I. LA LIBERTÉ.— LA LIBERTÉ ET LES SCIENCES MODERNES
et de force, qu'il détermine un cJioc sur le membre à actionner, et y produise une quantité de travail ex-
mv" primée par la formule —k—- Mais qui ne voit la raison de cette nécessité ? Lorsque le mobile et le moteur sont deux corps extérieurs Tun à l'autre, ils ne peuvent agir l'un sur l'autre que par le choc, c'est-àdire par un travail mécanique du moteur, et une dépense d'énergie qui s'ajoute à l'énergie du mobile, et partant augmente la quantité totale des énergies. Dans Faction immanente, il en est tout autrement. Laquaii-
' le est
Plus besoin, pour atteindre le mobile, du choc de we
' '^ par une
deux quantités étrangères l'une à l'autre. Le moteur opération
i Cl (ij. Ultra.
est au dedans même du mobile qu'il anime. Il suffit à l'âme d'un acte qualitatif, tel qu'une pensée, un désir, une volonté, en un mot d'une réaction quelconque, pour atteindre et faire varier la qualitédes forces physico-chimiques qu'elle informe, c'est-à-dire faire varier leur état actuel ou potentiel, leur direction dans un sens ou dans l'autre.
On voit dès maintenant le jeu de cette causalité opposiimmanente. Au lieu d'atteindre par le dehors les cel- Heuxopd-
, , , , . , 1 . • rations
Iules nerveuses ou sont emmagasinées les énergies adintra, physico-chimiques, l'àme les atteint parle dedans, car elle y est présente, puisqu'elle les pénètre et les informe jusqu'au plus intime de leur être, à ce point qu'elle leur donne leur être spécifique d'organe humain. Donc, agissant au dedans même de leur être, elle fait varier leur état par une opération purement qualitative. Il en serait à peu près de même de l'action de Dieu ou de tout être spirituel, qui pénétrant le fond même de l'être jusqu'au principe formel, jusqu'à l'âme, pourrait y agir ad intra, sans déplacement de lieu, sans l'intermédiaire du choc, et sans aucune dépense d'énergie mécanique.
KhS FONDEMENTS lii: LA MdHALK
Le contraste, l'oijpositioii entre l'action immanente
et les actions extérieures des forces matérielles, ne
pouvait être plus saisissante, et l'erreur de ceux qui
voudraient les confundie, est ainsi démontrée.
Théorie Cette solution découle aisément de la l^elle théorie
du
moieiir Jq motcuv imYtiobile, si chère à Aristote et S. Thomas,
iininubilc,
et dont le lecteur ne saisit pas toujours du premier coup toute la portée.
D'après ces deux grands génies, le premier mouvement ou changement local, dans tout être vivant qui se meut lui-même, soit au réveil de la vie, soit au début de chaque série d'actions, n'est pas causé par un autre mouvement ou changement local antérieur, mais seulement par un changement de (|ualité, dans la partie qui joue le rôle de premier moteur. Ce premier moteur est donc immobile, au moins relativement au mouvement local. Il imite ainsi ]iar une analogie lointaine le Premier Moteur de l'L'nivers. qui est absolument immobile et acte pur, puis((u'il ne connaît ni le changement local, ni le changement de qualité, et que sa toute-puissance est en acte de toute éternité, toutenproiluisantdes ellets temporels et successifs.
Ou bien, si nous voulons exprimer leur théorie d'une manière encore plus générale, disons: dans toute série donnée de mouvements, le premier moteur est toujours d'une autre espèce. C'est un changement de qualité qui provoque la série des changements locaux, ou réciproquement un changement local qui occasionne des changements de qualité ; en sorte que le premier moteur est toujours immobile relativenîent au mouvement (ju'il occasionne, c'est-à-dire exempt de ce genre de mouvement ,lj.
(1) Toutefois le chan(;enieiit de qualité, tout seul, ne nous parait pouvoir provoquer directement le mouvement local que par une opé-
sion»