NÉCESSITÉ D'UNE SECONDE RÉVÉLATION
tombe dans l'infortune. Celse demandait aussi : « Qu'a donc « fait Jésus pour mériter d'être adoré comme Dieu? A-t-il a témoigné un souverain mépris pour ses ennemis ? » (Quelle inintelligence de la vérité divine!) » L'a-t-on vu rire et se a jouer de tout ce qui lui est arrivé ' ? » Enfin , la lutte sanglante qui se perpétua pendant trois siècles , cette lutte entretenue surtout par l'esprit philosophique, dont le dernier effort et la dernière apparition , à cette époque , se résumèrent dans le règne et la personne de l'empereur Julien, témoigne bien hautement que le Christianisme n'était pas un progrès naturel de l'esprit humain , mais bien un souffle régénérateur parti de TEsprit suprême de vérité , pour renouveler la face du monde '.
Aussi , fidèle à son principe , la vérité chrétienne , après s'être révélée au monde, se donna immédiatement un moyen de propagation et de perpétuité sur la terre , pris en dehors et au-dessus du rationalisme, dont le dissolvant avait déjà ruiné la vérité primitive : celui de la tradition, sous la garde d'une autorité catholique ; moyen analogue à celui que les premiers hommes et les sages de l'antiquité avaient longtemps suivi et défendu, mais qui devait être plus efficace et plus souverain , parce qu'il était l'œuvre de la Vérité même, et qu'il avait pour objet le salut définitif du genre humain.
Ici se découvrent des rapports entre les deux traditions
> Orig. cont. Cels., lib. I, n° 33.
' Même après Julien , et depuis la fin du quatrième siècle , les néoplato* niciens restèrent , à proprement parler, les seuls vrais prêtres , docteurs et prophètes de l'ancienne Religion. « Fiers de leur nom et de leur doctrine, « dit saint Augustin, ils rougiraient d'être Chrétiens ; leur orgueil repousse ce « nom, qu'il faudrait partager avec la multitude ; ils le repoussent comme « un déshonneur : insolents porteurs de manteaux , plus leur nombre est « petit, plus leur superbe est grande. » ( Cité de Dieu, XIII, 16. )
et les deux révélations , qui les expliquent et les fortifient Tune par l'autre , et , en se reliant dans la personne de Jésus-Christ, nous font apparaître le Christianisme comme un fait correspondant à l'état primitif du genre humain , et le reportent à l'origine même du monde.