‹ Études philosophiques sur le christianismeChapitre 88 sur 168 · Matth., chap. xxti. — Marc, chap. xiv. — Luc, chap, vu · texte numérisé non relu

Matth., chap. xxti. — Marc, chap. xiv. — Luc, chap, vu

280 CHAPITRE lY.

Cet événement s'est déployé depuis lors; et dans toat le monde, avec la publication de TÉvangile, a été préconisée la conduite de Madeleine, comme le plus bel exemple et le plus encourageant motif de la pénitence sanctifiée par l'amour.

Cet accomplissement de la prophétie de Jésus-Christ est venu jusqu'à nous, hommes du dix-neuvième siècle, et il semble môme que c'est nous qui devions particulièrement en être les témoins; et dans quelles circonstances glorieuses à la Religion de Jésus-Christ!

Dans un siècle appelé des lumières^ tous les esprits, tous les cœurs, tous les bras, se liguent contre cette Religion, et du faîte de sa gloire elle est précipitée dans le sang et les ténèbres de son berceau : un homme sort de cette révolution, et s'en empare; s'il parait relever la Religion, c'est pour la subordonner à sa puissance et en faire le marche-pied de sa vaste ambition : nouvel Alexandre, toute la terre se tait bientôt devant lui ; il fait de la capitale de notre patrie celle du monde civilisé; et dans cette capitale, pendant qu'il amasse la gloire au dehors, il lui fait un temple au dedans. Ce temple magnifique s'élève avec cette gloire : un jour vient où tous deux sont à leur comble, et vraiment dignes l'un de l'autre... Mais, ce môme jour. Dieu souffle : la gloire du grand Napoléon s'évanouit, et le temple passe à l'humble Madeleine. Le fronton la représente dans la circonstance et dans l'attitude où elle était lorsque Jésus-Christ fit sur elle cette prophétie : En vérité je vous le dis , partout où sera PRÊCHÉ l'Évangile, c'est-a-dire, dans le monde entier, ON publiera a la gloire de cette femme ce qu'elle vient de faire en ce moment.

LES PROPHÉTISS. 281

Quelque désir que nous ayons d'abréger, nous ne pouvons passer celte autre prophétie que fit Jésus-Christ sur Jérusalem et sur le temple :

« Jésus-Christ étant un jour près du temple, quelques- « uns lui firent remarquer la beauté de sa construction; ff il leur répondit : // viendra un temps ou ce que vous voyez « ici sera tellement détruit^ qu'il n'y demeurera pas (c PIERRE SUR PIERRE. Alors ses discîplcs lui demandèrent: « Maître, quand cela arrivera-t-il?... Je vous dis en vé- « rite que cette génération ne passera point que ces choses ne « soient accomplies, . . Mais avant ces choses ils se saisiront de « vous et vous persécuteront^ vous traînant dans les synago- « gués et dans les prisons ^ et vous amenant par force devant « les gouverneurs et devant les rois, à cause de mon nom y et « pour que vous rendiez témoignage à la vérité,.. Lorsque « vous verrez une armée environner Jérusalem, sachez « que sa désolation est proche. Ce seront alors les jours a de la vengeance, afin que tout ce qui est dans l* Écriture u soit accompli. Malheur à celles qui seront grosses ou « nourrices en ces jours-là! car ce pays sera accablé de « maux, et la colère du ciel tombera sur ce peuple. Ils « passeront par le fil de Tépée ; ils seront amenés captifs « dans toutes les nations; et Jérusalem sera foulée aux « pieds par les Gentils'. Jérusalem! Jérusalem! si tu re- « connaissais du moins en ce jour la ressource qui te « reste pour t'assurer la paix ! mais maintenant tout cela « est caché à tes yeux. Aussi viendra-t-il un temps où « tes ennemis t^ environneront de tranchées et te serreront « de toutes parts; ils te renverseront toi et tes enfants, et « ils ne te laisseront pas pierre sur pierre, parce que tu

!• Luc, chap. xix. — Matth., chap. xxiy, -^ Mare, chap. xiii.

28S CBAPITIB I?.

tt n'as pas connu le temps auquel tQ. a$ étj^ ¥i$îté•^»

Qu'avons-nous besoin de faire resçprtir Taccori littéral de cette prophétie avec Tévénement? Déjà Isaï^, puis Daniel, avaient fait )a même prophétie ; mais Jésus-Christ 80 Tapproprie en rattachant réyépement à sa personpe, et en précisant le temps et les circonstance^ dp ce mémorable événement.

Mais ce que nous deyons rappeler ici, ce ^opt 1(3$ pffprts que fit Tempereur Juliei^, trois cents ans après, popr f^ir^ ijaentir la prophétie 4e Jésus-Christ sur le t^niple, ist le prodige qui les fit avorter.

L'intention de Julien est ainsi expriinée par Gibbon^ dont la plume hostile au Christianisme grince sous Tempire de la vérité, et, forcée de la retracer, jette aulonr d'elle, dans les notes qui accompagnent le texte, les éclats de son dénigrement et de sa malice : « Les chrétiens, « dit-il, étant fermement convaincus qu'un arrêt de des- « traction avait à jamais frappé tout Tédifice de Dioise, ce Julien voulait tirer du succès de son entreprise un ar- « gument spécieux contre la foi due aux prophéties et i u la vérité delà révélation^ »

Les efforts de Julien et le concours des Jpifs pour les faire triompher sont encore exposés de la manière suivante par Gibbon : a Au signal donné par leur puissant libéra- « teur, les Juifs accoururent de toutes les provinces de « Tempire sur la montagne sainte, et leur triomphe inso- « lent alarma et irrita les chrétiens qui se trouvaient i « Jérusalem. Le désir de reconstruire le temple a toujours « été, depuis sa destruction, la passion dominante des « enfants dlsraël. Dans ce fortuné moment, les hommes

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