‹ Études philosophiques sur le Christianisme (volume 3)Chapitre 3 sur 49 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Un ami , qui m* est uni par les liens les plus chers , s'étant vu enlever par la mort son unique enfant, m'écrivit que le malheur l'avait porté à la réflexion , qu'il avait tourné ses regards vers la Religion , et que, plus que jamais, il désirait la trouver vraie. 11 me pria de résoudre ses doutes et de lui exposer les fondements du spiritualisme et de la Religion chrétienne. Cette demande me plongea dans la plus vive anxiété. Je sentais tout ce qu'il y avait d'impérieux et de sacré dans cette prière d'un père désolé , qui demandait que je lui rendisse son enfant en espérance, dans cette confiance d'un ami qui frappait à la porte de la Vérité et me suppliait de la lui ouvrir. D'un autre côté , j'étais atterré à la vue de tout ce que présentait de scabreux et de glissant pour moi une matière si délicate et si profonde ; j'étais effrayé , dans l'intérêt même de mon ami et de la Vérité , du danger qu'ils couraient tous deux à m*avoir pour interprète. Profondément convaincu de la vérité religieuse , je n'avais jamais

rassemblé les raisons, épaises dans mon esprit, de ma croyance . J'en nourrissais intérieurement ma pensée , j'en ressentais intimement toute la force , mais je craignais de l'affaiblir en la communiquant. C'était pour moi l'arbre de la divine science , je n'osais en détacher le fruit. Tout au plus je me promettais , comme un rêve lointain, quand Fâge aurait mûri mes pensées et m'aurait rapproché un peu plus de l'éternité , de léguer aux miens l'exposé de la croyance de toute ma vie, et d'ensevelir mes derniers jours dans ce saint travail comme dans un beau et h(Miorable suaire. Aujourd'hui j'étais appelé à m'expliquer tout à coup et, tout étourdi encore des agitations du siècle , à parler la langue même de Dieu. Je me soumis , en puisant dans le sentiment de ma faiblesse , la confiance qu'elle serait aidée par celui qui semblait la choisir pour organe. Je ne me mis à l'œuvre toutefois qu'en me promettant bien d'être sobre de tout développement, et de ne faire que côtoyer mon sujet. Mais, vaine résolution! il m'en eût plus coûté d'efforts pour me contenir dans cette limite qu'il ne m'en avait fallu pour y entrer; mes réflexions naissaient les unes des autres, et se dilataient en quelque sorte sous ma plume au fur et à mesure que je les exposais ; des souvenirs de lectuies anciennes me revenaient de toute part; des lectures nouvelles, que le hasard, mais un hasard intelligent, semblait choisir etdiriger sous mesyeux, des conversations imprévues, un passage, un mot,

un fait, tout enfin semblait concourir et se transformer autour de moi en aliment pour mon travail , qui insensiblement grandit et atteignit le développement qu'il présente avant que j'aie pu m'en approprier la conception, tout comme s'il eût été déjà fait dans mon esprit, el qu'une main mystérieuse fût venue replier peu à peu le voile qui le dérobait à mes regards. — Telle est l'histoire de ce traité que, sur l'impulsion de quelques personnes sages dont le jugement est ordinairement pour moi une autorité, je me détermine à publier aujourd'hui. Il doit nécessairement se ressentir beaucoup de son genre de création, que j'oserai appeler providentielle. Je laisse aux lecteurs le soin de rapporter à cette cause une grande partie des impressions quelconques qu'il pourra leur faire éprouver , il me suffit de la leur avoir fait connaître et de me placer sous sa garantie.

Entrant seulement ici dans quelques explications nécessaires pour l'intelligence de mes intentions et de mon dessein , je dirai que , tout en visant au but particulier qui m'avait fait prendre la plume , l'extension imprévue de mon travail m*a porté , chemin faisant, à l'assortira la généralité des intelligences et à parler à plusieurs dans un seul.

