‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 135 sur 168 · IV. ta · texte numérisé non relu

IV. ta

P^pp^s }ors Rome pp fut p}us maltresge: le Christiar n|^e4^àla 3uri|)9ntait; Tacite. no^s }e dît en de^ terme^ biep Brépie»x, p^rcp qu'il? font yoir en ipôine ten)ps, par l'exemple 4ô T^^cite luhiftômp, e^ l'éaonjijté des obstacles que le Christianisme avait à traverser jl^ns la politique de» entpe^-eurs pt la prf vei^fipn publique; pt néanmoii^f

« servante... Est-ce que la tyrannie de Clause et la férocité de Nét ron étaient moins à redouter? Mais votre ainour 84|r(>a8sait vo| « enlinMjs...; les miracle^ quq youp fLvje^ <>R^rf'^f 1^ grAce (|qol yoos « étjez comblé, et l'épreuve que vouç aviez faite de vos pouvoirs, au^ « mentaient votre confiance. Vous aviez déjà préehé les Juifs, fa^iii « l'Église d'Anlippl^e, ^ofplf d^ la pfédicafjon éyangéljque \^ Popf, If c Galatje, |a Gap{)adope, rAsie, et la Inlhynie ; et vou^ ne doutiei É plus du succès de votrb ouvrage, et du ^emps qui vous pistait pour « î'a<;epmpUr, Iqrsqp^ vous faisiez eptrer l'é(en||ar4 ^q ^ésiis-Ghri^l « sous les arcs de la cité romaine, où, selon les décrets de là P*rovi* a dence, vous attendaient et IMionneur de votre dignité et fa gloilt « de yçlre pmrtyrP* » ISer^tfO in Pftitufi t^fiosl^l. Peiri «( fi(\tiM')

L'auteur de la Némésh, Barthélémy, semble s*étre inspiré de ces lignes, lorsqu'il' termine ainsi son morceau sur les d^x Romos* '

On Bort ensoite, et i'air du ehamp tvanstévirfa

59t I^rp;e ^ respirer ; le «iel est pins serein, otre cœur est en tète; aux culoii Dés' voisines, J^ifps çppor «Ih (ei| des torc|ies élep^pe^, ' Aux monuments tombés, aux profanes jardins. On n'accorde en passanl que de caliBbS dédains } . .

Et lorsque le jour tombe et que V Angélus tinte, £t que le crêpe noir couvre la ville éteinte. On se recueille bien, de peur d'être. publiéttx; Pjjt 1^ tef ip^s au fr^nt, et i'oa ^it : En ces Uçui tint |in pêc|ieur obscur j" aux flots' dç ÇésaVéè '^ ' * Il laissa l'es débris de' sa' barque égaféèj * U Âiarcha bien longtemps Solitaire piétofn, La croix datas une main, et dans l'abtre.uA bitoo i L'Âge et la péniliBncf âVaicnt courbé sa ïailbe. ^ul, il déGa Romî, et ^ui livra bftiaiU/ç 1 . it fiettç {VQipe avfijt |in epipf reur puisçant, pui, 4ans ses 4oui: joibirs, jouait avec du sang: Kj des so|dats si forts, que," d'un seul" coup* de fance, A. l'univers mutin ils imposaient' sileucb". ' '" " ' Éh' bien ! c'onimé l'épi sous la main d'u'fauchcur, Touf Kome s^écronla quand parut ce péèheuvf Les dieux pvirent la fuite : uu ^vèqiue .sans g^lalv» Sfinatalla sur la plaee où Saw?-Fi»w» »l#lèye j *t ce fi>> ^^ iwysjpre ji donner def I^|ss()^,

ÉTABUSSEMëffT ëH b^MSTIANISHE. Wl

rinoinyablé i^mtfe de èâ ditrttèidh t ^ Nérôti; hii^H\ 6t « alors souffrir les plus cruelles tortures à tthë ë^t^èéë tf Q'himimes AB&b»»Êâi rdufi L^tmâ îNPÂiiitÈs » (tiousi tertins toal il Vhéurièi, pur le têffloighagb de PUnfe^ èfa quoi Consistaient ces Inffttniës), « et qu'on appelait vtilgài'- 4[ r«fflfctat Càiiêtiènsi Ce nom lèuf venait d'un noflitiié k CflRrsî; qui ^ sôus le règhé flé Tibère et par Tordre Ûh « prwhirBttr Ponée Pilâfe, avttit stiHl le dëmièi' siipplltîË. B Contenue un moment, ceIttè ë)cécmA»iê Su^fiRstlTtOK t -Mni^ail de nodtèâu ses digues tdinmè liù tohfent, tiôti- » èealement dati^ k Judée où elle atàit pris !$a sduft^e, xr mais jusque dans Roflie ttiênie^.. On en prit due « grande Bidltltude, qu'il be fiit pfti é\ aisé de bontàiiicrë « du crime d'incendie (pdUt- lequel 6n leà poiirsuivalt)

