VIII. ler Corollaire. L'homme et la bête
1" Méthode expérimentale et inductive. — Au nom de cette méthode nous écartons du débat les hypothèses de la métempsj'chose et du mécanisme cartésien.
2° Il faut accorder à l'animal :
a) Les 5 sens externes.
b) Les 4 sens internes.
c) L'appétit sensible et ses passions.
3' L'instinct suffît à expliquer la convenance et la finalité des opérations chez les animaux. L'automatisme psychologique de l'instinct ditîere essentiellement de l'activité raisonnable. 4" L'animal est privé de l'idée et par suite de toutes les opérations intellectuelles. S'il avait l'idée, il l'exprimerait :
a) Par la parole ; le cri n'est pas la parole. &) Il l'exprimerait par quelques progrès industriel, artistique ou moral ; or il n'en e?t rien.
50 Privé de l'idée, son infériorité rejaillit sur le jeu de ses facultés sensibles, et expUque le développement de son instinct.
6" Les arguments de nos adversaires sont longuement exposés et réfutés. Raisons scientifiques et raisons morales de nos opinions.
IX. 2" Corollaire. L'âme et les facultés dans la rie future 4G0
1° Notre théorie ne rend-elle pas impossible l'immortalité de l'âme î
a) Si l'âme est la forme du corps ? — Ré-
ponse.
b) Si les facultés organiques des sens sont
nécessaires à la pensée ? — Réponse :
La dépendance de la raison à l'égard des sens n'est qu'indirecte et extrinsèque.
Il lui reste trois modes possibles de connaissance : 1° la mémoire et la conscience intellectuelles ; 2° la lumière divine ; 3° le commerce avec le? autres âmes et les purs esprits. — Ce nouvel état, meilleur en soi, est-il meilleur pour l'âme humaine ? Deux opinions.
2» Elle nous fournit les meilleures preuves de cette immortalité, puisqu'elle nous démontre que l'âme est une substance simple, spirituelle, incapable de vieillesse, et qui porte en elle-même, dans ses aspirations infinies, les marques et le .gage des intentions de Dieu à son égard. — Aux preuves psychologiques s'ajoutent les preuves morales. — Belle conclusion d'Aristote. — Les espérances supérieures du philosophe chrétien.
Appendice. — Note pour l'interprétation du chapitre Ve du 3« livre du mpi ^j-/iii ,.,..,. 489
en
I. Axe cérébro-spinal de t'homme : a, cerveau; b, cervelet; c. moelle épinière; d, nerf facial; e, i>lexus brachial; /", nerf médian du bras; q, nerf cubital; A. nerf cutané interne du bras; j, nerts intercostaux; k, plexus fémoral; /. plexus sciattque.
11. SytUme nerveux îles uiverirbres .- des aiinelés Ail; des mollusques. O, I). h; des écliinoilermes (rayonnes!, B. — a, eanfrlions œsophagiens supérieurs ou cérébraux ; b, (ranRlions inférieurs ou pédieux; c. ganglions branchiaux ou viscéraux; d, anneau o'sophagien pentagonal; t, e, troncs nerveux se dirigeant vers les rayons.
III. ÇirconvolultonÊ du Cerveau: chez l'homme A, le singe B, le chieo C, et le lapin l).
IV, CtrconvoIiKions cérébrales (vues de côlé). ^.Vêr/k sensUUh
VIII. — Tronçon de la moelle épinière, me; — racine antérieure, ra; — racine postérieure, rp. et son ganglion, g ; — f, petite branche qui va s'anastomoser avec le grand sympathique.
V, Section transversale de la moelle épinière. Racines des nerfs sensilifs et des nerfs moteurs; B, substance blanche de la moelle; G, substance grise; g, ganglion du nerf sensitif.
Centre^ CUi ctlUJtf
VI. Encéphale (Ogure schématique). C H, hémisphères cérébraux; C, cervelet; MA, moelle allongée; T 0, tubercules quadrijumeaux.
VU. Schéma de racle réflexe.
IX. Divers types de cellules nerveuses (grossies 100 diamètres).
X. Secftûn médiane anléro-postérieure de Vencéphale : a. cervelet, arbre de vie; 6, nerl optique; c, glande pinéale; d, trou de Monro; e. circonvolutions; f, septum lucidum; g, trigone; h, corps calleux; i,j, couches optiques; k, tubercules quadrijumeaux; f, aqueduc de Sylvius: m, valvule de Vieussens; n, bulbe rachidien; o, protubérance annulaire; p, pédoncules cérébraux; g, nerf moteur oculaire commun; r, tubercules mamillaires; *, corps pituitaire.
