Chapitre X
Préambule , — Transition.
La personne de J. C. et les Livres saints.
Les Prophéties.
Les Miracles.
Phénomène de la propagation et de rétablissement du christianisme.
Témoignage des apôtres et des martyrs.
Témoignage du génie.
Témoignage des bienfaits.
Phénomène de la perpétuité de l'unité et de l'universalité de la doctrine cathoUque.
Résumé général et conclusion définitive.
Quel progranune 1 1 et qui suis-je pour le rempUr dignement? qui suis-je pour raconter toutes ces grandeurs de l'homme et ces sublimes abaissements de l'amour d'un Dieu? Il faudrait ici la harpe d'un prophète, et je n'ai qu'une timide plume dans mes doigts tremblants I
Révélerai-je toutefois le secret de ma force , et ferai-je ici connaître ce qui s'est passé en moi?...
Au plus profond de mon abattement, alors que tout mon être y retiré dans le sentiment de son iatpuissance , était devenu en quelque sorte voisin du néant , j'ai senti l'esprit de vérité venir jusqu'^à moi ; et, touchant mon front humilié, il m'a dit :
« .... Oflfre-moi ta faiblesse et je te donnerai ma » force ; laisse là tes pensées et reçois mes inspira- » tiens. Je me plais à visiter les humbles de cœur; » et , forsqu'ils croient que tout est perdu , je me lève » sur les ténèbres de leur intelligence comme l'étoi- » le du matin. Je leur fais pénétrer, en un moment, » plus de secrets de ma vérité étemelle qu'on ne » peut en apprendre en dix années d'études dans » les écoles, et cela, sans, Iw^uit de paroles, sans » mélange d'opinions, sans faste d'honneurs, sans » combat d'arguments. Maia, j'ai surtout une incli- » nation particuUère pour ceux qui entrent géné- » reusement dans mes desseins, qui contribuent par » leurs travaux à l'édifice que je construis, et ap- » portent sur le fondement que j'ai posé , de l'or, de » l'argent , des pierres précieuses ou du bois même , » et de la paille , chacun selon ses forces et les ta- » lents que ma grâce et la nature lui ont donnés. — » C'est moi qui traversais autrefois les nocturnes » visions de Job , qui murmurais des paroles mysté- » rieuses à l'oreille de Socrate, et lui apprenais ce » mot le plus avancé de toute science humaine : » Tout ce que je sais, cest que je ne sais rien. —
» C'est moi qui , pour éclairer et convertir le monde , » choisis et fis marcher à sa conquête douze pauvres » pêcheurs de la Galilée. Je parlais par la bouche » de Paul à l'Aréopage, et le sentiment de mon » assistance faisait dire à ce faiseur de tentes, doc- » teur des nations : Quand je suis faible, c'est en » cela qu'alors je suis fort, car je peux tout en celui » qui me fortifie. — C'est moi, enfin, qui ai conduit » la plume de tous mes apologistes , depuis Justin » jusqu'à Pascal , et qui viens de briser celle qu'un » génie égaré voulait diriger en dehors de moi, et » ne peut plus maintenant que tourner contre lui-
» même Laisse-moi te servir de guide; mais
» tremble en me suivant, car, si le sentiment de » ton impuissance m'a attiré , lui seul s^ussi pourra )) me retenir, et mes inspirations s'envoleront de- » vaut les plus légères fumées de ton orgueil. »
ÉTUDES PHILOSOPfflQUES