Matthieu, iitv
lib MiAAcfLBS.
Vous en doutez, et vous me demandez quel rapport il peut y avoir entre une pratique de religion et le fait extérieur des miracles? Je vais vous le dire : C'est que par cette pratique voti expôHtoehterèz la môme vertu qui a fait les miracles, et qu'au miracle intérieur de la guérison de véH^ -Me tbbé tebôilnâîlrez Celui qui disait aux paralytiques de la Judée : Levez-vous^ emportez votre lit, et marchez^.
1..^ Nous àtirions pu traiter le sujet -des pirades à rAnelaue trialÎKt^é, ^eêi-^-ditû't par Uii éxameii critique des faits en «ux-mOmes, et en particUlife;; du p^lnt de iarfolr «fl leè A^iréi t)nl ph éttë irâfri' phiirs dHi tromi)és ; mais ce trarail a ^lé (afi si sovyent ,et fl( péraa[)- :iC[B-Wiêlîii'i)ariéÀ ^t^eû^^i^téè du dernier siècle, qii'iî eût éiô inutile et fastidieux de \^ rçoffnOnenèêfi lliiooé a t>AHi d^itféliri qaé ime inàliièl'é n^ailait plus à l*eQprit de i|otre époque, ,do^t, l'.liijpa^rtUUlé.pftK ihèl de ^His ^àH(}és vdes; ^ qii'il valait mieux dégager Je principe des iBiraelesL) lefait (i»la yétàcitg de l'ËvàH^ie; ël kytAbvîi ih om- ■ yé'r les conclusions. Le temps des plaidoiries est. ^paa^é. ;-iiaiiil bn sommes à U réoliqu^ •' libds CoiicHons vàéaiè au Jugement. , fiam,Akt^^ jlf-bnéiièl nîHe ^ H'iUf'e dan*
nôffe livre sur" la Divinité de JÉaus-CHRi.ST^ démbuHrathH nonvBtte tirée des demiè^éà hÙ'aqa'es 'de Vincrédûliié, ouvrage qui fait en quelque' aorte corps avec çeè Études- comme la répUc^ue.et le JAgedient avec la plaidoirie.
376 CBAFITBK ^.
ETABLISSEMENT DU CHRISTIANISMH.
Pour ceux qui ne veulent pas pénétrer trop ayant dans le corps des preuves, même extrinsèques, du Christianisme, il en est quelques-unes qui font saillie, qui, par leur dégagement et leur simplicité, se prêtent aux dispositions les plus débiles de Tesprit, et semblent projeter la lumière. Il n*est besoin de se livrer à aucune recherche ni à aucun rapprochement pour les saisir; elles se montrent d'elles-mêmes : il suffit de les regarder. . Telles sont les trois preuves suivantes, par lesquelles nous allons achever le cours de ces Études .
4* Établissement du Christianisme; 2<^ Fruits du Christianisme ; W" Stabilité du Christianisme.
Nous retenons là première de ces preuves, pour en faire le sujet d'étude du présent chapitre : les autres seront traitées dans les deux chapitres suivants.
Considéré d'une manière complexe, rËtablissementda Christianisme renferme deux autres preuves : les miracles, et Taccomplissement des prophéties ; et par là il oblige à une reconnaissance immédiate de sa divinité.
Mais dégagé de ces deux éléments, abstraction faite des miracles, abstraction faite des prophéties, pris en lai-
même et isolément, le grand fait de TËtablissement du Christianisme et de sa propagation rapide suffit encore pour décider la foi; et il a cet avantage que, si on peut tenter d'en discuter la valeur, au moins ne peut-on pas songer à en éluder la certitude.
Ce sujet est un des plus rebattus par les apologistes, nous-même nous Tavons déjà touché bien souvent; et cependant il est si avantageux à notre foi, que nous croyons devoir le proposer encore à votre attention. Lorsqu'une preuve est décisive, lorsqu'elle est nécessaire, devons* nous éviter de la reproduire? Ce serait préoccupation d'auteur et non zèle de conviction ; conviction qui vivifie d'ailleurs les sujets les plus vieillis et les renouvelle. Ce n'est pas de variété qu'il s'agit, c'est de vérité et de raisonnements justes et concluants. Passez le reste, et ne songez qu'à cela.