XI. Encéphale vu en dessous : a, lobe antérieur; 6, lobe postérieur; c, scissure de Sylvius: d. pyramide: e, tubercules mamillaires; f. corps pitui'taire; g, protubérance ou pont de Varote; A, pédoncule cérébral; — Nerfs : », pathétique; j, k, moteurs oculaires; I. optique; m, trijumeau; n, olfactif; 0, facial; p. auditif; g, glosso-pharyngien; r, pneumo-gastrique; s, spinal; (. grand hypoglosse.
XII. Coupe verticale et transversale passant par les noyaux gris centraux : a, a, couches optiques; 6, noyau lenticulaire; c, avant-mur; d, noyau caudé; e, bulbe rachidien; f, cervelet; g, corps calleux; h, libres blanches; j, ersot de Morand; t, protubérance annulaire; I, pédoncule cérébral; »n, Irigone cérébral; n. pilier de Irigone; o, tubercules mamillaires; V, V, ventricules.
Ptii-lii. — J. Uersch. Imp. ii, PI. Deafort-KocliBnou,
LE CERVEAU, L'AME
ET LES FACULTÉS
Après avoir étudié, à la lumière des sciences mo dernes, la vieille théorie philosophique de la Matière et de la Forme, d'abord dan s les phénomènes physico-chi- une miques, puis dans les opérations de la vie végétative, qnesuoo. il nous faut en poursuivre aujourd'hui l'étude dans les opérations beaucoup plus relevées de la vie sensible et de la vie raisonnable. Ce sera l'objet de ce travail sur le Cerveau et VAme.
La question de l'âme humaine n'a rien perdu de son importance capitale ni de son actualité. Il semble au contraire que les découvertes et les progrès toujours croissants de la physiologie la ravivent chaque jour, en y ajoutant quelque problème secondaire, ou en enrichissant de nouvelles données la question fondamentale.
Les savants et les hommes du monde ont toujours le plus haut intérêt à la bien résoudre. Ceux-ci, pour se connaître eux-mêmes, suivant la maxime du sage: yvwôi (Tsayrov ; ceux-là, poui mieux comprendre, en les éclairant par une lumière supérieure, les phénomènes scientifiques qu'ils analysent; les uns et les autres, parce que la vraie solution est indispensable à la direction de la vie.
Nous voudrions, dans cette étude, montrer à ceux TradiUoB de nos contemporains qui n'auraient pas assez de loi- pto^u».
14 ÉTUDES PUILOSOPUIQUES
sir pour entreprendre eux-mêmes ces recherches, que la philosophie traditionnelle si longtemps oubliée, encore si peu connue, possède, dans son riche arsenal, les arguments les meilleurs contre toutes les exagérations des ultra-spiritualistes ou des matérialistes, et qu'elle peut encore, rajeunie sur certains détails accessoires, nous fournir la seule solution vraiment sage, modérée, et pleinement 'jonforme soit aux données de la raison et de la conscience, soit aux résultats de l'observation scientifique la plus rigoureuse.
Cette antique théorie et ses preuves ont été conçues aux seules lumières de la raison et de l'expérience, par un philosophe païen qui résumait en lui le génie de la métaphysique dont il est le père, et le génie des sciences, surtout des sciences biologiques, qu'il a créées et où il excellait déjà. Les savants et les librespenseurs ne sauraient donc leur reprocher d'avoir été conçues a priori^ ni sous l'intluence de préjugés religieux. Si elles avaient pu paraître suspectes, c'eût été à la Foi chrétienne qui semblait, au premier abord, devoir s'harmoniser bien mieux avec le spiritualisme transcendant de Platon ou de Descartes. Cependant, au grand scandale de certains philosophes chrétiens, qui nous reprochent encore aujourd'hui ce qu'ils appellent notre « semi-matérialisme », la Foi chrétienne, par l'organe de ses docteurs les plus autorisés, de ses pontifes et même de ses conciles, n'a pas hésité à faire taire ses préférences secrètes^ pour accorder toute sa faveur et ses plus hautes approbations à la théorie de ce maître que S. Thomas appelle toujours * le Philosophe », et dont il a reproduit fidèlement la doctrine sur ce point, en y ajoutant toute l'ampleur et la précision de son vigoureux génie.