« que d'une oM»iA'rkEtÊ tiE HÀmÊ coNtiiE tÉ gb^mè ku-

^iiAïS. Dâfts leurs gupplicéé mêmes, îlâ fiii-ent Irâités

* wefe însulle. Ce^ su^plicëfe fe*eiécutaîent ddhs lëé jdr^ ^ dlos dfe Tcmperfedr pèndtttit qu'il dbhilïiît déè diteî^^ 4r tJésétnents au peuple, et que lul-mêUle vy mêlait èh <t liabit de cothef: Dé là naissait la eommîsêration pôur « des- hommes VÉAiiAfiLÈMBf^T doùPAetrië et èi&M^ ùë

k wtrt-fis feôttty DE ^(jp^ttdÉS; milis qdl feémBiaieÉîin^ éfbôm tu plaisir Inhumain d'un ^èUl, et abn S rulilité

* pteWlqùe*. îi ' . : .

feûéllè préveï^fiôfl, chêi ïlh Hi^oHeii cehàèdi* dé^

ëWttieé et dék tttteurS dëèdh épdqùé, bômnleTaèHel Qnh

1. Il parait en effet qu'auparavant, sous l'empereur Claude ^ et tHJntB-qilalt-ë kns Sëtilteméht dpr^ Jéëiis-CMftsl; teà Clirttiétîs, qii'oÀ confondait alors avec les Juifs, avaient déjà chagriné la puissance rô-

ti pas a prononce .

les Martyrs surent bien le lui apprendre. i. Annal., lib XY, o. 44.

388 CHAPITBE Yl.

devait donc être cette prévention chez le commun des autres hommes?

Et cependant il n'y a pas d'exemple d'une rapidité semblable à celle de la propagation du Christianisme. Le levain apostolique, si petit et si humble naguère, avait déjà pénétré toute la masse, et en sortait de tous côtés à la fois. Nos douze pécheurs, au commencement, perdus dans Jérusalem et confinés dans une chambre haute^ ne comptent plus déjà leurs conquêtes que par PBUFLEs, et écrivent des lettres aux nations : aux Galatei, aux Corinthiens^ aux Éphésiens^ aux Philippiens, aux Colossiens^ aux Thessaloniciens^ aux Hébreux^ aux Romains; la seule plume de Paul, plus rapide et plus affairée que celle de César, alimente la foi dans tout Tunivers^.

Pline, dans sa célèbre lettre à Trajan, vient encore faire ressortir ce prodige, en témoignant, comme Tacite, des obstacles que la politique et la prévention païennes opposaient au Christianisme > et de la rapidité avec laquelle celuiH^i les surmontait... « Je n'ai pas su décider, « dit-il en demandant des instructions à son maître, s'il « faut tenir compte de l'âge, ou confondre dans le même « châtiment l'enfant et l'homme fait; s'il faut pardonner «( au repentir, si c'est le nom seul,, fût-il pur de crime, « ou les crimes attachés au nom, que l'on punit. (Quelles « questions!) Voici toutefois la règle que j'ai suivie : J'ai « envoyé au supplice ceux qui ont persisté à se déclarer « chrétiens... (En attendant la réponse!) Au reste^ ceux « qui se rétractaient assuraient que leur faute ou leur

1 . Quod pervenit ad vos (écrivait-il aux Colossiens) verbum Dei sieut et in UNITERSO HONDO EST, et fructificat et crescit,,, quod prxdi' catum e$t in QMlViftSA CRSATQRA QUiB 8UB CCEM> EST, (Coloss,, I, 6 €t 23.)

ÉTABUSSBMBUT DU CHBISTIARISIIB. 389

« erreur n'avait jamais consisté qa'en ceci : lU s'Q$$em^ « blaient à iour marqué avant le lever du soleil; ils chan' « (aient tour à tour des vers à la louange du Christ^ comme c d*un Dieu; ils s*engageaient par serment, non à quelque « crime, mais à ne point commettre de voly de brigandage^ a d'adultère; à ne point manquer à leurs promesses j à ne « point nier un dépôt. Après cela^ ils avaient coutume de se tt séparer^ et se rassemblaient de nouveau pour manger des c mets communs et innocents. »

U faut conyenir que Tacite avait bien raison d'appeler cela une exécrable superstition^ d'abominables infamies, et que, pour une telle opiniâtreté de haine contre le genre Aumain^ de tels hommes étaient véritablement coupables^ et dignes de tous les supplices; supplices auxquels Pline faisait bien de les envoyer, en attendant les instructions de Trajan. Le genre humain de ce temps-là ne pouvait pas qualifier et juger autrement des gens qui lui étaient hostiles au point de professer toutes les vertus.

