‹ Études philosophiques (volume 4)Chapitre 84 sur 84 · JU · texte numérisé non relu

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ÉTUDES PUlLOSOPUlQUliS

vent dans l'âme. » — U y aura donc dans l'âme une partie passive qui fournira les matériaux de nos conceptions, une autre partie active qui les Iransformei-a elles rendra intelligibles. C'est la première qu'Arisloteappellevoû{7r«0>)Ttxôc, et la seconde, voûç 7rot/(Ttxôî.

Dès lors on comprend pourquoi celle-ci est immortelle cl celle-là périssai)l(!. Il est clair (pio la parlie sf'nsil)le et imaginative de l'âme, étant organi(iue et indissolublement liée à la matière, doit cesser d'agir après la séparation du corps et rentrer en puissance (voû; 7ra6>}Ttxôç y6«/3TÔç) ; tandis que la parlie intellectuelle étant inorganique et séparalde (;;i^w|5t'iroc) demeure en acte et reste identique à elle-même. <( hintelloctus ^eparabil/s est et non inixliis (corpori). passioneque (alteralione) vacal, (/uum sit subslantia sua actu... separatus vero solummodo id eslquod est, atqueidsolumest immortale xternumqur. ».

Le philosophe ajoute irès justement que dans cette vie future nous n'aurons plus la mémoire : « non auicm recordamur » ; mais il faut l'entendre de la mémoire organique des sens, car rien n'empêche à l'intelligence de conserver les idées acquises, puisqu'on a établi qu'elle était le trésor ou le lieu des formos (tôtto? s'Swv), et qu'elle demeurait identique à elle-même. Aristolo, comme Descartes, a reconnu cette seconde espèce de mémoire. La mémoire intellectuelle et la réminiscence sont pour lui le privilège exclusif de l'âme hu maine, et lui donnent le sentiment de sa personnalité. {!)( memoria, c. 2, § 16.)

Reste à savoir si, dans ce nouvel état, nous n'aurons pas. pour penser et acquérir des notions nouvelles, un nouveau moyeu plus sûr et plus prompt que celui de l'abstraction des images sensibles et matérielles. Ce moyen devaitparaîtrebien simple à un disciple de Platon qui n'a jamais combattu dans la théorie des idées platoniciennes que leur existence séparée. Il est vrai qu'Arislote n'en dit rien dans le fragment qui nous reste de ce chapitre ; il l'insinue cependant par ces paroles : « c'est après la séparation du corps seulement que l'intelligence est pleinement ce qu'elle est » — x^piaOeiç S'èiTTî uôvov ToOô'ÔTfîjO ia-ci. Mais il le dit ailleurs, nous l'avons vu, d'une

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