‹ Études; ou, Discours historiques sur la chute de l'Empire romain; la naissance et les progrès du christianisme, et l'invasion des barbares; suivis d'une Analyse raisonnée de l'histoire de France (volume 2)Chapitre 57 sur 59 · II. Neuvième et dixième siècles · texte numérisé non relu

II. Neuvième et dixième siècles

Le poëme nomme les Russes qui paroissent sur la scène en 862 , les Hongrois et les Huns qui s'y montrent , d'après l'opinion ancienne , en 900. Entre les personnages qui accueillent les Bourguignons lorsqu'ils se rendent par la Bavière et l'Autriche chez Attila , en Hongrie , se trouve l'évêque Piligrin ou Pilgerin de Passau { en Bavière ). C'est le grand apôtre des Hongrois. Il fut évêque d'une partie de Hongrie et d'Autriche , depuis 97 1 jusqu'à 991 . Les Bourguignons le trouvent à Passau •. il y reçoit Chriemhild comme sa nièce.

Onzième et douzième siècles.

Au onzième siècle seulement peut appartenir la mention des Polonois , et au douzième , celle de la ville de J^ienne , hâtie en 1162.

Le grand génie de ce douzième siècle , qui sut réunir ces éléments épiques , tels qu'ils s'étoient formés dans le cours de l'histoire des peuples germaniques,

en attachant les héros de plusieurs époques au principal événement de l'histoire des Bourguignons , la défaite du roi Gunther par les Huns ; ce grand génie, dis-je, a donné à son récit la couleur du moyen âge féodal et chevaleresque. Le poëme n'est donc historique , à proprement parler, que pour ce temps même , et ne présente des époques antérieures que l'image transmise par la tradition populaire. Ainsi la cour de Gunther est celle d'un prince du douzième siècle : l'armure des héros, et toute la vie sociale, est celle du même temps : les Huns du cinquième siècle vivent comme les Hongrois du onzième.

Les notices détaillées sur l'origine et l'histoire de ce poëme épique (auquel on peut, avec beaucoup de probabilité, rapporter le passage célèbre de la vie de Charlemagne « ( Item barbara et antiquissi- » ma carmina, quibusveterum regum actus et bella » canebantur, scripsit memoriseque mandavit ) », ont été recueillies par les savants frères Grimm , dans leur journal, le Deutsche TValcler. La meilleure dissertation sur son importance nationale et sa beauté épique est de M. Aug.-G. Schlegel , dans le Musée germanique ( Deutsches Muséum ) , publié j)ar ]M. Frédéric Schlegel.

La première édition, faite en 1767 par Bodmer, fut dédiée à Frédéric le Grand, au génie duquel n'échappa point la grandeur de la concejjtion de ce poëme qui ne fut cependant apprécié par la nation qu'au commencement de notre siècle.

Publié successivement par Hagen et Zeu?ie ^ il a été dernièrement imprimé , d'après le manuscrit le plus ancien, avec un Latent de critique éminent,par le célèbre philologue de Berlin , M. Lachmann.

Une traduction Françoise de ce poëme, que les Goethe et les Sch/egel ont trouvé digne du nom de l'Iliade germanique, une traduction faite dans le style simple et naïf des chroniques , et précédée d'une notice historique et d'une analyse qui feroit ressortir la sublimité de la conception et les beautés de détail de cette Epopée, obtiendroit un succès général. Elle demanderoit cependant un homme très-versé dans la littérature allemande ancienne, pour bien comprendre la langue dans laquelle le poëme original est écrit.

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