‹ Études philosophiques (volume 2)Chapitre 38 sur 211 · I. LA LTBEIITÉ. — LA LIBERTÉ ET LA PSYCHOLOGIE · texte numérisé non relu

I. LA LTBEIITÉ. — LA LIBERTÉ ET LA PSYCHOLOGIE

des sont incapables de discerner clairement le caractère de leurs propres états, et répondent aux questions suivant l'impression du moment, soit parce que les malheureuses femmes sur lesquelles on opère à la Salpêtrière sont loin de se prêter avec une sincérité complète aux procédés inquisitoires de leurs médecins; soit enfin, parce qu'il n'est pas bien difficile à un interrogateur habile de suggérer les réponses, et de les faire varier au gré de ses désirs.

Toutes ces enquêtes sont donc plus ou moins sujettes à caution, et sont loin de mériter une égale créance. Cependant voici quelques résultats sur lesquels on commence à tomber d'accord.

1° Dans la plupart des cas, M. Ribot en convient, ^f^j^^"" les hypnotiques affirment ne pas savoir pourquoi ils «r'a'"*ont agi, et ne savent distinguer si c'est volontairement ou involontairement.

2° Il y a des cas où certains hypnotiques se voient obsédés par l'idée fixe de la suggestion, et ne se sentent plus maîtres d'eux-mêmes; leur volonté semble impuissante, et toute résistance paraît impossible. M. Ribot lui-même a cité l'exemple de « ces malades qui ont pleine conscience de leur situation; ils sentent qu'ils ne sont plus maîtres d'eux-mêmes, qu'ils sont dominés .par une force intérieure, et invisiblement poussés à commettre l'acte qu'ils réprouvent (1) ».

3° Ces mêmes malades sentent parfois venir la crise de Vidée fixe, et, en s'y prenant assez tôt, c'est-à-dire avant que l'idée suggérée se soit développée au point d'acquérir un ascendant impérieux, elles peuvent y échapper et recouvrer leur indépendance. Ce fait est aujourd'hui certain. Pour cela il suffit de susciter une

(1^ Ribot, Les maladies de In volonté, c.III, § 2, — Cf. Revue néo-sco' lastique,!^' nov. 1897, p. 408. Art. de Mgr Mercier.

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autre idée, assez vivemeiil |)i)iir paralyser ainsi la jn-emière.Dans ce but, les moyens approj)riés varient avec les individus. M. Rihoten cite un grand nombre dont plusieurs sont fort curieux. Ainsi il nous apprend qu'un chimiste, tourmenté par des idées homicides, se faisait attacher les deux pouces par un ruban, et trouvait, dans ce simple obstacle, le moyen de résister à la tentation. D'autres se font attacher les membres, et annoncent ensuite, à la lin de la crise, qu'on peut les délier, tout danger étant passé. MM. Gilbert et Pierre Janet citent encore l'exemple très curieux, de Mme B. qui échappait à la suggestion du sommeil en mettant ses mains dans l'eau.

Ces faits sullisent à nous faire comj)rendre que, si ^mue^ l6s hypnotiques se disent tantôt libres, et tantôt nécessités, les deux réponses peuvent être vraies. Ils sont libres au début de la crise de l'idée fixe suggérée. Ce n'est que dans la dernière période qu'ils cessent de l'être, lorsqu'ils n'ont pas pris les moyens de résister et de recouvrer leur liberté. L'autorité du témoignage delà conscience n'est donc nullement ébranlée par les faits allégués.

ilièse.

rance de* transes de nos actions.

L'iRno- Le prétendu caractère illusoire de la conscience, chez les hypnotiques, n'est pas le seul motif de défiance de nos adversaires envers le témoignage de la conscience, il y a aussi les Idcuncs et les lynoraures de cette même conscience, qui doivent nous mettre en garde contre elle.

La conscience, en ell'et, ne nous révèle qu'une faible partie de nous-mêmes, et nous cache bien des mystères. Non seulement le principe et presque tous les phénomènes de la vie végétative lui échappent, mais encore, dans l'ordre sensible et intellectuel, une foule

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