DE SIÇS CAUSES ET DE SES EFFETS
Pourquoi) depuis dix ans, dix -sept combinai-* sons mi uistcriel les so son t-elles ai rapidcmen l succédé ? Est-ce parce que le roi qui règne sur nous en aurail systématiquement exclu les hommes politiques éminens, les grandes notabilités parlementaires, les hautes spécialités administratives ? Serait-il donc vrai qu'il eût, pour toutes les supériorités, Téloi* gncfnent que l'opposition l'accuse d'éprouver ? L'instabilité ministérielle serait-elle enfin le fait de la prérogative royale ? S'il en était ainsi , la situation, qui est grave, serait extrême; une nouvelle révolution serait imminente , inévitable , et c'est vainement qu'on s'elTorcerait de la conjurer. Mais heureusement l'accusation est sans fondement comme sans bonne foi; et il suffit, pour la faire tomber, de publier les noms des illustrations et des notabilités à dinéi*ens titres et à divers degrca , qui , depuis i83o, ont été successivement appelées au ministère.
( »48) En voici la liste par ordre alphabétique :
D'Argoot.
Due de Bassano.
Barthe.
Baron Bernard.
BignoD.
BressoD.
Duc de Broglie.
Cunin-Gridaine.
Cubières.
Cousin.
Comte Ducb&tel.
Dufaure.
Baron Dopin.
Amiral Doperré.
Dupont (de TEure).
De Gasparin.
Gautier.
Maréchal Gérard.
Girod (de l'Ain).
Gouin. Guizot.
Humann.
j Amiral Jacob.
Jaubert Maréchal Jourdan.
Lamtte.
Lacave-Laplagne.
Baron Louis.
Maréchal Maison.
Martin (du Nord).
Mérilhou.
Comte MoIé.
Comte de Montaliyet.
Maréchal Mortier.
Duc de Montebello.
H. Passy.
Parant.
Casimir Périer.
Pelet (de la Lozère).
Persil.
Rémusat.
Amiral de Rigny.
Amiral Rosamel.
Amiral Roussin.
s Sauzet.
Général Schneider.
Général Sébastiani.
Maréchal Soult.
Teste.
Thiers.
Tupinier.
V , Villemain.
Vivien.
OÙ sont donc les hommes éminens que le roi n'ait pas encore appelés à venir faire au gouvernement la preuve de leur capacité et l'application de leurs idées ? Qu'on les nomme :
M. Dupin ; il a d'abord été ministre sans portefeuille et a refusé à plusieurs reprises le département de la justice et les sceaux ;
M. de Lamartine; le moment où il devra être appelé a ouvrir à la politique une voie moins étroite" et moins batlue est-il venu ?
M. Mauguin; eùt-il trouvé des collègues?
M. Odilon-Barrot; s'il était chargé de former un cabinet, parviendrait-il à le composer, et où serait sa majorité?
Le département de la guerre a été offert à plusieurs reprises à M. le maréchal Molitor et à M. le général de Caux,qui l'ont refusé.
MM. le maréchal Clauzel et le maréchal Vallée ont eu , Tun après l'autre, le gouvernement de nos possessions d'Afrique.
M. Guizot a été à diverses reprises ministre de l'intérieur et ministre de l'instruction publique.
M. Thiers a traversé les trois départemens du commerce, de l'intérieur et des affaires étrangères; il a eu la présidence du conseil , à laquelle ont été successivement appelés MM . LafBtte, Casimir Périer, le duc de Dalmatie , le maréchal Gérard , le duc de Bassano, le duc de Trévise, le duc de Broglie, le comte Mole.
Qu'on essaie de citer un nom qui ait été oublié ou injustement exclus , une combinaison ministérielle compatible avec la majorité parlementaire qui n'ait pas été essayée, une supériorité qui ait été méconnue, enfin un concours utile dont le roi se soit volontairement privé. C'est une tâche qu'on entreprendrait vainement; l'opposition le sait bien : aussi est- là ce qui fait la faiblesse de l'omnipotence parlementaire et la force de la prérogative royale.
Si l'instabilité ministérielle n'a pas en réalité la cause que lui attribuent la mauvaise foi des partis et l'injustice des ambitions personnelles, d'où vient-elle donc? De qui est-ce la faute et sur qui doit en retomber la grave responsabilité ?
