PROLOGUE
Dans les niëcles de foi il était trop tôt, et ce n'eût peutêtre pas été sans danger qn*on eût fait nn appel prématnré à Texamen philosophique des dbgmes qti*on connaissait déjà par Tinstruction traditionnelle, et surtout par la ' fréquëhtation. Dans lé siècle d'iûcrédtllitë qui succéda toiit â cbùp avec violence, il était trop tard ; et la fureur des préjugés philosophiques ne visant qu'à détruire tout, et cju'à sfe jouer avec une légèreté sacrilège des vérités divines, ce qu'on avait de mieux à faire c'était de fermef celles-ci dslns le sanctuaire, et de les défendre au dehors. Aujourd'hui seulement qu'une réaction religieuse est venue mettre, si ce n'est de la foi, au moins de la bonne fol, dans les esprits; qu'on veut croire, si on ne croit pas; qu'enfin à toute l'ignorance des temps naïfs on joint toute l'exigence philosophique des temps avancés; aujourd'hui, dls-jé; fcëtte étude intrinsèque est devenue possible, et lès preuves extrinsèques oîès lors ëii i*eçdiveàt ilhé force Mtitè nbuvelle.
GëllëS-ëi suffisent, il est vrai; à la démonstration dé cette vérité que Dieu a parlé, par l'autorité des faits surnaturels dont se trouve accompagnée sa parole; mais, quelque concluante que soit cette preuve, elle ne peut , produire tout son effet tant qu'il reste dans les esprits ; quelque chose de ce préjugé, que la doètrîiïè chrétienne, olrjet de cette divine parole, répugàe' à la raison. Faire vàir ^e cèhte doctrine ne réptigàe pas â la raiàoh , c'est donc ôter FoWtàcle qui troublait la vue libre des preuves extriflsèqtïès ; c'est préparer à lès croire. Montrer d'abord que lë Christianisme n'est paà absurde, qu'il est raisonnable , qu'il brille môme d'une vraisemblance tôûtè divine, c'est inettre Sur le chemin dé croire qrxHi est réellement divin, et prédisposer atii ^reuv^s souveraines de
ce dernier point. C*est ce que nous avons fait dans la seconde partie de nos Etudes^ qui forme ainsi la préparation évangélique^^diV rapport à la dernière partie, qui en sera la démonstration.
Toute mystérieuse qu'elle reste dans son fond, la Doctrine chrétienne soutient elle-même sa divinité aux yeux de la raison ; nous l'avons vu dans le long travail que nous avons fait sur elle. Au sortir de ce travail , et tout pénétrés encore de l'admiration qu'il a soulevée en nous, comment répugnerions-nous à admettre la preuve que cette doctrine vient réellement du Ciel?
Cela doit être : tel est le résultat de ce qui précède. Cela est : tel sera le résultat de ce qui suit.
Nous avons déjà préparé ce résultat dans la partie préliminaire, par nos Études sur timpiratiùn de Mohe^ — la nature humaine^ — l'institution des sacrifices^ — l'attente universelle du Libérateur ^ — les circonstances de la venue et du règne de Jésus^-Christ. — Et ces Études préliminaires toutes seules ont pu nous autoriser à conclure dès lors la divinité du Christianisme.
Maintenant, — et après nous être dépouillé de toute fausse et étroite prévention contre le Christianisme en rétudiant dans sa substance, — nous allons revenir à cet ordre de preuves par les faits que nous avons touchés en commençant. Seulement, au lieu que, dans la première partie, c'étaient des faits préliminaires, universels et généraux, ce seront des faits immédiats, particuliers et spéciaux.
L'étude intrinsèque du Christianisme, qui, dans notre intention, a dû être la partie principale et comme l'âme