‹ Études philosophiques (volume 2)Chapitre 133 sur 211 · II. LE DEVOIK. — LA LOI MOKALE · texte numérisé non relu

II. LE DEVOIK. — LA LOI MOKALE

cliviui luminis in nobls ; de même le Roi Prophète : signatum est lumen vultus tui Domine super 7ios.

< Cette loi, ajoute Gicéron, n'a pas besoin d'être cicéron. écrite, car elle est imprimée dans le cœur de l'homme, elle est m/ie^ ; nous ne l'avons ni apprise, ni reçue, ni lue, mais nous l'avons tirée de la nature même ; ce n'est point la science ou l'éducation, mais la nature qui nous a faits pour elle et nous en a tout imprégnés (1). » Et il répète en vingt endroits que cette loi de la nature est l'écho de la raison souveraine : < Ratio summa insita in natura (2) » ; qu'elle a pour auteur le Dieu unique souverain seigneuret maître de toutes choses : < unusque erit communis quasi magister et imperator omnium Deus (3-).»

Il nous serait facile de trouver des affirmations analogues chez Platon, Aristote, Pindare, Sophocle, chez les littérateurs ou poètes de la Grèce, de Rome et de tons les peuples civilisés.

Que l'on nous permette encore quelques citations.

Pindare célèbre ainsi la loi naturelle : « La loi, dit- pindare. il, c'est la reine du monde, c'est la maîtresse souveraine de tous, mortels et immortels ! (4). »

Aristote proclame à maintes reprises que < Dieu Arisiote. et la raison ont seuls le droit de commander : mettre

ret : lumen ratiotiis, qiiod in nobis est, in tantum potest nobis ostendere bona, in quantum est lumen vultus tui, id est a vultu tuo derivatum. » S. Thomas, la 2*, q. 19, a. 4.

(1) « Est enim hœc (lex naturalis) non scripta, sed nala lex, quam non didicimus, accepimus, legiinus : verum ex natura ipsa arripuimus, ad quam non docti sed facti, non instituti sed imbuti sumus. » Tullius, Oralio pro Milone, liv. IV, c. 10. — Nous rappelons à celte occasion que nous n'admettons Vinnéilé des premiers principes que dans un sens très large, la faculté seule est innée, mais sa facilité à passer à l'acte est si grande, qu'elle le produit, au moins confusément, dès le premier réveil de la raison.

(2) Cicéron, De legibus, liv. I, ch. 6 ; liv. II, ch. 4 ; Philip., liv. XI, ch. 12.

(3) Cicéron, De Republica, liv. III.

(4) Pindare, cité par Hérodote, III, 38, et par Platon, Gorgias.

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dans le commandement (juelque chose de l'homme, ce serait y introduire la bêle humaine > (1).

piaion. Platon admire Socrate aimant mieux mourir que de désobéira Dieu, pour plaire aux hommes, et disant à ses juges : «je vous répondrai sans balancer : Alhéniens, je vous honore et je vous aime, mais j'obéirai plutôt au Dieu qu'avons; et tant que je respirerai et que j'aurai un peu de force, je ne cesserai de m'appliquera l'élude de la sagesse, de vous donner des conseils et des avertissements... Vous pouvez m'absoudre ou me cimdamner, je n'agirai pas autrement, devrais-je mourir mille fois (2). >

Sophocle Sophocle, dans son (Edipe Roi, fait chauler par le chœur celte belle prière: « Puissé-je conserver toujours dans mes paroles et dans mes actions l'auguste sainteté dont les lois sublimes résident dans les cieux, où elles ont pris naissance. Ces lois dont l'Olympe seul est le père, que les hommes n'ont point créées, et que l'oubli n'ellacera jamais : en elles respire un Dieu puissant que la vieillesse ne peut atteindre (3). >

Aniigone A ccttc bcllc Icçon, le même poète a ajouté l'immortel exemple d'Antigone, résistant jusqu'à la mort au tyran qui a osé interdire un acte de piété prescrit par la loi naturelle :

Créoii : « Et pourlanl lu as osé enfreindre ma loi? Antigone : « Ce n'était ni Jupiter, ni la justice compagne des Dieux mêmes, qui avaient publié une telle défense ; non, ils n'ont pas dicté aux hommes de semblables lois. Je n'ai pas cru que les ordres, (Créoh), eussent assez de force pour (jue les lois non écrites, mais impérissables, émanant des Dieux, dus-

(1) Aristole, PoiUiq.,U\. III. cli. 11. § 4 ,Didot).

\:i) IMatoii, ApoL (le Sacrale, ch. XVII (Didol. l. I, p. 23, •^i). — ;Ed. Slepluiii.)p. ~'J, I): Jiespu/jl . , [iv . IV, p. 427 : Gory.. p. 483, E. etc.

(3) Sopliocle, (Eiiipe Hoi. v. 848 el siiiv.

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