Cesl ce qu'il s'agit de rechercher :
Dans un gouvernement représenialif , la durée de chaque règne est représentée par un certain nombre de combinaisons ministérielles qu'il faut épuiser successivement, mais qu'on ne saurait impunément intervertir. Le nombre en varie néccssaii^emeni selon que Tépoque est plus ou moins féconde en hommes politiques éminens , personnitiant en eux des tendances diverses , des intérêts dinércns, des systèmes distincts. L ensemble de ces combinaisons ministérielles forme ce que nous appellerons l'échelle parlementaire, dont les deux points d'appui, en France, sont à l'extrémité inférieure la démocratie, à Textrémité supérieure la royauté. En Angleterre, où il existe encore une aristocratie , et aux Ét:its« Unis, où il n'y eut jamais de royauté, les points d'appui sont dilTérens. Mais né nous occupons que de la' France.
Plus le nombre des combinaisons ministérielles sera considérable et habilement gradué, et moins il y aura de risques que jamais la démocratie se hegrtc violemment à la royauté. La distance qui séparera l'une de l'autre sera d'autant plus grande qu'entre elles deux se trouveront plus de degrés à franchir, plus d'idées à expérimenter, plus d'hommes appelés naturellement à se succéder au pouvoir pour v faire prévaloir leur système. Ce que doit taire en France la royauté constitutionnelle ressort donc claiœment de ce qui précède. Tout règne nouveau est une par-
tio qui veut, pourélro g.ignée, qu'on no s'écnrle pas des règles prescritOB, qui sont s -r- de se rendro strictement compte de ses ressources en hommes d'<^ta( , de n'en jamais exposer qu'une leute à la fois \ de ranger ceux qui en font la force, d'abord selon tour couleur politique ^1 dans l'urdiH) d^s nuances, ensuite selon leur v/dcur rel«iiire ; de no pas faire prccéiler ce qfiî doit suivre, de pe p^^ pl^u^r au premier r#mg qui ne saurait s'élovcr au-dçs3us du second, enfin de ne pis vouloir allier ce qui s'exdut. Ce qui équivaut à dire que lout ministère de coalition est une faute grayç^ qui ne se jupiifio par aucune circonstance, par aucune nécessite. I| n'y a pçint d'exemple d'un ministère d(? coalition qui, en définitive, n'ait affaibli la rovauté constitutionnelle^ et ajouté à la division pirlemeptaîrc qu'il avait la prétention de faire cesser. Uir cabinet est plus fort ayec ut) seul chef qu'avec pli^ sieurs, parce qu'il est plus libre. L'Inbilelé n'est pas d'appeler les hommes d'état de premier ordre, nécessairement rivaux , à s'associer, mais à se succéder; h se partager le pouvoir, mais à l'exercer dans su plénitude, chacun il son tour.
Les majorées factices et j)as/«igères qu'on parvient à créer h l'aide de ministères de coalition , ne font que rendre plus difficile la reconstitution des majorités réelles et dur.ibles. Ce qui est contraire à l'ordre et a la vérité ne saurait jamais produire que perturbation iét nvsnsonge.
AprÀi qu'un nûnisièrc do D^iition a succombé
dans sa lâche , brisé les transitions , porté le doule dans les convictions, le trouble dans les esprits, pev^ verti l'opinion publique , fait de nuances diverses une couleur sans nom, que reste- t-il à la prérogative royale? — Une seule alternative :
Essayer d'hommes subalternes et de combinaisons bâtardes qui déconsidèrent le pouvoir, ou subir la loi de l'une des opinions extrêmes.
En toute circonstance^ nous n'avons jamais cessé de nous élever et contre les cabinets bicéphales, et contre les cabinets sans tétc ; les uns et les autres nous paraissent également subversifs du principe des majorités consciencieuses et sincères.
Avec un cabinet qui n'a pas d'homogénéité, conciliez donc une majorité compacte ! Avec un cabinet composé de subalternes égaux entre eux , ralliez donc une majorité sortable qui n'ait pas honte d'ellemême! Cela n'est pas possible, et il serait même fâcheux que cela le fût.