Suivant ce point de vue , je me suis attaché à refaire dans les esprits la connaissance de la Religion , en reprenant tous les anneaux de la chaîne , depuis les vérités les plus simples, telles que celles d'un

principe spirituel dans Thomme , de Dieu , de Fimmortalité de Tâme, etc. , jusqu'aux preuves et aux enseignements les plus explicites de la foi catholique , procédant toujours par inductions philosophiques , et appuyant chaque point par des arguments et des témoignages puisés, autant que possible, dans les sciences et les autorités modernes les plus en dehors de la Religion , de manière à ce que la vérité, résultant de leur parfait accord avec elle, frappe les esprits les plus prévenus.

Beaucoup d'apologies de la Religion ont paru sans doute , dont le haut mérite m'aurait fait tomber la plume des mains si j'avais eu la folle prétention de me comparer à leurs auteurs. Mais le temps a marché depuis , les dispositions et les exigences des esprits ont changé , le progrès des sciences a déplacé le point de vue de la vérité , et il en résulte que tel ouvrage immortel , qui a pu confondre l'irréligion de son temps, n'est plus en harmonie avec le besoin actuel des intelligences , en défendant des points abandonnés, et ne répondant pas aux attaques portées sur de nouveaux points. La vérité est immuable en elle-même ; mais la position de l'erreur changeant à chaque instant autour d'elle , il faut qu'elle lui soit opposée sous plusieurs faces , et que , sans bouger de place, elle fasse front, de toute part, à sa mobile ennemie.

Le système imaginé par celle-ci, de nos jours, consiste à ne pas attaquer directement la foi , mais

à passer outre , et à prétendre qu'elle n'a rien à démêler avec la raison , ni la Religion avec la philosophie ; que ce sont deux puissances parfaitement indépendantes l'une de l'autre et même incompatibles ; que chacune doit avoir ses enseignements , ses disciples , ses vérités , et pouvoir arriver par conséquent à des résultats opposés, si bien que, comme philosophe, on puisse rejeter ce que l'on devrait croire comme chrétien.

Étrange et funeste erreur 1 comme si le fonds de la foi , qui est la vérité étemelle révélée dans une admirable proportion avec nos besoins , n'était pas le fonds même de la raison renouvelé dans l'humanité; — cette lumière qui illumine tout homme venant en ce monde rendue plus visible , — et si la vocation naturelle de l'intelligence , la philosophie véritable, ne consistait pas précisément à s'assimiler ce fonds divin et à y puiser éternellement la matière première de ses opérations et le germe fécond de ses plus hautes connaissances !

« A Dieu ne plaise que je sois ni injuste ni in- » grat! — disait un illustre savant et un grand phi- » losophe , Bonnet : — je compterai sur mes doigts » les bienfaits de la Religion , et je reconnaîtrai que » la vraie philosophie elle-même lui doit m nais- » sance, ses progrès, et sa perfection *. »

• Recherches sur le Christianisme ^ cliap. 4i^

Ce système n'est qu'une fausse interprétation de la fameuse hypothèse de Descartes , et qu'un détournement impie du respect qui avait porté ce grand honame à mettre un instant les vérités de la foi de côté dans une arche sainte , pour ne pas les commettre dans le combat que son génie se préparait à livrer seul à seul à l'impiété de son temps. Confiance malheureuse ! et qui a trahi ses louables intentions , en ouvrant après lui l'abîme du spinosisme avec les mêmes instruments dont il s'était servi pour remuer le sable, disait-il, et creuser jusquau roc, tant la raison de l'homme tourne vite aux précipices dès qu'elle vient à s'isoler systématiquement de la foi ou de l'analogie de la foi, même avec l'intention d'y retourner 1

Le bon sens, d'ailleurs, désavoue cette distinction captieuse entre les vérités philosophiques et les vérités religieuses. Il ne se peut pas que des vérités qui tendent à un même but, la direction morale de l'humanité, soient autres. Elles doivent nécessairement se rencontrer à leur origine , et n'être toutes qu'une seule et même vérité , présentée seulement sous des formes d'enseignement différentes.