Nous allons d'abord faire l'exposition du phénomène de rétablissement du Christianisme ; ensuite nous en disenterons la cause.
Pour bien sentir la force du phénomène de FÉtablissement du Christianisme, il faudrait pouvoir s'ôter de Tesprit tout ce que nous en savons déjà, et en recevoir l'impression comme celle d'un tableau qui nous aurait été jusqu'ici caché, et dont on découvrirait peu à peu la toile.
Trois choses y sont à considérer successivement :
L'entreprise, Les moyens, Le succès.
I* Le Christianisme nous apparaît aujourd'hui avec un
ija^m ttiéMogitiùe tkrfàitèmétît déddlt éT iTc^iinî i^ ahe tnôràle t)rtifdti(îémeîlt jdstiflée pa.t rèipèrlèiiîië, àfëc un balte i'aydhhânt de béaùlés!, horloré pSi* I^ roiè, 86^ ftndu par des géfties, orhè çfar lë^ freaut-ërt^; àlîriieïifâWt la terre de ses bienfaits, ap[iiiVé stlr dix-Hbît ëiêdëé é'épfeiitcs et dé triomphes; centré nê^ssdirè dé tbtis îes fdpport^ quHT a bt-é&s ^Ani les ttiôéilt^; dàflâ le^ Ioié;-dà«s Tés institdlionà citHesét sbbialéé, et ëtiVélbjypaiitle fflBridé dé ia luittiheiifee et Vivifititflé aitnoipfiéré: Efl fefet état; nbûi ne poiivdit^ ttoui défendre de voi^ en lui ifne chose érande, fotté; belle; diTlné.NéannlbfnSqaë d-èsp'fitUfil sotit fermes; Im sont hostile^ et dé (^ilëifeS ^loîéûteité^ éèhm ilé pdHé-Wl pas léè ipfotoïiûkcimrîtièsl "'
Mais dépouillons le ChristiàrilslBe dé tbiis tes ©rteméritfe, dé l'buè ces fruits; tfè M^ 8ës lênîdiêna|ës, de tblis^ ces rapports, de toutes ces lumières qu'il ndâs a âolinéié* ^tlHHl-iilëtiié; en!evbnà-lui tbilt^ cfe'IR, et n'é îtti liis^ins 4ti(? sa cf ôll; ék fett)ix de bdlfe, sa ritdé et ^kfiglânte éWix; n'étant encore qu'un gibet infâme réserf è' Jïbtib îè ^ilj)plice des esclaves; faisons d^c^ndre cette croix du front des rois, du faîte des temples, et faisons-la passer du centre dû iiibiidéâ àës éitrMitÔi^Vi^jëtdtis^ kû déHBfs' ctt^^ un objet a'ëiêcratibilv d^Hdfï^ëui^, et S'inMiê; piiisl, éri présenté flë 'cette dfoii oUt\it'&, igftdblè, tttthèé du àang des Vils (ît^iiillnélà; jiWbbris Ife tilbhde ^âïéti^ ce inonde de la forèé, dé la ytMpië, dé rb^gtléH féi^èë; de là plà^ abrutissante cdl^fU|)^tie)îiv ^tiî sitjp^brlait'ùhTl'béré, Un Giâdie, un Néron, un Héliogabale, que dis-je? qui lias encensait, et en échange de cette brutale servitud<^.ne l^ur ^mandait que deux choses : du pain et des jeuat: Mettéfe-vous bien dans l'esprit que cet état du monde païen, dont nous a*briâ «l^ûvëhf Wffidè îé feeâiiflâfè, tfgfàtttâà ^àkkger
ÉTABLISSEHËl^T it CÔl^îsTIANISHB. 3^9
ë4 kccîdèfitel, inaîs méîi le résuif àt prôgréssiif et côrnihë l'^ébût ithivérsel de la misère Kùmàiné depuis rdrigihé des sbciélés. Reprësentez-voUs bien qiie les abominables hXcH dont 11 était lé ihêâtre n'étâieiil pds seulement inspirés Ipai* la perversité priinîtive, . mais enhardis paf réxeihpië officiel et public, atitori'gés par les lois, consacrée ^at les t-eliglons, naturalisés paf l'habitude; et (jiie, de queicjûe éôté qu'oii se Ibdrnât, oii y était plongé, ôîi y Vivait, oii y était rétenu {iar les i)féjugés de l'ë^plHt, ^at» les pëhchktità clii tcetit, ^ûv l'émpôrtémeiit tlefe sëtl^, phF la cf àînf e' déé Hdhirfaëfe et deà dieux, par rautprttê et comme par ié poids de^ d^fel
Àte lïidndé Venir iJraposer...(iUôi? de changer jjàHôiit runivëkles i^eligiotis établies; de renoticer soudain à ce
