‹ Études ophthalmologiquesChapitre 84 sur 111 · HYPERTROPHIE DE LA GLANDE LACRYMALE · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE DE LA GLANDE LACRYMALE

Consécutivement à des poussées inflammatoires multipliées, ou môme en l'absence de semblables antécédents, on a vu la glande lacrymale s'accroître notablement et constituer une tumeur volumineuse, tabulée, tout à fait indolente, qu'on a dû rapporter à l'hypertrophie du tissu propre de la glande. Dans la plupart des cas, cette hypertrophie a été observée suide jeunes sujets et l'évolution complète de la maladie, dont les débuts ont paru quelquefois remonter à la vie intra-utérine, a toujours mis plusieurs années à se faire. La glande lacrymale augmente de volume sans causer la moindre gêne, jusqu'au moment où elle acquiert des dimensions telles qu'elle frappe les regards, entrave l'occlusion de l'œil et comprime le globe oculaire au point de le dévier en bas et en dedans. Dans ces conditions, il se manifeste un ptosisdela paupière supérieure, sous l'influence directe de la compression que le contenu de l'orbite a subie. Jusqu'à présent, d'ailleurs, on n'a pas observé que ces désordres aient été la cause d'un trouble appréciable dans la sécrétion des larmes.

Le diagnostic de cet état morbide est loin d'être toujours facile, et la difficulté que nous signalons consiste moins à s'assurer de la présence d'une tumeur développée aux dépens de la glande lacrymale qu'à déterminer exactement la nature d'une pareille tumeur. Ainsi, il est aisé de confondre l'hypertrophie de la glande lacrymale avec un kyste développé dans le voisinage de cet organe. En outre, la dureté qu'acquiert parfois la glande lacrymale hypertrophiée peut encore induire en erreur, en faisant croire à l'existence d'une nèoplasie maligne. Un développement très-lent, l'absence de douleurs et de troubles généraux sont des signes qui permettent de repousser avec quelque sûreté le soupçon d'une tumeur maligne.

Quoique la maladie dont nous nous occupons soit en général sans gravité, elle peut, dans les cas où l'hypertrophie est considérable, non-seulement compromettre l'organe visuel, mais encore entraîner des troubles sérieux dans la santé du sujet. Ainsi on veut avoir observé qu'en pareille circonstance, la tumeur, écartant les parois de l'orbite, ait pénétré dans les cavités voisines ; mais il reste à savoir si ces faits se rapportaient bien, comme on l'a dit, à une hypertrophie simple de la glande lacrymale.

Quand la tumeur atteint un volume tel qu'elle réclame une intervention urgente, l'extirpation est le seul traitement qui soit rationnellement indiqué ; car s'il existe réellement des faits dans lesquels l'hypertrophie ait cédé à une médication résolutive (Hynes-Walton), ils sont tellement isolés Wecker. — i. 49

qu'ils n'inspirent clans cette méthode qu'une très -médiocre confiance. Nous donnons en abrégé quelques observations de celte maladie rare, observations dans lesquelles l'extirpation de la tumeur a permis de contrôler le diagnostic par l'examen microscopique des parties enlevées (1).

ARTICLE III

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