C'est ce que reconnaît très-bien un philosophe de nos jours, M. Francisque Bouillier, professeur de philosophie à la faculté de Lyon : — « Cette dis- » tinction de vérités de l'ordre philosophique et de » vérités de l'ordre religieux , dit-il , n'a pas de fon- » dément dans la réalité des choses, elle ne peut

)> porler que sur la forme et non sur la nature et » Forigine de ces vérités, elle est plutôt artificielle » et apparente que vraie et profonde *. »

Fort bien : mais dès lors , — à moins que de rejeter toute vérité révélée , c'est-à-dire toute Religion, — il faut reconnaître que la philosophie doit nécessairement venir s'y rattacher, qu'elle n'est que l'ascension et le mouvement de l'intelligence dans la sphère d'activité de la foi , comme la foi est le repos de l'intelUgence sur le fondement de l'autorité. Ce sont deux enfants d'une même mère, dont l'un s'appuie sur son sein, tandis que l'autre joue sous ses yeux; ou, pour en revenir à une expression plus philosophique , c'est la foi faite intelligence et tournée en compréhension. Tout le reste, quoiqu'on continue à l'appeler du beau nom de philosophie , n'en est que le roman , et nous n'estimons pas qu'elle vaille une heure de peine, pourrions-nous dire après Pascal , si ce n'est , lorsqu'elle cesse d'être innocente , pour en déraciner Terreur et en signaler le danger , ce qui est encore le partage de la vraie philosophie, auxiliaire naturelle de la Reliligion, et dont l'apostolat extérieur consiste à confondre le préjugé par la science , et à prendre la raison par la raison pour la ramener à la foi. — La philosophie, en un mot, est une puissance démonstratrice et non révélatrice de la vérité. —

' Histoire de la résolution carie' sienne , p» 3iov

Les choses ainsi bien définies , nous repoussons , en ce qui nous concerne , le reproche qu'on a fait à une école qu'on se plaît à appeler théocratique , de vouloir annihiler la philosophie , reproche qui n est fait par une philosophie que pour donner le change sur celui qui lui est bien plus justement adressé. Ce serait une injustice et une ingratitude qui n'ont pu venir à l'esprit ni au cœur de personne , que de nier les services rendus par la philosophie , et de méconnaître ce que nous voyons, ce que nous admirons tous les jours *. Je me plais à proclamer au contraire , ici , son utilité , son importance , ses droits, et je les revendique moi-môme en ce moment, pour ma faible part, dans l'essai que je vais en faire, pour ramener les esprits à la Reli gion.

La Religion et la philosophie s'accorderont ainsi toujours pour le bonheur et la gloire de l'humanité : la Religion en donnant à la philosophie les véritables germes de la sagesse et de la science; la philosophie en lui en rapportant les fruits, toutes deux en élevant de concert les facultés de l'homme vers le ciel.

Telle était, bien certainement, la pensée de Des-

> Je n'ai pas besoin de nommer à Bordeaux le savant professeur qui fait un si noble usage de son beau (aient, je le prie seulement de recevoir ici le tribut de mon admiration, de ma haute estime, et de ma vive amitié.

cartes; telle était celle de son plus fervent disciple, Mallebranche, ce beau génie en qui s*alliaient si merveilleusement les hardiesses d'une raison philosophique et les soumissions de la foi.

Il s'en explique lui-même en des termes qui méritent d'être r^fpportés et qui résumeront ma pensée sur ce point :

« Le meilleur usage que nous puissions faire de » notre esprit, dit-il, dans son sixième Entretien » sur la métaphysique , est de tâcher d'acquérir l'in- » telligence des vérités que nous croyons par la foi » et de tout ce qui va à les confirmer. Nous les » croyons ces grandes vérités , il est vrai , mais la » foi ne dispense pas ceux qui le peuvent de s'en » remplir l'esprit et de s'en convaincre de toutes » les manières possibles; car, au contraire, la foi » nous est donnée pour régler sur elles toutes les » démarches de notre esprit, aussi bien que tous les » mouvements de notre cœur. — Elle nous est don- » née pour nous conduire à l'intelligence des véri- » tés mêmes qu'elle nous enseigne. . . . Je ne croirai » donc jamais que la vraie philosophie soit opposée » à la foi , et que les bons philosophes puissent avoir

