TOME II
histoire de îa Suisse (1,7, note 3o). Ce nom signifie peut-être le prince de la Wolga , car ce fleuve est appelé Etzel par les Tartares. Entre les vassaux d'Etzel paroît le grand roi des Ostrogoths , Thédoric ( + 52^) , appelé dans le poëme Dietrich de Bern (Vérone). D'après l'histoire, il ne naquit que quatre ans avant la mort d'Attila. Le poëme conuoît encore Iinfrid, probablement Hennenfrid, roi de Thuringe , qui avoit ^o\xv épouse la nièce de Théodoric ; et le roi des Ostrogoths, Vitiges , appelé Witticli (-j-542)-
2. A côLé de ces personnages des cinquième et sixième siècles se trouve le margrave Rudiger de Pechlarn, personnage historique vivant vers la moitié du dixième siècle. Il étoit margrave du pays audessous de l'Ens ( en Autriche ).
Le poëme nomme Blodel, frère du roi des Huns , que l'histoire appelle Bleda.
3. Gunther, roi des Bourguignons, résidant à Worms , frère de Chriemhild , épouse de Sigfrid : Prosper Aquitanus a écrit ce qui suit en 43 1 :
« Gundicarium Burgundionum regem, intraGal- » lias habitantem , Actius hello obtinuit, pacemque » ei supplicanti dédit; quâ non diù potitus est, » siquidem illura Huni cuni populo suo ac stirpe » deleverunt. »
Le nom du frère Giselher se trouve dans un document du roi Gundobald, de l'an Siy, parmi les rois de Bourgogne. Parmi les chevaliers de sa cour, p^olcher rappelle le, nom de Talco , qui assassina
(en 5^^) Chilperich par ordre de Bunhild , sa bellesœur.
4. Sigfrid , l'Achille du poëme , invulnérable comme le héros grec, à l'exception d'un seul endroit : Sigfrid vainqueur des Nibelongs , d'un dragon et de la reine d'Ijenland, l'amazone Brunhild , qui devint épouse du roi Gunther et reine de Bourgogne. Son père, novajné Sigmunt , est roi des Pays-Bas [Niderlant) ^ et réside à Santen, sur le Bas-Rhin.
Il est remarquable que le monument sépulchral du roi Siegbert (qui n'est qu'une autre manière d'écrire le même nom ) , élevé à Soissons dans l'église de Saint-Médard que ce prince avoit bâtie , montre le dragon sous les pieds du roi. La vie de ce malheureux prince offre encore une ressemblance avec celle du héros du poëme, en ce qu'il vainquit, comme Sigfrid , les Saxons et les Danois , et qu'il fut assassiné (en 576) à l'instigation de sa belle-sœur Frédégonde , comme Sigfried, par les suggestions de Brunhild. Siegbert étoit roi d'Austrasie , dans laquelle se trouve Santen. Gmitran ^ qui paroît être le même nom que Gunther ou Gundar, étoit son frère. Enfin la femme de Siegbert s'appelle Brunehild, fille du roi des Visigoths , Atauahild d'Espagne, qui fut assassinée en 6i3. La version de l'histoire du poëme , dans l'Edda , nomme Sigurd (Sigfrid) le premier époux de Brunehild.
Voilà tous les personnages du poëme: quelquesuns rappellent des noms, d'autres la vie et les
faits d'hommes illustres chez les Bourguignons, les Francs et les Goths des cinquième et sixième siècles, à l'exception du margrave Rudiger, qui appartient à un cercle postérieur du neuvième et du dixième siècle : je citerai maintenant les principaux noms historiques de ces deux derniers siècles.