culte de Tidolâtrie consacré par la majesté des ancêtres, armé par la superstition, et surtout idehtîtié àVec Ifeà Vices de rame et les plus douces comme les plus violentes inclinalions de la nature; ce n'est pas'iÔÛt : âprâchér feés ViÇes ton plus gèilféftiyht tië (è\iH temi)le^ et dé lëûrâ autels éttérifetlK toaié dêi fiàbitudës dé là vie, du fôûd àë^ cœîlrs, dêf ëhltàîlleâ dé râmë; lëà rejeter, lëà abhôrréf,' ^btlrKè.cêV6it^ à llî placé dés Vertus rigide^, impitoyable^; dé^olànfëè, cfuélieTàla ntiiiifè, iiivigtiblëé, itibuïës : lîi chasteté, le pardon des, injures, Tampur de la pauVfët^, la pénilen'cé, iâ chîlHié, là marisuéfudë/i'llumllî^ i'abliégâtibii; è'ést-a-dîré, îé côIitrâi^é detoiltéë qui existait, ié rënvéf seiuéûl dé tôutéè les idées reéilës, Id fcôndatïitiaiion dil ÀmdB ëi de ^ôi-niSMé, Sailè èe Heii ^SèèrVéf, lias même le fàérité dU kacrifiôe ; ëî Ikt ëëk tibtlr fi^étrë heuf eux qiië tiîiatid on séH ïûorl. . . Et sur (}det ga gé 1 . . pât^cé ^ti'uti hotiiinë èi^Uclfîé â iëriiâafëmf a enseigne de là èbi^le; et que éfet'ltbMfne, diï-ëh, éW^^éèéii^citiltil-fiïémé 'et ésî
380 CHAPITAB Vt.
monté au ciel, où il est Dieu; non pas un Dieu, mais le seul et unique Dieu, pour lequel on doit abandonner tous les autres...; Dieu en cet état de crucifié, voulant être adoré avec sa croix et sur sa croix, et non-seulement adoré, mais suivi et imité, dans ce même état de souffrance et d'ignominie... par tout le monde. Aller ainsi, dis-je, proposer cette doctrine, la croix à la main, non pas à quelques adeptes dans quelque lieu secret, mais dans les rues et sur les places publiques, à Taréopage et au forum, parmi les statues des dieux et les saturnales de leur culte, à tout venant, de ville en ville, de l'orient à l'occident; faire tomber l'univers au pied de cette croix, la porter du Golgotha au Capitole, et l'imposer au monde comme le type souverain et absolu sur lequel tout doit venir se réformer :
Voilà l'entreprise,
IL Voici les moyens :
Douze Juifs, douze pécheurs d'un lac de Galilée, n'ayant rien, ne sachant rien, commandés par Pierre, le moins entreprenant d'entre eux, celui qu'un propos de servante avait déjà fait reculer : telle est l'armée du Christ, tels )ont les conquérants de Tunivers. — Leur consigne, la mici :
ce Jésus envoya ainsi ses DOUZE, après leur avoir donné ï les instructions suivantes : N'ayez point souci d'avoir K de Tor ou de l'argent dans votre bourse... ; ne préparez a ni sac pour le chemin, ni souliers, ni bâton... ; ne vous « mettez point en peine comment vous parlerez. Lorsqae <i quelqu'un ne voudra point vous recevoir, sortez de la « maison ou de la ville en secouant la poussière de vos « pieds... Je vous envoie comme des brebis au milieu des
ÊTABUSSBMBNT DO CHRISTTANISHE. â8l
« loups... Ils VOUS feront comparaître dans leurs assem* a blées, ils vous feront fouetter dans leurs synagogues, « et vous serez persécutés à cause de moi\ C'est ainsi que « vous rendrez témoignage au crucifié dans Jérusalem, Q dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extré- « mités de la terre. Allez donc de la sorte dans tout l'unî- « vers prêcher TÉvangile à toute créature, et assurez- « vous que moi qui m'en vais, et que vous ne verrez plus, « je suis néanmoins avec vous jusques à la fin du monde '. »
On croit rêver et être dupe d'un délire moqueur, lorsque, abstraction faite de la divinité de Jésus-Christ, de sa résurrection véritable et de son assistance surnaturelle, on assiste à ce complot ourdi ainsi par douze hommes de néant contre l'univers. On ne sait que renvoyer le plus loin, ou de la folie de l'entreprise, ou de l'extravagance des moyens. Et on admire ce parfait rebut de toute prudence humaine avec lequel l'Auteur du Christianisme a conçu d'atteindre à ce qu'il y eut jamais de plus gigantesque par ce qu'il y eut jamais de plus infime, et de refaire tout avec rien : c'est le choix de l'impossible; c'est-à-dire que c'est le jeu d'un fou , si ce n'est celui d'un Dieu : à l'événement de le décider.
