‹ Etudes politiques (volume 2)Chapitre 8 sur 53 · I«. PRÉSIDENCE DU CONSEIL · texte numérisé non relu

I«. PRÉSIDENCE DU CONSEIL

ATTF! 1 BUTIONS.

Contrôler c’est touL diriger ? surveiller c’est tout prévoir. Dans l’ordre de mes idées , la présidence du conseil a donc pour attributions exclusives toutes celles dont Fefïet doit être l’établissement et le maintien de Funité, la centralisation du contrôle et Inorganisation de la surveillance:

Les rapports que j’établis entre la présidence du conseil et les deux départehens des finances et des services publïcs sont tels , qu’il ne saurait se commettre aucun écart , aucune négligence, aucun abus grave, à Finsu du chef du cabinet. Tout l’instruit, rien ne Pabsorbe*

Il préside le conseii-cFétat lorsque des lois importantes sont soumises à ses délibérations, et se prépare ainsi à leur discussion parlementaire.

Il préside également les conseils supérieurs de l’agriculture, de l’industrie et du commerce; car leurs plaintes, s’ils lui en adressent de fondées, Faident à contrôler les diverses directions générales qui en auraient fourni le sujet, à rectifier en conséquence, et à perfectionner incessamment tous les services publics* Dès lors plus d’antagonisme entre ia société et le pouvoir; les intérêts de Pu ne deviennent les devoirs de Pautre. Le président du conseil remplit alors une double fonction , celle de déposi-

taire responsable du pouvoir royal, et celle de controleur souverain de l’intérêt public.

Plus il remplira strictement la seconde de ces fonctions , et plus il sera sûr de garder long-temps la première.

Le travail de la présidence du conseil s’élabore dans les six directions générales qui suivent :

L Relations extérieures. La première de ces directions générales a composé jusqu’ici le ministère des affaires étrangères. La classification que je propose lui rend son véritable caractère. L’expression de la volonté de la France à l’étranger ne saurait avoir un autre organe que le ministre en qui elle se personnifie à l’intérieur. Le président du conseil, lui seul, embrasse et domine par sa position la généralité politique; lui seul voit les deux faces de la question sociale.

IL Police générale. La police générale extérieure et intérieure doit, par la même raison, se rattacher à la présidence du conseil ; une pensée vicieuse de morcellement a seule pu la partager, comme elle 1 est aujourd’hui, entre deux membres du cabinet, le ministre des affaires étrangères et le ministre de l’intérieur. Cette scission anarchique est incompatible avec l’unité de direction et d’action.

HL Télégraphes. L’attribution des télégraphes a chacun des ministères, et leur centralisation au ministère de l’intérieur, révèle à un même degré l’ab-

sencede l’esprit d’ordre et d’ensemble administratif. Organe des communications rapides entre le centre et la circonférence, le télégraphe est logiquement un attribut de la présidence du conseil, qui doit toujours être la première informée sans intermédiaires et sans retards.

IV. Statistique univebselle. Le moyen de n’avoir point de statistique, même partielle, c’est d’avoir plusieurs bureaux épars de prétendue statistique générale. Dans l’organisation que je propose, tous les renseigneraens aboutiront à la direction centrale qui constituera une enquête permanente sur toutes les questions déjà posées ou qui pourraient surgir. L’enquête appartient éminemment au pouvoir administratif J l’abandon que certains ministres se sont disposés à en faire à la puissance législative est une nouvelle preuve de cette défiance de soiméme qui trop souvent atteint l’autorité. Plus éclairée, elle deviendra plus confiante, elle ne reculera plus devant sa propre responsabilité, et ne cherchera plus à l’atténuer en se faisant imposer une opinion. L’institution d’une direction générale de statistique universelle près du ministère dirigeant aura pour principal avantage de centraliser les documens et de les éclairer les uns par les autres. Un mérite accessoire sera l’économie de temps et d’argent. Les plaintes et les abus auront leur grandlivre ouvert, ils se contrôleront ainsi mutuellement,

la lumière jaillira de leurs débats contradictoires. Les archives de chacun des départe mens ministériels cesseront d'étre éparses : réunies avec les archives générales du royaume, soumises à un classement méthodique, elles pourront être facilement compulsées au moyen de répertoires analytiques. Les traditions auront enfin un asile ; elles sont souvent plus utiles aux améliorations qu'on ne le croit. L’avenir est inséparable du passé.

V. Encouràgemens publics et récompenses nationales. La haute dispensation des récompenses et des encouràgemens publics est un des grands moyens de gouvernement; mais en attribuant cette prérogative a huit ministres, au lieu de la réserver à un seul, on affaiblit sa force, on ternit son éclat. Les encouràgemens n’apparaissent pas décernés par le chef de l’état, sous la responsabilité du chef du cabinet ; il semble qu’ils soient uniquement donnés par des chefs de bureaux ; aussi généralement, les encourageinens qui sont accordés possèdent-ils peu de prestige, exercent-ils peu d’influence, et ont-ils plutôt le caractère de faveurs ministérielles que celui de recompenses royales. Gela est plus grave qu on ne pense au point de vue monarchique de 1 autorité. Il s’ensuit encore que l’intrigue s’agite dans les basses régions administratives, et que la reconnaissance ne remonte pas jusqu’au trône où elle devrait s’élever; la main qui encourage et qui

récompense ne saurait jamais se tenir trop haut.

Ne laisser aucun service méconnu, aucun mérite dans Fombre, prévenir les demandes justes, repousser les sollicitations importunes, écarter les brigues; tel est, en peu de mots, Fart difficile d’encourager* L’influence des peines est purement de répression, mais Paîtrait des récompenses possède une grande force d’impulsion. Encourager à propos et avec noblesse, c’est à la (bis relever le pouvoir, et asseoir l’ordre moral, À ce titre, la puissance rémunéra toi re doit donc être exclusivement une des prérogatives inséparables de la haute direction politique,

VL Presse périodique , librairie et imprimerie royale. Les motifs sur lesquels se fonde la nécessité de créer une direction generale portant ce titre, seraient ici trop longs a déduire. J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’exposer et de développer mes idées à ce sujet. La presse gouvernementale ou la publicité est à fonder, la presse libre ou la polémique est à réformer, Ce double but s’atteindra facilement par la concentration, entre les mains du président du conseil, des cinq directions dont Fénumération précède. Tout a été prévu pour que les informations soient promptes et complètes, pour que la vérité porte toujours avec elle son contrôle, l’erreur sa rectification, pour que la publicité enfin devienne ce qu’elle peut, ce qu’elle doit être, l’instrument de gouvernemen t le plus puissant, Pagent de civilisation le plus actif.

PERSONNEL

Le personnel de la présidence du conseil, ainsi comprise, se composerait comme il suit :

Traite mens.

Présidence du conseil, ministre secrctaire-d’État. . 120,000 fr.

Sous-secréta ire-d'État, .. 60,000

Secrétaire-général... 30,000

Six directeurs-généraux, à 30,000 francs. 120,000

Page 1