‹ Études politiques (volume 3)Chapitre 12 sur 51 · IV. Commerce · texte numérisé non relu

IV. Commerce

Ce classenient changerait peu de chose à celui qui existe ; il serait seulement plus méthodique.

Je réunîraisdans une seule direction générale tout ce qui , à un titre quelconque , se rapporterait aux bàtîmens civils^ aux monumens publics et aux beauxarts. Ce qui existe naturellement n'a pas de raison d'être. La direction des beaux-arts, qui dépend du ministère de l'intérieur, doit être en conflit d'attributions permanent avec la direction des bâtimens civils, qui dépend du ministère des travaux publics. C'est le chaos ; j'essaierais de le faire cesser.

La censure des pièces de théâtre, qui forme aujourd'hui Tune des attributions de la direction des beaux-arts , rentrerait dans celles de la direction générale de la presse périodique , de la librairie et de Pimpfirnerié royale (t). Là devrait, selon moi , se borner l'intervention du gouvernement dans les entreprises théâtrales ; il me parait peu digne qu'il s'interpose dans les éngagêmens des comédiens^ des chanteurs et (ihanieuses , des danseurs et danseuses;

(1) Voir Présidence de Conseil, page 52.

qu'il soit mêlé aux faillites fréquentes des directeurs. En principe , les entreprises de théâtre , y compris les théâtres royaux , doivent subsister par ellesmêmes ; mais s'il y a lieu à des exceptions , elles doivent concerner uniquement l'administration municipale. A l'appui de l'opinion que j'exprime, il y aurait à faire valoir d'impoVtantes considérations dans l'intérêt même de l'art dramatique , mais ce sont- là des développemens qui doivent trouver ailleurs leur place.

La direction des beaux-arts et la direction des bàtimens civils formeraient donc une seule direction générale où l'unité régnerait.

Je restituerais à la direction générale de l'instruction publique tous les établissemens quelconques d'enseignement , facultés des lettres , de droit , de médecine , de théologie, école normale , école polytechnique et autres écoles militaires, école des pontset-chaussées , école des mines , école des mineurs , écoles d'arts et métiers , école forestière , écoles de navigation , écoles de beaux-arts , etc. , etc. , qui sont maintenant éparpillées ; ce n'est qu'en concentrant ainsi dans les mains d'un homme habile tous les moyens d'instruction qu'on le mettrait en état dese rendre compte de ceux qui manquent et de ceux qui sont surabondans. Je voudrais enfin que l'ordre établi fût tellement rigoureux qu'il fut aussi difficile d'ajouter à une^direction générale une attribution nouvelle que de lui en retrancher une. Assurément un

lel ordre ne s^aurait être l'œuvre d'un jour, el je n'ai pas la prétention de l'avoir réalisé du premier jet. Je sais trop bien par expérience combien la conception d'un projet , quelque mûrie qu'elle soit, subit ^ dans la pratique , de modifications inévitables; mais j'ai appris aussi que toute idée juste a pour effet d'imposer la prompte rectification de ce qui blesse son harmonie. Aussi vais-je droit à mon but , sans me préoccuper des détails que je néglige et des objections que je pressens. Il n'est pas une seule conception d'un homme supérieur qui puisse résister à l'examen approfondi d'un homme médiocre , et cela s'explique facilement, car où celui-là n'aperçoit que des difficultés à. vaincre, celui-ci ne voit que des obstacles où il échouerait. Les entreprises les plus timides ne sont pas celles qui sont le plus souvent couronnées de succès. La hardiesse des desseins est toute relative. Tel homme peut tout tenter, tel autre ne doi|t rien hasarder. Il ne faut pas confondre la puissance avec la présomption , ce que font souvent les gens de petite portée et de beaucoup de vanité , qui rapportent tout à eux-mêmes et n'admettent rien au-delà du cercle étroit des probabilités dans lequel se meut orgueilleusement leur imagination.

Assisté d'un sous-secrétaire-d'État et d'un secrétaire-général , débarrassé de tous les détails secondaires de service , n'ayant qu'à présider au travail de quinze directeurs-généraux , hommes éminens ,

se stimulant et se contrôlant entre eux , ne person-

nifiant pas seulement des traditions administratives ^ mais encore des idées sociales , politiques , économiques, le ministre secrétaire -d'État du département des services publics aurait plus de temps pour penser et plus de liberté pour agir que n'en a aujourd'hui le ministre de l'intérieur dans l'état d'anarchie de se» bureaux , dont les chefs , plongés dans une obscurité qui leur ôte toute envie de se distinguer, sont toutpuissans pour empêcher et impuissans pour faire , car on ne leur laisse pas d'initiative et on ne leur donne pas d'impulsion.

Plus loin j'exposerai quelles sont mes idées concernant les directeurs généraux et les sous-secrétairesd'État.

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