‹ Études philosophiques (volume 2)Chapitre 107 sur 211 · I, LA LIBERTÉ. — LA LIBERTÉ ET LES SCIENCES MODERNES · texte numérisé non relu

I, LA LIBERTÉ. — LA LIBERTÉ ET LES SCIENCES MODERNES

un cerveau de criminel avec la bifurcation de la scissure de Rolando (1). Tons ces cas cependant sont exceptionnels, mais il en est un au contraire très fréquent: le développement exagéré du cervelet, contrastant avec le développement du cerveau, chez presque tous les criminels.

En résumé, le criminel a pour signe physiologique signes quelque laideur parfois indéfinissable de la face ou que»des membres; pour signe anatomique, quelque anomalie du crâne ou du cerveau ; et, devons-nous ajouter, pour signe psychique, l'absence de sens moral. Car, l'expérience le montre, ce n'est pas l'intelligence qui manque d'ordinaire, c'est le cœur, l'affectivité, la sensibilité morale ; — Lemaire, Tropmann, Marchandon sont des exemples frappants ; — et parfois même la sensibilité physiologique fait défaut, quoique le nombre des analgésiques parmi les criminels soit relativement restreint.

Mais les criminalistes, enhardis par ces découver- Les sous-

types entes, ont poussé encore plus loin leurs prétentions. Non mme\s.

seulement il y aurait un type générique du criminel, mais autant de types spécifiques que d'espèces de crimes.

D'après Lombroso,lV<55a5sf/i a le regard froid, cristallisé, quelquefois l'œil injecté de sang, le nez souvent aquilin ou crochu, toujours volumineux; les oreilles longues, les mâchoires fortes ; les zigomes espacés, les cheveux crépus, abondants, les dents canines très développées, les lèvres fines, souvent des tics nerveux et des contractions d'un seul côté de la figure, qui ont pour elfet de découvrir les dents canines, en donnant au visage une expression de menace ou de ricanement (2). — Chez le voleur, la capa-

(1) Cf. Lombroso, Anthiop. crim., ch. 1.

(2) Lombroso, L'Uomo delinquenfe.

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cité crânienne est uiuindre que chez le niuuitrier. De plus, il présente le plus souvent les anomalies désignées sous le nom de sul)micro-cépha]ie, oxycéplialie, et trochocéplialie. En outre, il a le visage extrêmement mobile, l'œil petit et vif, les sourcils épais et rapprochés, le nez camus, le front prestiue toujours petit et fuyant (1). On con- La criminologie est une science encore trop jeune Smi- poui" qu6 nous puissions exiger d'elle immédiatenisme. jj^^^t la descri ptlou de tous les autres types spécifiques. Mais si ces types ne sont pas encore trouvés, l'avenir les découvrira sûrement. Les types découverts eux-mêmes ne sont guère que des ébauches de types, très imparfaites, assurément, maison escompte encore l'avenir que l'on charge du soin de découvrir les types définitifs. En attendant, les criminalisles se hâtent de conclure que le vice ou la vertu ne sont qu'un produit de l'organisme, et partant héréditaires, comme l'organisme lui-même. On naît vertueux ou criminel, et la liberté n'est plus qu'un mot. ciiiique ^6 sont ces conclusions qui nous paraissent déïondu-^ passer de beaucoup les prémisses, et que nous vousion. irions en quelques mots réduire à de justes proportions.

Nous reconnaissons volontiers que la criminologie a fait de nos jours, coiume beaucoup d'autres sciences, de véritables et rapides progrès. On a mis en lumière, par une accumulation de faits nouveaux, des vérités relativement anciennes, telles que l'étroite dépendance du physique et du moral, la imissance de l'hérédité qui, en transmettant l'héritage jthysique avec ses tendances saines ou morbides, transmet souvent, quoique pas infailliblement, des tendances

(1) LomhroBO, Anlhrop. oim.. ch. 1.

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