POUR SA RÉCEPTION A L'ACADÉMIE FRANÇAISE
Monsieur,
Ne vous étonnez pas d'être ici : vous seul trouvez vos titres trop modestes et notre choix trop bienveillant. Les applaudissements que vous venez d'entendre vous le disent encore mieux que moi ; ils sont l'éclio de la "faveur publique qui s'attache si justement à vos charmants écrits. Votre jeunesse elle-même, dont vous semblez vous excuser, est pour vous, à vrai dire, comme un titre de plus. L'Académie, croyez-moi, n'accorde aux cheveux blancs que d'involontaires préférences, et, quand elle aperçoit dans les générations nouvelles une de ces renommées précoces qui lui inspirent à la fois espoir et sécurité, elle se garde bien de la faire trop attendre. C'est sa force et sa vie que ces jeunes