II. LE DEVOIR. — LA LOI MORALE
en effet, qu'une loi qui n'a pu entrer dans les mœurs d'un peuple, est une loi mal faite, ou que le législateur,croyant plus sage de n'en pas forcer l'exécution, l'a laissée tomber en désuétude.
Enfin, la loi demeurant dans toute sa vigueur, il L'épiWe. peut se rencontrer des cas plus ou moins imprévus par le législaleur,où son application paraîtrait excessive, et même positivement nuisible au bien public. Dans ces cas, elle ne serait plus iu bomnn commune,si elle était rigoureusement appliquée, et son obligation doit momentanément fléchir. Cl'estle cas « d'épikie >, suivant l'expression consacrée des moralistes, où l'on peut se dispenser soi-même en interprétant la pensée présumée du législateur, et en appliquant loyalement le principe que la loi positive n'oblige pas en conscience, lorsqu'il y aurait un trop grave inconvénient à en exiger l'application : Leoc non obligat cum tanto incommodo.
C'est ainsi que les lois positives naissent, fléchissent et meurent, tandis que les lois naturelles et éternelles sont sans commencement, sans interruption et sans fin.
Le bien et le mal moral.
La La loi a donc pour mission de nous diri^^er vers
duTiên" notre fin, en nous indi(|uaiit ce (jn'il faut faii-e ou ce mau" qu'il taul éviter. ]\l;iis j)our(juoi laut-ij faire certaines choses et en évit(M' d'autres ? Ou nous répond (jue les unes sont bonnes et les autres mauvaises. Et nous demandons de nouveau pourijuoi les unes sont bonnes et les autres mauvaises ; qu'est ce que le bien et le mal? y a-t-il entre le bien et le mal une oj)position radicale, absolue, ou bien tout dans l'ordre moral ifest-il pas relatif et dépendant des habitudes imlividuelleset locales, suivant le degré d'évolution au(inel on se trouve arrivé? Le lecteur a déjà com|iris rimportance de ce nouveau })rohlème, en même temps que sa connexité logique avec les problèmes précédents. Après avoir étudié les principes extrinsèques de nos actions : la fin et la loi. nous aborderons ainsi l'élude des éléments intrinsèques et constitutils de nos actions morales, (jui peuvent être bonnes ou mauvaises en elles-mêmes.
Tout d'abord qu'est-ce qui constitue le bien ou le mal moral de tels ou tels actes? Est-ce uni(|uement parce qu'ils sont commandés ou déiendus, ou bien ne seraienl-ils pas plutôt déiendus ou commandés en raison de leur malice ou de leur bonté même ? onécarie Saus doutc, uous l'accorderous volontiers, les pïii'ves. prescriptions des lois purement positives, divines ou humaines, portent sur des choses en elles-mêmes indillérentes, et qui tirent du précepleoii du choix du législateur leur bonté et leur malice. Ainsi, j)ar exemple le choix de tel ou tel jour particulier pour rendre un