Témoin de ces vertus, et après avoir jugé nécessaire, pour découvrir la vérité et contrôler la déclaration de quelques apostats, de mettre des fidèles à la torture, Je n*airien /rotit;^, ajoute VYin^^qu une superstition ridicule et excessive. Néanmoins^ quand ils ont persistéy je les ai en^ V9yés au supplice. Car, de quelque nature que fût l'aveu qu'ils faisaient, fai pensé quon devait punir Au Monvs leur opiniâtreté et leur inflexible obstination.

Quoi ! Y opiniâtreté seule est digne de supplice? de quel-que nature que soit son objet? même Yopiniâtreté de Fin-nocence?... Jamais la force brute n'a poussé si loia le cynisme de l'apologie. Mais que parlons-nous de cynisme? Il n'y en avait point alors à cela ; et la preuve, c'est que celui qui parle ainsi est le plus doux des hommes, exécu-

ûih'l Ui mèrkMii tJlii^ feénèféùi dès j^i^èëéM i'Mpi Sèjail' l^crtvânt a tibëhe, ti'ëât PllAe â "W^jah. «'-Mh} I iitiétle prôfbiidé élégt-àdâtlbh éldit doôè teihïfA m^i-i! i HUMth; S'étrié M/VlUeillaiti, jpotir iiù'fah Ëdfafflè tet « ^uè Wine m-cdlidUirè kU g%H6é dés httittfcé^iia'iî « jùgèâîl innôfteMs, et qii'ilfl pMilcë tel qttc Trajàtt'iï)^ «prouvât cette bahèdflé, et éeriVît â Pliliè i Vhai làbei « ienUiàmàrèh quil fàMttehmi S' • ' - -.

Qu'on juge par là de rop1)tigttî6iï ^hè îë ChW§ttàttîéftiè déVâll i-ê'nè6hlhfef, je flè àife itàS Sëtilëiftèrff iïâiiir 'è^fee fc'rCë dVëtfglé qiiî iiUttêrtsail tôtîtë i'ësiélâftcë,"a/#îi^é nà7«r^ iltt'éliè fdt, îûàiS dâriS l'O^îttltiri, diaâk léir ïBoeîïi» doiltëllè était l'ëiipfëS^ioa, fet feil 'pâi'Hfetmër tl'dhèiarjrt*! vëhtiôii ihôhstoeusé doiit tktè Rèl^glbii 6toni*bb)M«lè là part des iiiëiliêtiY-5 éStJHtâ! edmiiiéiit ôàfts liït tt!ilèé St âhticlirêliéh, qd'lffl Pllhefit un tâcitéâë -«'àyàifeniaéilé lés vertus èvàligëlliiiiegqiië yi'àim{AbtMeàfàfà^éi;i^*m opiniâtreté de hdi fié contre tè peAH htithàiit', yêt^Hhi^iii digne àei6\ts U siippUbê, le Cht-KtiâftlMè '*-*-«■ p+fesfjlbéh' m IttàtàhH Cônitnéiît à-till jlti ^ dé^gëi^, fe&ffii. tatôK Se pfotSàèef àtëb utlë râi^iâfté îèlleqbè^JëliS-!-¥teïl attesté tâcitë, et (Jttè m dehiiêrtsi ^âtfelè'S -ffé- » IfetM de Plirfé vlëntiënt të ëdttâHnei^ ; -■

iii'&Mféû'à Jràfd digâé dé rélR^Éioîl; ««ttôtft pétiS

^'CouTsde littérature', l: H, {j. <8'1 tk ^'tifÈd&èàH^^.m qtté Trajâri, en apprtmt^t ^nMfc jwroiét Iw^él^pM^^tt» ^ 8tpoHee;.dit cependant çu. i7 «« /mirpa, /a,>6 de recherches contre enît, ïïuelfelîo^ tradiction pitôyaWé^ d qlié fd tiodè^f Wéké fe ïi^Jan »ètBtfeilldl dâtïs tout irtn loilf rio^oss'y^im^ trti éki^it. ij» pj^»^iw<> Û'étrt iiiste. «or

ÉTABLISSrânBlIT H^' URISTIANISHE. - ^1

.. €f.noi8tre'^dc)ï.'fersoBnes que toeftaée \e 'sbSm inhgev.

