‹ Études philosophiquesChapitre 43 sur 112 · DE L'AMANT · texte numérisé non relu

DE L'AMANT

Nous offrons les maximes suivantes à vos méditations.

Il faudrait désespérer de la race humaine si elles n'avaient été faites qu'en 1830; mais elles établissent d'une manière si catégorique les rapports et les dissemblances qui existent entre vous, votre femme et un amant; elles doivent éclairer si brillamment votre politique, et vous accuser si juste les forces de l'ennemi, que le magister a fait toute abnégation d'amour-prôpre; et si, par hasard, il s'y trouvait une seule pensée neuve, mettez-la sur le compte du diable, qui conseilla l'ouvrage.

Parler d'amour, c'est faire l'amour.

Chez un amant, le désir le plus vulgaire se produit toujours comme l'élan d'une admiration consciencieuse.

Un amant a toutes les qualités et tous les défauts qu'un mari n'a pas.

Un amant ne donne pas seulement la vie à tout, il fait aussi oublier la vie : le mari ne donne la vie à rien.

Toutes les singeries de sensibilité qu'une femme fait, abusent toujours un amant; et, là où un mari hausse nécessairement les épaules, un amant est en extase.

Un amant ne trahit que par ses manières le degré d'intimité auquel il est arrivé avec une femme mariée.

Une femme ne sait pas toujours pourquoi elle aime. Il est rare qu'un homme n'ait pas un intérêt à aimer. Un mari doit trouver cette secrète raison d'égoïsme, car elle sera pour lui le levier d'Archimède.

Un mari de talent ne suppose jamais ouvertement que sa femme a un amant.

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