» des sentiments différents des vrais chrétiens

» Je suis persuadé , au contraire , qu'il faut être bon » philosophe pour entrer dans l'intelligence des vé- » rites de la foi, et que plus on est fort dans les » prmcipes de la métaphysique , plus on est ferme » dans les vérités de la Religion Je vous dé—

» clare que j'ai été charmé de voir un rapport ad- » mirable entre ce que la raison m'a appris par ce » moyen et ces grandes et nécessaires vérités que » l'autorité de l'Église fait croire aux simples et aux » ignorants , que Dieu veut sauver aussi bien que

» les philosophes Il ne faut donc point oppo-

» ser la philosophie à la Religion , si ce n'est la faus- *> se philosophie des païens, la philosophie fondée » sur l'autorité humaine , en un mot , toutes ces opi- » nions non révélées qui ne portent point le carac-

» tère de la vérité Il se trouve , d'ailleurs , tant

» de gens qui scandalisent les fidèles par une mé- » taphysique outrée , et qui nous demandent avec » insulte des preuves de ce qu'ils devraient croire » eux-mêmes sur l'autorité infaillible de l'Église, » que , quoique la fermeté de notre foi nous rende » inébranlables à leurs attaques , notre charité doit » nous porter à remédier au désordre et à la con- » fusion qu'ils mettent partout. . . . Approuvez donc , » Ariste , le dessein que je vous propose *. »

I Je De puis résister au désir de citer encore ici un passage de Mallebranche , remarquable par cet admirable bon sens qui se trouve toujours sous les pat du génie, et par cette justesse de raison qui frappe droit au but sans le dépasser : <c II faut , Théodore, » que je vous avoue de bonne foi ma prévention. Avant notre en- » trevue, j^étaisdans ce sentiment, qu'il fallait absolument ban- » nir la raison de la Religion comme n*étant capable que de la » troubler. Mais je reconnais présentement que, si nous l*aban- » donnions aux ecnemis de la foi, nous serions bientôt poussés

Ce dessein qui , du temps de Mallebranche , pouvait paraître encore prématuré et spéculatif, est devenu de nos jours plein d'actualité et d'urgence par la confusion véritable dans laquelle ceux dont il parle ont fini par jeter lés idées et les mœurs, et ne trouve qu'un sujet d'application trop positif dans le redressement des vérités les plus fondamentales.

A ce titre il doit nous intéresser tous, tant que nous sommes et quelle que soit d'ailleurs encore l'incertitude de nos convictions, parce que, tous.

» à bout et décriés comme des brutes. Celui qui a la raison de son » côté a des armes bien puissantes pour se rendre maître des es- » prits ; car, enfin, nous sommes tous raisonnables et essentielle* » ment raisonnables. Et de prétendre se dépouiller de sa raison » comme'on se décharge d'un habit de cérémonie, c'est se rendre » ridicule et tenter inutileipent l'impossible. Aussi , dans le temps » que je décidais qu'il ne fallait jamais raisonner en théologie , » je sentais bien que j'exigeais des théologiens ce qu'ils ne m'ac- » corderaient jamais. Je comprends maintenant , Théodore, que » je donnais dans un excès bien dangereux, et qui ne faisait pas » beaucoup d'honneur à notre sainteReligion, fondée par la sou« » veraine raison, qui s'est accommodée à nous afin de nous rendre » plus raisonnables. Il vaut mieux s'en tenir au tempérament que » vous avez pris, d'appuyer les dogmes sur l'autorité de l'Église, » et de chercher des preuves de ces dogmes dans les principes les » plus simples et les plus clairs que la raison nous fournisse. Il » faut ainsi faire servir la métaphysique à la Religion, et répan- » dre sur les vérités dé la foi cette lumière qui sert à rassurer » l'esprit et à le mettre bien d'accord avec le cœur. » ( Dernier Entretien sur la métaphysique , in fine ).

