I. LA LIBERTÉ. — LA LIBERTÉ ET LES SCIENCES MODERNES
le centre, au lieu de pai-tir du centre vers la périphérie, c'est-à-dire qui est afférente au lieu d'être e(Jérente, comme on aurait pu le croire en se l)ornanl à l'analyse de l'idée d'effort ou de décharge motrice de la volonté vers les membres.
Le lecteur entrevoit la gravité de cette conclusion ; si l'effort n'est qu'une sensation afférente, elle est àoïiG subie et non produite par la volonté. Le sentiment contraire de la conscience qui nous montre notre effort comme produit par nous et non pas comme subi, ne serait plus qu'une nouvelle illusion de conscience ! La volonté s'imaginerait qu'elle est maîtresse et qu'elle commande, alors qu'elle ne fait qu'obéir passivement aux impulsions organiques.
La preuve, nous dit-on, que l'effort musculaire est bien une sensation afférente produite par les phénomènes musculaires et rien que cela, c'est qu'elle disparaît dès que les phénomènes musculaires disparaissent. Chez les malades parétiques, étudiés par MM. Gley et Marillier (1), où le jeu des muscles se trouve paralysé, le sentiment de l'effort se trouve par là même aboli. Dans les cas de parésie partielle, étudiés par Wundt et Helmholtz, il est aboli partiellement. Il est donc prouvé que l'effort volontaire et conscient n'est plus une cause mais un effet de l'activité physiologique. Sa causalité et sa maîtrise ne sont plus que des illusions de conscience, auxquelles les « vieux psychologues » seuls pouvaient se laisser prendre.
Ainsi raisonnent certains phvsiologistes, mais C|"H"e