‹ Études philosophiques (volume 2)Chapitre 87 sur 211 · I. LA LIBERTÉ. — LA LlBtRTÉ ET LES SCIENCES MODERNES · texte numérisé non relu

I. LA LIBERTÉ. — LA LlBtRTÉ ET LES SCIENCES MODERNES

Le commandement de la volonté est donc cause formelle, comme il est aussi cause linale de l'acte impéré ; mais, redisons-le, ni la cause finale, ni la cause formelle ne peuvent remplacer la cause efficiente qui seule produit l'elfet (1). Et puisque une même activité peut avoir cette triple causalité, — à des points de vue différents, — il nous faut nous hâter de restituer à la volonté la causalité motrice ou efficiente, qui est son rôle premier et essentiel, comme S. Thomas, dans le passage cité, le dit expressément.

Mais alors la solution cherchée reste toujours à trouver et la question n'a pas fait le premier pas. Il s'agit en effet d'expliquer comment la causalité motrice ou efficiente de la volonté peut donner le branle et la direction, aux énergies matérielles de ses propres organes, sans augmenter l'énergie totale.

La solution proposée par le P. de Mannynck(2), — qui parait remplacer la formalité accidentelle de la "nyn'é volonté par la causalité substantielle de l'âme ellemême, — est encore moins heureuse que les précédentes, puisqu'aux simples lacunes des premières

habeat miiltitudinem partium ; ita etiam in actibus humanis actua inferioris potentiœ materialiter se habet ad actum superioris, in quantum inferior potentia agit in virtute superioris moventis ipsam. Sic enim et actus moventis primi formaliler se liabet ad actum instrumenti. Unde patet quod imperium et actus imperatus sunt unus actus humanus ; sicut quoddam totum est unum, sed est secundum partes raulta. » S. Thomas, la 2œ, p. 17, a. 4, c.

(1) D'après la tliéorie fondamentale, quatre causes sont également essentielles à tout elTet corporel : la cause efliciente produit l'effet ; la cause flnale l'oriente vers un but ; et les causes formelle et matérielle le constituent dans son espèce. Ces puissances causales sont distinctes, lors même qu'elles prendraient leur source dans le même être. Ainsi dans la génération, c'est la même âme qui donne au mouvement vital son excitation, son orientation et sa forme, "Ettw ri -Ixt-yri xoù fJiç h xtvoOiTK z«i wç TÔ T£).o;, Arist. De pavlibus animal., I, c. 1 ; Cf. Phys., II, c. 7 ; Cf. S. Thomas, De principiis naturx, 4» part. ; De Régnon, Mélujtk. dcx causes, liv. 7, chap. 2.

(2) De Munnynck, Revue llioniisle, mai 18U7, janvier 1899. La conservalion de V énergie et la liberté morale (Uloud et Barrai, lUOO).

Le P.

de M un-

solutions, elle ajoute des coiniilications inétapiiysiqiies bien peu vraisemblables. Ainsi, — sans parler de l'aclion directe de la substance de 1 ame sans l'instrument des facultés, qu'aucun Thomiste n'admettra facilement, — il attribue : 1" l'eiïet itrohihdiit à la causalité formelle ^i substantielle de lïnne iiilormant la cellule nerveuse et l'empêchant d'agir ; 2* lelfel décrochant 2i\di causalité efficiente de Tàme a^^issant sur elle-même pour faire cesser son information de la dite cellule ; 3" TelTet dirigeant à une autre causalité. Serait-ce à une causalité finale ? On ne le dit pas.

Quoi qu'il en soit, cette diversité de causes est assez arbitraire, car c'est par un même commandement, ma conscience en témoigne, que ma volonté produit également ces trois effets. 11 faut donc toujours recourir à une causalité efficiente : impossible de s'en passer.

Quant à soumettre l'information substantielle de l'àme au bon plaisir de la volonté qui pourrait à son gré lui commander d'informer ou de cesser d'informer certaines cellules nerveuses, pour produire l'elTet prohibant ou décrochant, c'est là une hypothèse aussi contestable que la prétendue identification qu'elle présuppose de tout effet prohibant à un acte d'assimilation, et de tout efi'ct décrochant à un acte de désassiinilation organi(|ue.

Malgré ces graves défauts, nous convenons d'ailleurs bien volontiers que cette opinion, comme les deux précédentes, a eu le grand mérite d'orienter les recherches des penseurs « du côté du composé humain > et de ses actes immanents, où se trouve, selon nous, le véritable terrain d'entente et de solution.

Le R. P. Couaillac est allé beaucoup plus loin que

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