‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 9 sur 168 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

de l'ouvrage, se trouvera ainsi enveloppée comme dans un corps de preuves sensibles. Cette àme et ce corps réagiront réciproquement l'un sur l'autre, de manière à satisfaire à la fois toutes les exigences de notre esprit, à le saisir de partout, et ne lui laisser aucun motif sérieux de résistance à une vérité aussi largement , aussi diversement, aussi complètement établie.

La partie de cette vaste démonstration qui nous reste à présenter est la moins neuve; elle a été si souvent et si avantageusement traitée, que nous aurions pu renvoyer nos lecteurs aux excellents ouvrages d'Abbadie, de Houteville, de Duguet, de Bergier, de M. Frayssinous, et de M. Duvoisin. Mais nous avons jugé devoir la traiter nousméme de nouveau, pour la raccorder avec Tensemble de nos Études et avec les dispositions actuelles des esprits, moins contentieux et plus accessibles à des raisons de sens commun et d'évidence naturelle. Nous n'aurons pas besoin, dès lors, de nous enfoncer trop avant dans les critiques et les arguments de détail ; il nous suffira de présenter le sommaire de chaque chose : le reste suivra de soi , et pourra d'ailleurs se trouver dans les savantes apologies que nous avons indiquées.

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CHAPITHE II

LA PERSONNE DB JÉSU8-0HRIST.

i, « Du point de vue môme de la philosophie, le Chris- « tianisme n'est pas une pure conception de Tintellic( gence, il est autre chose encore, il estnin fait ^ et le a plm grand de tous; et ce fait a pour centre là personne « du Christ^ le Christ^ tel que t Evangile nous Fa repré^ « senté^, »

C'est à ce fait positif qu'unejgrande intelligence, lassée de ses écarts dans les régions du doute, venait se reprendre, pour retourner à la vérité et à son repos.

Qu'on dogmatise ou qu'on philosophe tant qu'on voudra; après tout, voici un fait dont il serait absurde de nier l'existence, dont il serait ridicule de dissimuler l'in^ mensité ; un fait sur lequel il faut forcément se faire une opinion et prendre un parti.

Sur cette terre qui nous porte, parmi tous les hommes qui y ont passé, qui y ont laissé leurs traces, il en est Un qui a paru, qui a parlé, qui a agi; qui a été vu, entendu, touché : le lieu, l'époque, la durée de son existence, les f faits principaux qui la distinguent, tout cela est certain, précis, positif, comme le fait que nous avons actuelle- ^ ment sous les yeux. Douter de l'existence et des principaux faits de Socrate serait folie; eh bien! les faits d&

1. ScheUing, DUcouri d^oiwerture; BerUn. ^ Revue indépendante^ l«mai 1842.

LA PERSONNE DB lisUS-CHBIST. $7

Soerate, dont personne ne doute y sont moin^ attestés q^e ceux lie Jèsus-Christ*.

Socrate, Alexandre, César, Gharlemagne , etc., tpi^s ceux enfin dont l'existence est le mieux attestée par Taction qu'ils ont imprimée au monde, tous ces grands hommes sont tombés dans le domaine de l'histoire depuis longtemps ; après tout , ils ont vécu leur vie, ils oift cédé la scène des événements à d'autres qui l'ont cédée à leur tour, et c'est beaucoup si un ami ou un disciple fidèle s'est ii^quiété d'eux pendant une seule génération. La haine même n'a pas eu de prise sur leur mémoire, et la froide postérité a consacré le néant absolu où est tombée leur existence sur cette terre, par l'impartialité même de ses jugements. Ne remontons pas si haut : les hommes mêmes que nous avons vus, et parmi eux il en est up bien propre à servir de sujet à cette réfle:^ion, et qui ^ l'était appliquée à lui-môme* : Napoléon! (ji]^el bruit n'at-il pas fait? quels espaces n'a-t-il pa? remplis? quels événements que ceux dont il a été l'acteur? Jamais existence fut-elle plus vaste, plus agitée, plus gigantesque? Nous l'avons vu : eh bien ! combien d'entre noiis pefiyen^ maintenant dire de lui :

fe n'ai fait que passer, il n'était déjà plusl

La personne de Jésus-Christ a pour elle une bien autre certitude, une bien antre destinée: une certitude et une destinée uniques entre toutes. Depuis dix-huit cents ans qu'il a paru sur cette terre, on peut dire qu'il n'a pas encore disparu; il occupe encore la scène; il est toujours

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