LE CERVEAU, I.'AME ET LES FACULTÉS
Aristote lui-même avait agi avec un égal désinté- D|sp«siresseiiient. Malgré son amitié profonde et son ad mi- moraus. ration, désormais incontestable, pour le génie d'un maître vénéré, il eut le courage de le contredire et de sacrifier l'amitié à la vérité ; « parce que, nous dit-il, entre l'amitié et la vérité, qui toutes deux nous sont chères, c'est une obligation sacrée de donner la préférence à la vérité (1) ».
Ces mémorables exemples viennent fort à propos, au début de cette étude, nous rappeler l'amour souverain, le culte, que nous devons avoir pour la vérité, devant laquelle tout en nous doit s'incliner, sans réserve, dès qu'elle paraît. Puisse leur souvenir ne cesser de nous animer, nous et nos lecteurs, dans tout le cours de la discussion qui va suivre !
Voici le plan de ce travail.
Dans une première partie : le cerveau et Vâme, nous °' j'^'"" démontrerons que la matière cérébrale ne suffit pas à «"J»'expliquer tous nos phénomènes physiologiques etpsychologiques ; et que certaines de nos opérations, étant supra-sensibles et spirituelles, présupposentl'existence d'un agent de même nature, d'une âme spirituelle.
Toutes les objections de l'école matérialiste seront ensuite exposées dans toute leur force, et discutées.
Ce qu'elles peuvent avoir de fondé ne vise que les exagérations ultra-spiritualistes des cartésiens.
La seconde partie : les sens et la raison^ sera consacrée tout entière aux facultés de l'âme. Nous y analyserons en détail le fonctionnement si différent de chacune de ses puissances organiques et inorganiques,
(1) Aristote, Ethic. Nicom., 1. HI, 1. — De là, sans doute, est venu le proverbe : Amicus Plato, magis arnica veritas. — Cependant Platon, critiquant Homère, {Républ. X, éd. Cousin, p. 23''>), avait déjà fait une rtS flexion analogue : « On doit plus d'égards à la vérité qu'à un homme ».
16 ÉTUDES PniLOSOPniQL'ES
corporelles et spiriluelles : ce sera la contre-épreuve
en même temps que le complément le plus utile de
notre thèse.
Nous terminerons par deux corollaires :
L'un sur la distinction essentielle entre V homme et
la bête ; l'autre sul- l'chne et les facultés dans la vie
future.