Une erreur commune à tous les ministres est de croire que les hommes politiques se personnifient dans une idée moins que dans un nom; que l'art de gouverner est surtout une question de dextérité, et que, par ce seul fait qu'on est parvenu à remplacer ses prédécesseurs, on a suffisamment prouvé sa supériorité sur eux.
Il se peut qu'il en soit ainsi dans les étatsi où la volonté du monarque fait la loi, où l'on gouverne
dans le silence ; mais il en est autieaicnt dans les pays où règne la liberté de la presse et où les ministres sont appelés à défendre a la tribune législative tous les actes de leur administration. Dans les gouvernemens représentatifs , le ministère est une périlleuse épreuve, un. dangereux défi, qui ne fait de grâce a aucun de ceux qui l'acceptent. Si vous avez été sans justice pour vos prédécesseurs, si vous les avez renversés par Tintrigue et la présomption, le même sort vous atteindra sans que vous puissiez vous y soustraire ni vous en plaindre. L'injustice, l'intrigue et la présomption ont pour elles la veille et le jour, mais elles n'ont pas le lendemain. Si donc vous ne faites pas mieux que ceux dont vous aurez pris la place, il vous sera demandé à quel titre vous vous en êtes emparé, et de quel droit vous prétendriez la garder. Vos prédécesseurs seront sans pitié, et vous serez sans force contre vos successeurs. Toute présomption veut être justifiée, c'est là son châtiment ; car il se peut encore qu'on parvienne au pouvoir par l'intrigue, mais là où les prétentions exagérées sont librement discutées, on ne saurait s'y maintenir que par la supériorité. Toute ambition est tenue de prouver sa légitimité. Ce qui précède explique assez pourquoi depuis i83otant de cabinets se sont formés, et pourquoi ils ont duré si peu. C'est à tort qu'ils s'en prendraient de leur chute à d'autres qu'à eux-mêmes; jamais la majorité ne leur a manqué que par leur
Taule. La fragilité de ces cabinets, telle a clé la vraie cause de leur instabilité. Il faut à tout ministère une raison d'être^ une nécessité do vivre ; c'esl-h-diro ou une œuvre à enlreprendro, ou une iJt'c a féconder, ou une réforme à accomplir, ou un s}'sléme à ap* pliquer, ou une difficulté à vaincre, ou un parti h faire triompher; or, si l'œuvre est me^quinCi l'idée stérile , la réforme inopportune ou chimérique , le système inapplicable, la difficultâ nulle ou invinei* ble, le |)arli impuissant, il ne sera pas étonnant qu'un cabinet sans mission soit un cabinet sans durée.
On n'est pas digne du pouvoir quan I on ne l'aime que pour soi, non pour lui; quand on ne le convoite que pour ses privilèges et ses vanités, non pour ses obstacles et ses devoirs. On devient ministre, mais on nait homme de gouvernement. Naître homme de gouvernement , c'est naître esclave de ses convictions et de ses idées, c'est leur appartenir tout entier, c'est ne trouver de bonheur que dans leur triomphe , de repos que dans Iq travail et la lui te; c'est n'avoir qu'une passion, colle des grandes entreprises; qu'une pensée, celle d'asservir ou d'émanciper les peuples, selon les lieux et les temps; c'est vivre dans l'abnégation de soi-même , c'est mourir martyr de son génie et de sa foi, usé par |c^ veilles, brisé par la plus cruelle des tortcues, cellq de ne voir exécuter que lentement , qu'imparfaite^ incfit m qu'on fi i^ppatieujmçnt et glorieuscMii^t
( «55) conçu, douloureux supplice à l'âbri duquel sont les ambitieux vulgaires.