l'en appelle sans crainte à toute raison assez libre de préjugés pour voir la chose en elle-même : n'est-ce pas ainsi que se présente l'entreprise de l'Établissement du Christianisme? et si l'issue nous en était inconnue, ne consentirions-nous pas à voir dans son succès le plus incroyable, et, prouvé qu'il fût, le plus décisif de tous les miracles?
1. Matthieu, ehap. x ; Lue, ehap. xi; Mare, chap. fl. 2t ier., ehap. i; Matlh., ehap. xxtiii, et pauim*
m. Or, ce miracle ^'est fait. Le succès le p|us rapide, iQR^s jiflmense, et le pla§ durable/ est yeha!tranclier hautement la question, et faire éclater la divinité du prîncipe dans le néant des moyens. Nos douze çôcheurs, après avQir accepté la charge d'aller clans touff univers prêcher rpvangile à toute çréat\tre^ se sont partagé le mpnde^ et, de Ipur vivant, ils j'ont conc[uis à Jèsus-Chf ist j ils ont ipqculé au genre humain la fpi chrétienne, jls ont glanlé la epiî: au cœur (Iji pagani^mp ; çt depuis lors le paganisme, frappé à morj, p'afaif que 3e (Jébaltre au pie^ de cefte croix^ prif^cipe d'ififq nou^eUe y|^^ çt (j[i;'aphpyer de mpurif en se débatlapt.
]l n'y a riep qui i)^ soit Jittérfilfi^Qqt vfai dans ce fait^ qj. plu^ qn Tex^paine dan3 ^Q? dét^fifs, plus je pro4i€e^ en a]jCTPi?ï^tfi • on ya le voir.
Après avoir reçu leur ipissîon , les Apôtres entrèrent dans une maison' dei Jérusalem, et « montèrent à une « chambre h^utq, où demeuraient Pierre, Jean, Jacques, « André, Philippe, Thon^as, Barthélémy, Matthieu, Jao « ques, fils d'Alphée, Sipaon appelé le Zélé, et Jude^ « frère de Jacques^ »
j Ils n'étaient que onze , par la défection de Judas, La première chose qu'ils firent, sur la proposition de Pierre, ce fut de nommer un remplaçant à ce traître, parmi ceux gui avaient été comme eux témoins de Jj^sus-Chrisl; et le sort toipba sur Malhias,
Ils persévéraient en prièfp^, attendant le signal et le secours qui leur avaient été promis.
