‹ Études philosophiques (volume 3)Chapitre 18 sur 118 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

nouvelle a orienté tout ce travail : celle de répondre aux besoins nouveaux des esprits contemporains qu'ont plus ou moins troublés les objections récentes soulevées contre l'antique théorie par les philosophes « modernistes » issus de l'école bergsonienne. Gomme ceux-ci n'étaient pas pas encore nés lors de nos premières éditions, nous n'en pouvions parler. Mais aujourd'hui, après le bruit retentissant fait autour de leur berceau, ils méritent bien les honneurs d'une discussion et d'une critique.

Sans doute, le Modernisme est une erreur surtout théologique. Il est en efTet, — malgré des apparences contraires, car il retient toutes les anciennes formules dogmatiques après les avoir vidées de leur sens traditionnel, — il est la négation, plus ou moins déguisée, du surnaturel chrétien. C'est l'antique erreur du naturalisme qui lente un renouveau en se greffant sur la tige de la Philosophie a nouvelle », dont elle emprunte la séduction ou la vogue passagère, et c'est uniquement par ce côté qu'elle rentre dans la domaine du philosophe.

Or la philosophie dite « nouvelle », quoiqu'elle soit renouvelée du monisme évolutionnisteAo. Hégel et du vieil Heraclite, est à son tour la négation, — on pourrail dire l'élégante subtilisation, — des notions fondamentales de la raison humaine, et c'est pour cela, — comme nous l'avons si souvent répété, — que la « crise de la foi » provient aujourd'hui d'une « crise de la raison » elle-même.

En effet, cette philosophie plonge ses racines subtiles dans la négation systématique des notions les plus élémentaires du sens commun surl'être, la substance, le mouvement, la causalité, la contingence, la finalité et les principes premiers d'identité, de contradiction, decausalité...qui sont précisément l'objet de ce premier volume. Les modernistes eux-mêmes en ont fait l'aveu, notam-

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