut encore être rétréci par la dilatation des fosses nasales, dilatation qu'on peut regarder comme n'étant que par exception l'effet d'une rétention de liquide, toutes ces cavités communiquant largement avec l'air extérieur. Le diagnostic ne sera donc embarrassé qu'entre une exostose, un polype ou une affection cancéreuse des fosses nasales. Ici l'on cherchera les symptômes capables d'éclairer sur la nature de l'exorbitisme dans le déplacement des parois du nez, de la voûte palatine ou encore dans l'oblitération plus ou moins complète d'une des fosses nasales.

Les sinus frontaux, qui, par l'intermédiaire des cellules ethmoïdales antérieures, communiquent avec le méat moyen, peuvent, à la façon du sinus maxillaire, être distendus par une collection de pus ou de muco-pus. La science renferme plusieurs observations d'hydropisie des sinus frontaux ayant déprimé la voûte orbitaire et dévié l'œil en bas (Béer, F. Jaeger, Bellingham). On connaît aussi des cas dans lesquels une dilatation considérable occupait un des sinus frontaux, rempli d'hydatides; mais ces derniers faits sont loin d'être indiscutables (Langenbeck, Carron du Villards).

L'amincissement des parois et la sensation de crépitation qu'elles donnent, lorsqu'on les comprime, ne permettent pas de confondre l'affection que nous éludions avec une tumeur solide telle qu'une exostose, un polype, un h brome, un carcinome.

Les sinus sphénoïdaux, qui communiquent avec le méat supérieur de chaque fosse nasale et s'adossent à la paroi interne de l'orbite, sont si profondément situés, que les altérations dont ils paraissent devenir le siège, ne deviennent accessibles au diagnostic qu'à une époque où les désordres produits sont de beaucoup plus graves que l'exorbitisme consécutif : celui-ci n'est alors qu'un symptôme de second ordre.

La cavité crânienne, en augmentant de volume, par suite du développcmcntd'une tumeur ou d'une collection de liquide peut rétrécir la cavité orbitaire. Tel est, par exemple, l'effet des fongus de la dure-mère qui passa au-dessus de la voûte orbitaire. Des observations de ce genre, recueillies en certain nombre, prouvent suffisamment que le médecin est mis en garde, bien avant que l'exophthalmie n'apparaisse, pai l'apparition de symptômes généraux (céphalalgie, paralysies, altération du caractère des malades, etc.)

Signalons enfin le rétrécissement de la cavité orbitaire consécutif à l'ex-

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