‹ Études politiques (volume 3)Chapitre 11 sur 51 · Établissemens de répression et de correction j · texte numérisé non relu

Établissemens de répression et de correction j

(77) 7* Santé et salubrité publiques.

On voit que , dans ce classement, tout se coordonne , rien ne se confond. Les attributions sont distinctes^ mais le but est commun; tou» les moyens de moraliser l'homme , de l'instruire , de protéger le faible , de secourir le malheureux , de réprimer le méchant, de punir le coupable, d'amender le condamné , sont systématiquement rassemblés; tout est calculé pour que la religion , l'instruction et la justice puissent agir de concert, se prêter un mutuel concours et faire pénétrer partout leur bienfaisant esprit dans les plus petites communes, dans les plus pauvres hospices , dans les plus hideuses prisons !

La réforme du régime * pénitentiaire , dont on s'occupe bruyamment depuis plusieurs années , est une question qui se rattache étroitement à celle du paupérisme ; la prévoyance sociale et la répression judiciaire sont les deux extrémités d'un même système , les deux faces d'une même pensée : il est tout aussi absurde de les vouloir séparer que de prétendre isoler la morale de la religion !

En concentrant , ainsi que je le propose , dans sept directions générales toutes les forces morales dont la société dispose , et dont elle tire présentement un si faible parti , et en confiant ces directions à sept hommes éclairés et ardemment animés de l'amour du bien , qui mettraient en commun leurs

lumières et leuis observations, je crois qu'il serait possible de réaliser , au profit des classes pauvres , beaucoup d'améliorations que l'ignorance , jusqu'à ce Jour, a traitées dédaigneusement d^utopies.

Je crois qu'avec un système de prévoyance et de répression moin^ imparfait que celui qui nous régit, il est beaucoup de crimes et de délits qu'on pourrait prévenir ; je crois qu'il est possible de faire disparaître la mendicité sans la répercuter et sans recourir contre elle à des rigueurs que l'humanité a toujours fait fléchir ; je crois enfin que la science économique est aujourd'hui assez avancée pour fonder le nouvel ordre moral que réclame impérieusement l'avéneraent de la démocratie.

Il n'y a qu'à réunir ce qui est épars et qu'à mettre les hommes éminens qui se sont fait connaître par d'utiles travaux et de grandes pensées à la place que leur assigne leur supériorité. Les chefs de bureaux gouvernent la France et ne l'administrent pas, il serait temps qu'ils l'administrassent et qu'ils ne la gouvernassent plus !

Je n'insisterai pas plus longuement ; j'en ai assez dit pour faire comprendre toutes les lumières et toutes les ressources qu'un ministre habile , qui réunirait en comité sous sa présidence les sept directeurs généraux dont je viens de parler , pourrait puiser dans leurs discussions et dans leurs délibérations. Le même ordre d'idées me conduit naturellement à grouper les quatre directions générales

( 79 ) ci-après , dont l'ensemble constitue la force industrielle :

I. Travaux publics (Ponls-et-chaussées et mines) ; IL Agriculture ;

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