L'exactitude de ce qui vient d*étre dit se démontre par le tableau même tics dix-sept combinaisons qui, depuis i83o, ont successivement fait passer cinquante-quatre minisires aux atfaîres. Entre tant de cabinets, voyez quels sont les deux qui ont duré le plus long temps sans modification : ce sont ceux du i3 mars et du i5 avril. La raison de leur longévité comparée s'explique naturellement. Ils étaient tous deux homogènes, et avaient chacun une œuvre a accomplir: aussi, pour dissoudre Tun, a-t-il Fallu la mort de M. Pérîer, et, pour renverser l'autre, tous les efforts d'une coalition monstrueuse. La Résistance a fait la gloire du i3 mars, et la Clémence la force du i5 avril! Sans la mort subite de M. Perler, le i3 mars ne se fut dissous qu'après avoir achevé son œuvre, et le i5 avril n'est tombé qu'après que Tamnistie cul produit lous ses effets; encore ne fùt-il pas tombé si, cette première tâclic glorieusement remplie , il se fût empressé de s'en donner une autre. Ce qui l'a dissous , c'est plus ' encore l'inaction que la coalition.
Des ministres n'ont pas le choix entre le repos om la retraite ; pendant l'intervalle des sessions législatives, il faut qu'ils préparent le» travaiix qui devront occuper sans relâche le parlement pendant tout le iem|>3 où U sera rémi\»]^içu de {Aifs (hxngçreux (\u^
plus qu'on coiïro transparent où les conlribunbles voient avec humeur des coninnis puiser avec avidité. Vouloir gouverner sans idées est la plus chimérique (les entreprises , la plus dangereuse des expériences ; et quand un pays en est réduit à cette honteuse exlrcmilé , il n'a plus qu'à f:iire tuer sur un champ de bataille ceux dont l'ardenle imagination n^a pu trouver d'emploi ; la guerre est alors la seule ressource qui reste à un gouvernement de reconquérir l'autorité par la gloire.
Le pouvoir qui s'abaisse, loin de devenir plus facile à exercer, voit, au contraire , pulluler autour de lui les obstacles , les exigences , les intrigues , les résistances , les tyrannies , les rivalités ; aussi est-il vrai de diix; que, pour un gouvernement , les plus djiïiciles à accomplir sont, non les grandes choses, mais les petites ; or, le seul moyen qu'il ait de s'affranchir des petites, c'est de s'élever au-dessus d'elles par les grandes; et quoi qu'on en ait pu dire , à aucune époque peut être il n'y eut plus de grandes choses en question , plus de grands principes en jeu ; c'est justement parce que les ministres n'osent pas les aborder qu'ils durent si peu, que les majorités se corrompent et s'éparpillent ; il feut aux majorités une idée autour do laquelle elles puissent se rallier, un principe qu'elles aient à défendre, une oauvre à laquelle elles soient glorieuses de s'associer. Médiocrité ministérielle et immoralité poli* tique sont synonymes. Plutôt que de ne rien oser.
( «59 ) H Vaudrait mieux qu'un gouvernement osftt trop : le danger serait moindre, car il n'en est pas de plus grand que de laisser les esprits et les bras înoccupcs, et plus encore les esprits que les br«is. D'ailleurs, quoi que puisse entreprendre en temps de paix un gouvernement , jamais il ne donnera autant au hasard qu'il le fait par une guerre , que cependant le plus léger prétexte , une collision non préméditée , un mot ou un geste injurieux échappes à l'empoptcment^ un intérêt douteux, un sentiment irréfléchi, suffisent souvent pour Taire éclater. Étrange contra diclion qui s'explique ainsi : — Lcsgouvernemensne savent se résoudre à faire que ce qu'ils ont fait déjà ; ce qui ne veut pas dire que c'est la prudence qui les dirige , mais la routine ; or, la guerre est pour eux une routine , et la paix n'est pas encore un système. Ils dépenseront un milliard pour une conquête incertaine ou inutile ; ils ne hasarderont pas un million sur une idée qui sera neuve et qui promettra d'être féconde. Les gouAerncmens se perdent ainsi par leur immobilité ; Irop faibles pour arrêter les nations dans leur marche , ils les laissent errer, et s'exposent à se voir un jour entièrement abandonnés par elles.
La pâix^ qui est un bienfait pour les peuples, devient , lorsqu'elle se prolonge, — particulièrement dans les états où h liberté de la pi*esse a déjà fondé son empire, — un obstacle pour les gouvernemens dont peut-êlre ils ne se rendent pas assez exacte-
ment compte. La paix , qui fait poser les armes à l'esprit de conquête, les fait prendre à l'esprit d'égalité. Aux rivalités de nations succèdent alors les rivalités de principes.
