Lettres de la Montagne, t. XIII, p
conclusion si bien jastifiée par Rousseau et par tous les bons raisonneurs de son siècle!!! Oui, certes, il y a une distinction entre le peuple et les raisonneurs aux yeux de Dieu et dans Teffet de sa révélation; mais la voici : « Je ce vous rends grâce, ô mon Père, Seigneur du ciel et de « la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sa- « vants et aux entendus^ et de ce que vous les avez révélées « aux petits! Oui, Père, je vous en rends grâce, parce « qu'il vous a plu ainsi^. »
Mais voici le plus fort. Vous croyez au moins, par ce qui précède, que Rousseau reconnaît la vérité des miracles, ne serait-ce qu'en vue du peuple. Puis, vous vous demandez comment ces miracles que la Bonté divine^ se prêtant aux faiblesses du vulgaire^ a bien voulu lui donner comme des preuves qui fassent pour lui^ ne font pas également pour les bons raisonneurs^ et comment, vrais pour les uns, ils sont équivoques pour les autres. Voici le mot de Ténigme : — « Pourvu que le caractère des miracles, a dit-il, frappe ceux auxquels il est destiné, qu'importe « quHlsoit apparent ou réel? c'est une distinction qu'iLS (le « vulgaire) sont hors d'état de faire. — Et c'est ce qui « rend ce caractère de la Révélation équivoque pour les gens (( instruits et qui savent raisonner*. »
0 digne défenseur de la majesté divine, qui trouve contraire à cette majesté que Dieu fasse de vrais miracles, et qui lui en fait faire de simulés et de trompeurs, et encore avec tant de grossièreté que les gens instruits s'en aperçoivent! ! ! Ainsi (et il développe plus loin cette extravagante idée) voici la Divinité, devant opérer des miracles en preuve de sa Révélation, qui donne » au lieu de