« ft)w/ sexe, sont et serottt bhaqtie jbtit* JBapUquéii dans

-;^ t^etid adeusatibU) La i^bnt.igloû de cëUé sUperàtitidk n'a

~ \î pm^&iitimiii irifmé }ès tilleâ, éllë a ^bgné tè^ Vll-

€ li^f»: et lès cdtutiagîied. Je èrdii^ (Idurt^iit qtië rbd y

€ pétti reHiMiélr,. êl que le tfiàl |fêtit êfrë'drrëté... Ce

" ft 4tf il 7 « de ceriaiû^ o'eàt que leà Démple^, pi ^fthiênt

viprca^ùB d^ucHw, solït frei}Ueiitési ; ek qtië les sacrifices,

-IL lôhgtem!^ hégltgés, recbffitaëticeiit. Ôh vend partd'ul

a des victiinéèi t}ttl frmmitîni à^pàt^àbtmi p^ (tàchetéuh.

^ lïftjà Qil peut Juger combien de gens peiiVent éirè ra-

« tk^és de lèut égarement , Si Toii fticiliie te fepentif^ »

- L'uniVèrs lirétien a depuis lotlgtettips d^niérilî Ifes eV

fiérannîes ^e Pline^ dit Mj de GhatéatibHand; îndis qtiéls

rapMeà ^l étonnants progrès! une muUitudè dé geiîs de

t&ute éùiféiliotif les temples abandonnéis! bft ilë trOute

déjà plus à vendre les victimes! Et rÉvangéMstë èaiftt

Jeikit Teaait à.peifaè de mbùrir.

. Quant .à cet épbémère 6u:ecë6 stir lequel Pllïlé foiid^ft

SA jQdnfiBBise d!arrôter le Ohrlstfaiiiiïné^ 11 hofis rïppëltë

4^etlé pânséé d^ Pascal sur la Nature : << La Nature; ^) dît

ce grand génie, avec cet iurimitable style qui imite si bien

Xqva les: moHVflmente de la vérité; « la Natui^ë à^it pdt-

« progrès. : ttus et reditïts, Elle passé ei teviént^ puis va

.« plus lûin, puis deux fois moini; puis plus qufe jâ-

i( îBàtâ, étb....Le flux dé lèî lier se fàitainsi; le soieii sem*

«. ble xuarcher ainsi ^ ]» Ainsi marchait le Ghrï^tiànisnie;

1. Lettres de Pline, traditelUm deSàc}^^ ItV; X, xâvi. LàrëtJtinSQ de ■Tr9|ail-.v^o((«près». . ..;..•..•.--■

V .^A./.(ClQta.|wl.sM, DouféUéntont édîtée, né èfè Iroùve '^tié d^ànk 1^'édï- ÙoQ Faugère (la seule édition désormais adb^i(é)l)iédë t>tt^bnij; t. ï; p. 302. EHe est accompagnée d'un fac-similé] O^lii v^ain été Pascal a

399 CHAHTRB TI*

Julien TApoêtat, dans ses sarcasmes impks, lusse tomber des aveux et des révélations sur cette marche invincible, qu'il ne faut pas négliger.

Il commence par dire que « Jésus et Paul n^ont pu pié- « voir les chimères que se formeraient un jour les Gaii- « léens; ils ne pouvaient deviner le degré de paissance « où ceux-ci parviendraient un jour ^. Tromper quelques « servantes, quelques esclaves ignorants, Paul' et Jésus « n'avaient pas d'autre prétention. Peut^n citer, sous a le règne de Tibère et de Claude, des chrétiens distin- «c gués par leur naissance ou leur mérite?... »

« Ni Paul, ni Matthieu, ni Luc, ni Marc, n'ont osé dire « que Jésus fût un Dieu'; mais quand dam la Grèce et a dans l'Italie un grand nombre de personnes Veurent re- « connu povr tel^ qu'elles eurent commencé à honorer rx& « tombeaux de Pierre bt ae Paui*, alors Jean déclara que « le Verbe s'était fait chair, et qu'il avait habité parmi « nous\»

Ainsi, sous Tibère et sous Claude, à la naissance même de l'ère chrétienne, le Christianisme comptait à peine pour néophytes quelques servantes et quelques esclaves, et voici qxjL immédiatement après^ du vivant même de tApà-

imité, par une ligne en zigzag, le mouTement de la m&t et do soleil déjà 8i bien peint par la marche de son style.

1. Itê ne pouvaient le deviner, j'en conviens: donc, s'ils l'ont de?i- Dé, ils ont fait ce que l'homme ne pouvait pas faire : or, toute pvtr« êance m a été donnée au ciel et sur la terre, avait dit Jésus-Christ à ses Apôtres ; allez donc, en mon nom, dans toot l'onivers, prêcher l Evangile a toute créatore, et comptez que je tuis avec voue tous les

jours JUSQU'A LA FIN DU MONDE. (Matth., ch. XXXVIil ; MaTC, Ch. XTI.)

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