‹ Etudes philosophiques sur le Christian isme (volume 2)Chapitre 17 sur 36 · MOI · texte numérisé non relu

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n y a beaucoup d'autres preuves plus savantes du spiritualisme; je crois devoir me borner à celles-ci, parce qu'elles sont suffisantes pour tout esprit sérieux , et qui ne vise qu'à la vérité.

Disons donc, avec un grand philosophe :

La volonté nous détermine , Non Vobjeti ni VinsUncL Je parie , je chemine *,

Je sens en moi certsdn agent ;

Tout obéit dans ma machine

A ce principe intelligent.

Il est distinct du corps , se conçoit nettement ,

Se conçoit mieux que le carpe même :

De tous nos mouvements c'est l'arbitre suprême.,.. Un esprit vit en nous <.

* La Fontaine, fkbie : les deux Xaii, le Henardf et VŒuf. Tm» les la* borieux systèmes des maiériaUstes tombent devant cette esposition d'une vérité de sens commun , si bien rendue par le bon homme. On peut y joindre cette autre réflexion cpii n'en est ({ue plus frapptnte, pour avoir été

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mise par Molière dans la bouche d'un yalet : « Mon raisonnement est qu'il « 7 a quelque chose d'admirable dans l'homme , quoi que tous puissiez dire, « que tous les sayants ne sauraient expliquer. Cela n'est-il pas merveilleux « que me Toilà ici , et que j'aie quelque chose dans la tête qui pense cent « cfaoeea différentes en un moment, et fait de mon corps tout ce qu'elle veut 7 » (FesHn de Pierre, acte III» scène i.)

Ce n'est pas précisément pour des matérialistes que nous avons écrit ce chapitre; nous n'avons pas supposé qu'il s'en rencontr&t beaucoup parmi nos ledeurs, et nous nous sommes proposé l'exposition des vérités preoiières, moins comme un objet que comme nn achenunement à TobjeTcapiUl de nos Études , qui est le Christianisme. Si nous avions eu à établir la q>iritaali(é de l'âme contre un matérialiste, nous nous serions étendu da- Tantage; mais , après tout, nous serions venu nous renfermer dans un raisennemait bien simple^ et selon nous sans réplique, qui est oeliiâ-oi : -«- Le n , la moi, en qui se résume la substance pensante, l'âme , est essentiellement 09 ; il n'y a qu'im moi en moi : c'est là un fait que le sentiment biténeur proclame. H n'en est pas de même de la matière ; elle n'est pas une» mais deux , trois , quatre , cent , miUe , etc. , c'eet4-dire infiniment multiple, puisqu'elle est infiniment divisible : c'est encore lA un fait qu'on ne peut dénier. Pour que Vâme fût matière, fl faudrait donc que ce qui est essentiéHement un f&t en même temps deux, frois, quatrt, etc., ce qui est •taifde. La spiritualité de l'âme est donc , on peut le ^re , mathématique OMDt démontrée.

90 UVRB I. CHAFITHE II.

aiAPlTRE II.

Pourquoi faut-il établir cette vérité? Ne sufiirait-il pas de renoncer, ou môme simplement de la supposer admise comme la lumière du jour? Toutes les vérités sont faites de cette première vérité , et le sentiment de notre être et de tous les êtres, l'idée même de Tétre, est inséparable de ridée d'un premier Être qui en est l'essence , et par qui tout vit , se meut et respire.

Entrons cependant dans quelques développements.

Les preuves de l'existence d!un Être suprême sont infinies dans leur variété , car chaque être particulier le prouve à sa manière; toutefois , en choisissant les i^tincipales, on peut les ramener au nombre de sept :

I. Preuve de sens commun, a Je sens qu'il y a un Dieu, a dit la Bruyère, et je ne sens pas qu'il n'y en ait point; a cela me suffit , tout le raisonnement du monde m'est inua tile : je conclus que Dieu existe. Cette conclusion est dans flt ma nature; j'en ai reçu les principes trop aisément dans a mon enfance , et je les ai conservés depuis trop naturellea ment dans un âge plus avancé, pour les soupçonner de a fausseté : mais il y ades esprits qui se défont de ces prina cipes. C'est une grande question s'U s'en trouve de tels; CI et quand il serait ainsi , cela prouve seulement qu'il y a « des monstres '. »

C'est le sens commun qui a dicté ces lignes; et si, au

' La Bruyère, diap. xti.

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