Systématiser la paix , c'est-à-dire utiliser avec habileté les forces qu'elle produit avec abondance; contenir, sans les opprimer, les esprits qu'elle met en fermentation; satisfaire les besoins qu'elle fait naître, n'est-ce donc pas là une grande chose en question ?
La démocratie est-elle donc déjà souveraine, qu'il n'y ait plus de grands principes en jeu?
Ce qui existe est-il donc ce qu'on saurait imaginer de mieux , qu'il n'y ait plus qu'à le conserver religieusement ?
Ce sont là des illusions que nous avons le regret de ne pas partager.
Il nous paraît que ce ne sont pas les grandes choses qui manquent aux hommes, mais les hommes qui manquent aux grandes choses.
La durée de la paix et la liberté de la presse concourent énergiquement au développement de la démocratie ;
La démocratie est une force dont il reste à trouver les lois; ce n'est plus à lui résister qu'il faut penser, mais à la constituer. S'en occupe-t-on?
Dans cet ordre d'idées presque tout serait à faire, tout est à revoir.
L'anarchie est dans nos lois; n'y peut-on mettre un ternfïeî
Le pouvoir exécutif est un poids trop lourd qui écrase tous ceux qui le veulent poMerj ne peut-on Tallégeret lui donner l'unitc d'action qui lui manque?
Les gouvernemens et les peuples ont une défiance mutuelle qui leur est également préjudiciable ; ne peut-on la faire cesser et mettre fin à leur funeste antagonisme?
L'élection exercée comme un droit politique dégénère -en abus; ne peut-on l'élever au rang de fonction sociale ?
L'instruction départie au peuple dans une certaine mesure est devenue une nécessité de gouvernement; elle est encore facultative; ne peut-on la rendre obligatoire ?
La liberté de la presse fait plus de mal que de bien ; ne peut-on obtenir le résultat contraire ?
Les impôts établis sont perçus avec peine ; ne peut-on (iiire qu'ils soient acquittés avec empressement ?
L'administration publique , instituée pour d'autres temps, arrête par ses complications tout ce qu'elle centralise; ne peut-on la simplifier?
La science économique existe dans les livres ; ne peut-on la faire passer dans les faits?
La concurrence finit par détruire tout ce qu'elle fonde; ne peut-on concevoir un système qui lui permette de tout fonder et l'empêche de rien détruire?
là niuluatité ri-a eficôfc été appliquée qiï*& Paôâurance de certains risques ; ne peut-on lui dotiftei* linfi nôQveltè extenàiofi dont le rééultnrt serait la fotldîltion J^ùn noGvcl ordre s<)cfal înnccesslble attx révolutions?
Lk sOcîéié est menacée dans son repos par Tlmigînation ardente dMiommes qui s'em presseraient de quitter Toi^niére profonde des théories anarchîques et dés crîliques subversives pQur se frayer la faute neuve, large et sans fin des réformes Utiles et des améliorations praticables , s'ils avaîetit intérêt à perfectîoriAer ce qu^lls ne s'occupent aujourd'hui qu'à détruire; ne peut-on établir en principe qtfê tes auteurs d'une amélioration administrative, fifrofnciéfe ou fiscale, ^cconnue telle pfdr le gouVeffiemenf, profiteront cOîicurremmeut i<vec lui d*uno pîtrtîe des avantages résultant de son adoptioU?
Ne Sont-cc pas là — très- sommairement et trèsincomplètement értôncées — de graves questions qui ifiimoMaliseraient le ministre qui saurait les résoudre ?
Mais le pouvoir est un but d'où les idées Vous éfoignent et où les passions sdules Vous conduisent.
Tout ce qui à le enracféfe , même équivoque, âd la grandeur, de t'uhilé, de la durée, de la pré* voyance, nous fait pdur; nous ne sommes occupés qu'à tout réduire*, qu'à tout diviser^ s^ins nous apercevoir que c'est cela qui iious dégrade et qui AfOUs perd. Nous oublions trop qure nous sommes \ii\ grc'md peuple.
