III. Est-ce le cerveau qui sent? OR
1» Réponse du spiritualisme cartésien : c'est l'âme seule qui sent, puisque la sensation suppose un principe simple. Preuves.
2» Réponse du matérialisme : c'est la matière nerveuse, car la sensation est extensive et suppose un principe étendu. Preuves.
3" Solution d'Aristote et de S. Thomas : c'est l'organe-animé, le composé humain, car la sensation exige à la fois un principe simple et un principe étendu : nouvelle preuve de la dualité fondamentale de l'être. Vérité et grandeur de celte théorie.
4° Nouveau système de conciliation par M. Taine. Les cartésiens ont traité d'illusion le caractère extensif de la sensation ; les matérialistes traitent d'illusion son caractère simple ; M. Taine va traiter d'illusion l'opposition irréductible entre ces deux caractères, la simplicité et l'étendue. Arbitraire et contradictions d'un tel procédé. Le t dedans » et le t dehors » de l'être prouvent sa dualité.
l'y. Est-ce le cerveau qui pense ? 85
C'est l'âme seule qui pense.
l» Preuves négatives. La pensée pure n'a aucun des caractères extensifs et matériels de la sensation.
2° Preuves positives :
a) Le moi qui pense est distinct de la matière, puisqu'il demeure identique, tandis que la matière du corps change sans cesse.
6) Il est simple, puisqu'il se replie sur luimême totalement et se compénètre dans l'acte de la conscience, c) Il est immalériel et spirituel, puisque
ses opérations sont immatérielles et spi
rituelles.
S" La pensée n'est donc pas identique au mouvement cérébral qui l'accompagne. — Objection scientifique tirée de la loi de la conservaùon de l'énergie. La pensée se dérobe aux lois de la mécanique. Les mouvements reçus dans les organes se transforment en vibrations caloriques et nullement en pensée. La chaleur ne se transforme pas davantage en pensée. Comment la pensée peut produire de la chaleur. Il y a un équivalent chimique de l'effort cérébral; il n'y en a point de la valeur d'une œuvre intellectuelle.
V. Arguments du matérialisme : 1» « L'illusion métaphysique du moi » 108
io Procédé logique par lequel M. Taine nous révèle i l'illusion du moi ». Critique de ses arguments.
C'i Procédé expérimental des savants matérialistes: « dédoublement de la conscience » dans des cas pathologiques.
a) Histoire de Mlle R. L. par le D'' Dufay. Description des phénomènes hystériques. Objections et réponses.
&) Histoire de Félida X. d'après le D' Azam. Analyse et explication de ces phénomènes ; leur accord parfait avec les théories scolastiques.
c) Autre explication imaginée par certains spiritualistes. L'idée de notre identité ne serait plus un fait d'expérience intime, mais une construction de notre esprit sujette à illusions. Réfutation.