Quand les jours de la Pentecôte furent accomplis, étant
t. Actes des A|»âtrfi«, m de4 Uvvf^ hs plm 9Uth^fiq^ (p« pnions de le redire) que nous ait laissés VÀntiquité,
tous eQSQixible dan? ]e méi^e Ij^u, il? reçurent le S^int- Esprif, sfJQfi iju'i} e^ raflpqrté au Ijvrp (le§ Açf^s; pui?, cpmi»p eniyré§ d^ cfi çq^flle inspirateur, il? desp eqjjirept daas l^ rue, et se mirent à comipeficpr la prédication de la crpij^, e( 4 tl'.e^drei (émpignage avec une (frandf force à la rési^rrecti^ de Notre-Sçigneur Jésus-Chri&(, Pierrq, le prpmjef ea toi^tes cjipses, parja d'abord, et sijf-le-cbaipp trois ipille hqmiflps se convertirent; peu après, secoqdp pr^dic£ftipn f^p pierre, et pinq mille hommes se cpr^ye^^ tissent : je voile avec inlentipn les ipiracles qu'jfs op^r raieia)t pn m^me tpinp^, puisque pous sommes copyppus (je ne p^ pn tenir compte, pour ne nous attacher qi^'a^ fait simple fie l'É^l^Ussemept dp phrjçtianisme. Ce qu'on ne pie pas, p'esf qpe la yiljp fje Jérusalem vit bientôt sp former ^ptpuf d'eu^ la pretpi^re çociété chréticnnp, et que cette sppiété devint r^^pidejflpm. pqifsid^rablp : toutf la mtil(it\^dfi de c^x qui ft;qu^ient ^'c^vaient q^^ï(l cç^ur §t
Ppprsuivi? p^F lep n^agi§trat§ de la vjllQ, gui ays^ienf déjJi f^itnjpurirlepr Maître, U§ ?ont eipprjspup^s, foiieW tés, XQpqapés de mort, ji^ur avioir rempl^ Jérumiem (Tun^ dççtfine gui cf^firgeait ce^ magUlraU du mngi de cet homme^i iQ^js çux sp rlen^ 4e cps c^timen^s et de ce^ menaces^ pt pQur^uivppUesr prédication.
— Ah çà! m^is cela ya bipnlôt ^njr ; jîn|r dans le ridiçj^\^ 0<l 4aRs le sang cpmme toutes les entreprises ^e^ prétendus messies de ce^te époque ; finir au moins commQ totttei^ le^ fortunes bumalpi^s qui, si bipn coQ)hinées et si heureuses qu'elles soient, n'ont qu'un temps plus ou
moins long. — A^ttendez.
Leur zèle et leurs succès, devenus bientôt à Félroit, débordent hors de Jéru^aleia ; et les vpili Qui gagnant la
384 CBAPItRE VI.
Samarie et passent ju$qu en Phénicie, à Chypre et à Antiocie, où les disciples de l'Évangile reçoivent pour la première fois le nom de Chrétiens. Partout où ils passent, ils fondent des Églises, et laissent des disciples qui gardent et propagent le dépôt de la foi. Etienne, l'un de ces derniers, resté à Jérusalem, rend témoignage à cette foi par sa mort; il est lapidé, et son sang, en rejaillissant sur l'un de ses bourreaux, en fait un grand Apôtre : Paul se convertit, et tourne à propager le Christianisme l'ardeur qu'il avait mise à le persécuter.
Mais nous n'avons vu que les préludes. Les Apôtres, avant de prendre un plus grand essor, se replient sur Jérusalem, et là, dans le premier de tous les Conciles, et au moment de se disperser pour toujours, ils formulent le symbole de leur foi. Cette charte des chrétiens, qui devait devenir la loi du monde, ne fut point écrite^. Après s'être ainsi revus une dernière fois, les douze^ qui jusqu'ici avaient marché en troupe, partent, chacun s'en allant de son côté , et prenant à lui seul une partie du monde à défricher des ronces de l'idolâtrie, à ensemencer de l'Évangile , et à arroser de son sang : Jean enseigna dans l'Asie Mineure, Philippe alla dans la haute Asie, André chez les Scythes, Thomas chez les Parthes et jusqu'aux Indes, où Barthélémy porta l'Évangile de saint Matthieu, le premier Évangile qui ait été écrit. Simon prêcha en Perse, Mathias en Ethiopie, Paul dans la Grèce, dans la Gaule et dans les Espagnes*.
Pierre ne se fixa d'abord nulle part; il allait vùiimi
1. Cest cette lettre de Jésus-Christ, dont nous avons été, dit saint Paul , les secrétaires, et qui est écrite, non avec de l'encre, mais avec V esprit du Dieu vivant; non sur des tables de pierre, mais eur des ^^l^» de chair qui sont les cœurs. (II Corinlh., cbap. III.)