nous sommes les membres d'une société qui se meurt faute de principes et qui redemande à grands cris ceux qu'elle croit avoir perdus. Ds ne sont pas perdus : retirés seulement des institutions humaines qu'ils vivifiaient autrefois, ils se sont réfugiés au sein de la Religion , leur asile naturel , la seule chose qui a vie aujourd'hui et qui porte dans le pan de sa robe la paix ou la guerre , la vie ou la mort des sociétés , selon le parti que celles-ci prendront à son égard.

Heureusement que ce parti est déjà celui du retour, et il ne faut pas s'en étonner, car l'instinct de conservation même en faisait une loi. C'est un fait qui a acquis assez de consistance pour qu'on puisse hautement le proclamer désormais que ce retour général des esprits à la Religion. Il s'opère , comme toutes les grandes choses, par un mouvement lent, mais vaste et puissant, qui saisit toute la société et qui la transforme à son insu. On ne le sent pas agir, tant il est naturel et doux dans sa force , et ce n'est que par la distance du chemm parcouru qu'on s'aperçoit du changement opéré. La vague, après avoir battu follement le rocher et avoir été emportée loin de lui par la tempête , revient expirer mollement à sa base et l'envelopper comme un ami. Épuisé d'une lutte inégale , on s'était endormi dans l'indiflférence en doutant que la Religion fût vraie , on se réveille aujourd'hui en doutant qu'elle soit fausse. Dans cette disposition des esprits tout de-

vient un trait de lumière , les choses les plus fiitiles comme les plus graves, les plus faibles connue les plus fortes. La vérité religieuse rentre partout. Les chaires chrétiennes où elle s'était retirée et où on revient la demander ne la contiennent plus; elle sort et elle emprunte tous les instruments et tous les organes pour se répandre. Elle semble afiTectionner surtout ceux qui lui étaient autrefois les plus hostiles; la tribune, les journaux, les écoles, les conversations, les manières, les modes, tout jusqu'à l'air même qu'on respire et qu'on dirait être chaîné de ses célestes émanations. « Dieu, suivant » des décrets que nous ne connaissons point, dit » Montesquieu, étend ou resserre les limites de sa » Religion. Se cache-t-elle dans les lieux souter- » rains , attendez un moment et vous verrez la ma- » jesté impériale parler pour elle. Ce ne sont pas » les obstacles d'ici-bas qui l'empêchent d'aller. » Mettez de la répugnance dans les esprits, elle » saura vaincre ces répugnances. Établissez des » coutumes , formez des usages , publiez des édits , » faites des lois, elle triomphera du climat, des » lois qui en résultent, et des législateurs qui les » auront faites*. »

Puisse cette Religion auguste ne pas dédaigner de faire servir ainsi à sa manifestation ce faible

• Défense de l'EsprU des Lois.

ouvrage que je lui consacre ! puissent plusieurs de ceux qui l'ouvriront , lassés du vide de leur esprit et de leur cœur, et qui laisseront tomber sur ces pages des regards distraits, les y sentir attachés et retenus par l'attrait imprévu de la vérité ! Qu'ils s'y laissent aller sans défiance! je n'ai pas la prétention de les endoctriner. Je ne me donne pas pour théologien , pas même pour philosophe { si par ce mot on entend celui de docteur ) , on le verra facilement à la nature de mes arguments et de mes citations , tous puisés en dehors des traditions de l'école et de la chaire; je suis tout simplement un homme convaincu, qui, ayant eu le bonheur de conserver la foi au milieu du naufrage général où plusieurs l'ont perdue , est prêt à la communiquer à ceux qui la lui demandent, et la propose même à leur expérience comme ayant éprouvé par lui-même qu'elle est aussi satisfaisante pour l'esprit que vivifiante pour le cœur.

Digiti

Page 1