I. LA LIBERTÉ. — LA LIBERTÉ ET LA MÉTAPHYSIQUE H
courir rapidement la dernière , qui est la moins importante : l'effort d'exécution.
Après un instant d'arrêt pour fixer son choix, la 4; Apvolonté repasse au mouvement. Elle ordonne aux '"""°"muscles d'exécuter ses ordres, et aussitôt ils obéissent,s'ils ne sont pas frappés de paralysie. Gomment cet ordre agit-il sur les muscles? Nous l'avons vu : simplement, en faisant cesser l'arrêt des tendances, suspendues par l'effort de délibération. Et aussitôt, comme autant de ressorts débandés, tous les muscles déroulent la série des mouvements associés par les liaisons organiques ou empiriques. Sans doute, tout ce processus physiologique n'est plus libre mais fatal, puisqu'il suit nécessairement la décision ou le choix de la volonté libre, et nous n'avons jamais soutenu, comme on nous le fait dire quelquefois, que deux actions contradictoires pourraient également suivre le choix d'un même motif (1).
Cependant, comme notre volonté reste toujours maîtresse de suspendre l'action commencée, de délibérer de nouveau, de chercher un autre motif el de tout remettre en question, on peut dire qu'elle est encore, au moins indirectement, sous l'empire de notre volonté.
Et que l'on ne dise pas qu'il n'y aurait plus de raison suffisante pour s'ariêter en voie d'exécution et recommencer la délibération, car si Faction est mauvaise, il est toujours temps de s'en repentir ; et si elle est bonne, quel que soit le degré de sa bonté, une faculté raisonnable capable d'idéal, sera presque toujours capable de concevoir un mieux possible, de le désirer et de le rechercher.
Concluons donc de l'examen de ces quatre périodes, conci..-
iiuii.
(1) Voy. une Noie sur la nécessité qui suit le dernier jui^enieut pratique, p. 139.
IIH FONDEMENTS UE LA MOItALE
que la volonté a toujours quchi ne raison (ra;,Mi"coiinne elle agit; en niùnie temps qu'elle aurait pu trouver des raisons suffisantes d'agir autrement; en sorte que la liberté a sa racine dans la raison môme, c'est-à-dire dans la [)uissance du l'esprit à trouver toujours des raisons d'agir comme il lui plait. Le principe de raison suffisante apparaît ainsi comme le vrai ressort de la liberté, bien loin d'en être la contradiction et la ruine. sjniiièse Concluons encore de cette même analyse, (luecelle
(les " ' 1
i"';"« des quatre périodes où la liberté semble le plus com-
puinls de ^ i >■
^■"8- plètement s'exercer, c'est la troisième, Vc/forf d'élection ou de cJioix. C'est aussi la pensée de S. Thomas lorsqu'il dit : « Liheimm arbiiriun nihil aliud est. quam vis electiva> (1). La première et la seconde périodes sont une préparation à ce choix définitif. Bien plus, elles impliquent un commencement de choix, puisqu'elles commencent à nous détacher du moins bien actuel, et à nous faire déjà préférer un mieux possible, quoique inconnu ou vaguement entrevu. Enfin la quatrième période est le complément des précédentes; si, en elle-même, elle n'est pas libre, elle implique du moins la continuation ou la non-rétractation d'un acte libre toujours susceptible d'être révoqué. En cela elle estencore une espèce de choix continué ou maintenu, comme les deux premières itériodes La étaient déjà un choix préparé et commencé. Le choix, est dans tel cst douc bleu l'acte propre du libre arbitre. La
le choix.
théorie de S. Thomas est ici d'accord avec les données du sens commun, qui a toujours placé le libre arbitre dans le choix, surtout dans le dernier choix. Cependant certains auteurs ont soutenu < que le libre arbitre n'est [)as toujours, qu'il n'est même presque jamais dans le choix dernier. le(}uel dépend tout
(Ij s. TlioiiKis. 1«, (|. s:!, a. ^.