‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 72 sur 168 · Orig. con$. Celse^ liv. I, n · texte numérisé non relu

Orig. con$. Celse^ liv. I, n

part et d'autre à Celui qui doit être enfanté^ sont trop synonymes pour que ce ne soit pas au même sujet qu'elles s'adressent : Y Enfant-Dieu. On achèvera d'en être convaincu, lorsqu'on saura (ce qui a été généralement remarqué) que Michée marche sur les traces d'Isaïe jusqu'à le répéter mot à mot, comme on le voit dans tout le chapitre qui précède la prophétie que nous examinons. Cette prophétie regarde le Messie ; le Talmud lui- même a été forcé d'en convenir ^ Donc il en est de même de la prophétie d'Isaïe, dont elle n'est qu'une reproduction assortie de quelques nouveaux traits. Il faut dire même que cette tournure allusive de la prophétie de Michée, Jusqu'à ce que Celle qui doit enfanter ait enfanté^ imprime à Tévénement un caractère solennel qui ajoute .encore à l'idée du prodige résultant déjà de la prophétie d'Isaïe.

n n'est pas aussi sans intérêt de remarquer ce qu'il y a d'heureux et de frappant dans ce rapprochement de la désignation de la petite ville de Bethléem^ et de V Enfantement miraculeux qui doit y faire naître le Dominateur dont la génération est dès le commencement et dès F éternité.

Enfin, pour qu'il soit impossible de se méprendre, la prophétie se termine en peignant d'une manière sublime l'égarement des Gentils (si bien appelés le reste de ses frères) jusqu'à l'avènement du Messie, — leur conversion aux vrais enfants d'Israël, noyau de la foi nouvelle, — la majestueuse puissance de ce règne du Dominateur qui s'étendra jusqu'aux extrémités de la terre, — sa gloire et notre paix, et erit iste pax : dernier trait qui vient encore heureusement planer au-dessus des images de Be^ thléem^ de Vierge et A' Enfant-Dieu, comme le prélude de

1, Traité ianhédrin, fol, 98, verso.

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ces chants célestes qui devaient s'y faire entendre 2 Glariû in altitiimiê ûeOf et ih terra fax hommibm bmœ voluttiatii. (Lnc, chap. n, t. 14.)

IX. Ce tableau de la œnvertion de$ Gentils^ de la des* traction du paganisme, et du retour à Tadoration dn ?rai Dieu par toutes les nations, fait le fond et comme Tborizon de toutes les prophéties. A ce trait commun à toutes, on peut les reconnaître aisément. C'est la grande fin où elles Tiennent aboutir et se confondre, quel que soit le trait particulier qui les distingue. Un autre tableau corrélatif à celui de la conversion des Gentils, et qui en est comme le revers, est celui de la réprobatiùn des Juifs infidèles et aveugles à la lumière qui sort de leur nation. Cette lumière, qui éclaire les uns et qui aveugle les autres, est toujours personnifiée dans le même sujet : c'est le Messie, le Sauveur, dont nous avons tant de fois parlé.

Je ne saurais assez vous engager à méditer sur tout ce qu'il y avait d'invraisemblable, d'inimaginable dans cette double révolution ; ce qu'il y avait de contradictoire même avec l'état du monde ancien et du peuple Juif en particulier, par rapport aux autres peuples. Qu'à un temps donné tous ces peuples si égarés, si perdus, si divisés depuis quarante siècles dans les voies de ridolâtrie, soient rappelés, rassemblés, faits un dans la sublime sainteté d'une seule Loi divine, et que le peuple, porteur lui-même de la promesse de cette Loi, le peuple qui seul avait échappé à l'idolâtrie dans les temps anciens, soit précisément le seul rejeté en dehors de cette bénédiction universelle partie de son sein : voilà qui renverse toutes les idées, et que l'habitude seule de l'événement nous empêche d'admirer. Il n'y a qu'un insensé qui puisse contester le fait

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en lui-même, 11 n*y a qu'un sophiste qui puisse essayer de l'expliquer par des voies naturelles. ; Or^ Yoilà ce qui est prédit bien longtemps avant l'événement, et du sein d'un état de choses diamétralement opposé, alors que toute la terre était idolâtre^ et que le peuple juif était peuple de Dieu; prédit non pas une fois, mais cent fois, non pas vaguement çà et là, mais de la manière la plus expresse et la plus suivie.

En voici de nouveaux exemples, de nature à faire une vive impression. Il suffira de les citer tout au long, sans rapprochement et sans commentaire.

— « Vision prophétique d'Isaïe :

a Dans les derniers temps la maison du Seigneur sera 0 élevée sur les collines, et afflueront à elle toutes les na^ « fions. Et la multitude des peuples iront à elle, et diront : « Venez, et montons à la montagne du Seigneur et à la a maison du Dieu de Jacob; et il nous enseignera ses « voies et nous marcherons dans ses sentiers, parce que a la loi sortira de slon, et la parole du seigneur db 0 Jérusalem.

« Les yeux al tiers de l'homme seront humiliés; la hau- « teur des grands sera abaissée, le Seigneur seul paraîtra « grand en ce jour-là; — l'idolâtrie sera entièrement « détruite : idola penitus conterentur. » (Isaïe, chap. ii, V. 1, 2, 3, 17, 18.) — « Depuis le lever du soleil jusqu'à « son couchant, mon Nom sera grand parmi les nations; « et en tout lieu on me sacrifiera, et l'on offrira en mon « nom une Hostie pure. » (Malach., chap. i, v. 11.)

— « Le Seigneur me parla encore, et me dit : Assema blez-vous, peuples; peuples éloignés, peuples de toute la « terre, écoutez. Ne dites point: Faisons une conjuration « tous ensemble; mais rendez gloire à la sainteté du

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(c Seigneur des armées : qu'il soit Lui-même votre crainte « et votre terreur, et il deviendra votre sanctification. — a Mais il sera une pierre d'achoppement, une pierre de a scandale pour les deux maisons d'Israël; un piège et

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