Luc, XII, ▼. 63 à
2. Matlh., XXVI, V. 63, 6T. — Ce n'est pas âettlement flans .sa Pjission que la déclaration de sa divinité attire à Jésus-Christ là fureur des Jttift, mais aussi pendant sa vie ; voyei notamment ce passage re-
60 CHAPITRE It.
Si Jésus-Christ n'est pas Dieu, le grand prêtre avait raison de le traiter comme un blasphémateur. Jésus- Christ même ne réclame pas contre ce traitement ; il le souffre comme un effet de Taveuglement des Juifs, qui ne yeylent pas voir en lui un Dieu. Sa seule défense a été de dire qu'il Tétait réellement : on ne Ta pas cru : dès lors il va sans dire qu'il ne doit plus être considéré que comme un vil blasphémateur, et tout le reste en est la conséquence.
Or, cette situation de Jésus-Christ devant le grand prêtre est encore et sera toujours la seule qu'il puisse avoir devant la raison ; et l'incrédulité de tous les temps, mise en demeure de se prononcer sur sa personne, devra conclure comme les Juifs.
Cette opinion, qui, sans reconnaître en Jésus-Christ un Dieu, voudrait s'arrêter à voir en lui un sage, est toute récente. Nous en chercherons dans un instant la source. Quant à présent, il nous suffit de constater qu'elle est hautement confondue par Vunanimité des jugements anciens sur Jésus-Christ, amis et ennemis.
Ainsi nulle part, dans les témoignages contemporains de Jésus-Christ, nous ne trouvons la trace d'un semblable jugement.
marquable : c Comme Jésas-Ghrist se promenait soub le portique de
a Salomon , les Juifs rentourèrent, lui disant : — Jusqu^à quand
« tiendrez-vous notre esprit en suspens? Si vous êtes le Christ, dites-
« le-nous ouvertement. — Jésus leur répondit : — Je vous parle, et
c vous ne me croyez point. — Les œuvres que Je fais au nom de mon
« Père rendent témoignage de moi. Moi et mon Père nous ne sommet
« qu'un. — Alors les Juifs prirent des pierres pour le lapider. — Jé-
c sus leur dit : — Pour laquelle de mes œuvres me lapidez-vous? —
« Ce n^est pour aucune de vos œuvres que nous vous lapidons, mais
« à cause de votre blasphème, et parce qu^ÉTANT homme, vous tous
t FAITES DIEU. » (Jean, x.)
LA PERSONNE DE JÊSUS-GHHIST. 61
Les parents de Jésus-Christ s'imaginent qa*il a perdu l'esprit, et qu'il extravague*.
Les Juifs veulent, dans la suite, le faire passer pour un imposteur.
Les Apôtres disent qu'il est le Fils de Dieu, et Dieu même.
C'est à ces trois jugements que se réduit tout ce qu'on a dit de lui, et on n'en peut pas supposer un quatrième.
Cette remarque est de d'AguesseauS et il ajoute : « Les « deux premiers sont évidemment faux : donc le troi- « sième est véritable. »
Dans la suite, et pendant les premiers siècles du Christianisme, le monde se partagea en deux jugements sur Jésus-Christ : l'un, qu'il était Dieu; l'autre, qu'il était un imposteur. C'est ce caractère que virent en lui tous ceux qui nièrent sa divinité, comme il paraît parles écrits non-seulement des Juifs, mais des philosophes païens eux-mêmes, tels que Celse, Porphyre, Julien, etc.
Nulle part, dans les jugements rapprochés du temps de Jésus-Christ, nous ne voyons celui que nous discutons en ce moment, qu'on l'ait considéré comme un sage. Il y a même cela de remarquable, que des païens, ne pouvant se défendre de l'impression que faisait sur eux sa divinité, et cependant ne voulant pas rendre à cette divinité l'hommage véritable qui lui convenait en se faisant tout à fait chrétiens, le rangèrent parmi leurs dieux^ : tant