Ndus rnéltoftà Û\% ânnéeë k faire d\k lie»e& de cbriiin tte ftef <
Quand ndùs «TOtts fini urië itruie pclr uno exiré-: itiilé 9 eWe est devenue impraticable par l'autre \
Nous attendons, pour utiliser le crédit dont nous jouisdoris^ que nous Tajons perlu. NoUs pourrions nous enrichir et nous libérer par l'emprunt) noa» .itiendohs^ pour y recourir ^ cfu'il nous ruihid et nous écrase ;
Nous Voudrions provoquer HM guerre ou OM rétolutiot}^ que nous n'agirions pas autrement j
Nous faisons du pouvoir là où souvent il faUdhilt faire de la liberté, et de la liberté là où il faudrait faire du pouvoir ;
Nos résistances et nos concessions enfin sont égalëiiieiit irréfléchies êl îttipriicféniés.
tôulc'Tôis , Vélèvûllôh de ia paix et de k iWmié
au-dessus de la guerre et dé la gloire est Utie pensée qui honorera dans l'hislOire le roi , (fui ne HOUs gouverne pas f celte pensée l'eût fait l'égal des plus grands souverains, s'il se fûl rcnconiré sous son régne un grand ministre qui la comprît et qui la fécondât ! Mais comment se serait-il trouvé? — Tout le monde aspire au pouvoir, personne ne s'y prépare; on fait tout pour y partdrilr, on ne fait rien pour y rester. Ainsi s'expliquent, par l'insuffisahcê des ministres, î'instabîlîté des cabinets et l'omnipotence des cdambres , l'abaissement des pouvoirs politiques ol Téparpillement des majorités parlementaires.
Les deux tableaux suivans présentent la liste complète des mînîstres depuis juillet i83o jusqu'au i" novembre i84i ; le premier donne le relevé du nombre exact de jours que chacun d'eux a gardé le département qui lui avait été confié ; le second montre que toutes les combinaisons les plus variées, les plus ingénieuses, les plus forcées même , ont été épuisées sans rien fonder de solide ni de durable ; ce qui prouve manifestement qu'il y a des vices graves dans la distribution du pouvoir exécutif et dans l'établissement de ses rapports avec le pouvoir législatif.
Présidence du conseil.
MM
LAFFITTE , 2 novembre 1830, 133
jours.
GASiniiR PÉRiER, 13 mars 1831,
577 jours SOULT (maréch.) , 1 1 octobre 1832,
639 jours.
GÉRARD (maréch.), 18juilletl834,
124 jours.
BASSANo> 10 novembre, 8 jours.
MORTIER (maréchal), 18 novemb.,
125 jours.
MM
BROGLiE (duc de), 12 mars 1835,
346 jours.
THIERS, 22 févr. 1835, 195 jours.
MOLE (comte), 6 sept. 1836 , 22 1
jours.
MOLE (comte), 15 avril 1837,715
jours.
SOULT (maréchal) , 12 mai 1839.
THIERS, l*^>^mars 1840, 241 jours.
SOULT (maréchal), 29 octobre 1840
(en exercice).
Justice,
MM
DUPONT (de l'Eure), du 31 juillet
au 26 décembre 1 830 (1 48 jours).
MÉRILHOU, du 27 décembre 1830
au 7 mars 1831 (76 jours).
BARTHE, du 13 mars 1831 au 31
mars 1839 (2,295 jours).
PERSIL , du 4 avril 1 834 au 1 5 avril
1837 (458 jours).
SAUZET , du 22 février au 6 sep-
MM
tembre 1836 (195 jours).
GIROD (de l'Ain), du 31 mars 1839 au 12 mai suivant ( 42 jours).
TESTE, du 12 mai 1839 au 29 février 1840 (294 jours).
VIVIEN, du l«r mars 1 840 au 28 octobre suivant (241 jours).
MARTIN (du Nord), da 29 octobre 1840 (en exercice).
Affaires étrangères»
MM
BIGNON (baron) , du 29 juillet au
2 août 1830 (5 jours).
JOURDAN (maréchal), du 3 au '10
août 1830 (7 jours).
MOLE (comte), du 11 août 1830 au
31 mars 1839 (936 jours).
MAISON (maréchal) , du 2 au 16
uoTembre 1 830 ( 1 4 jours).
SÉBASTIANI (comte), du 12 DOT.
1 830 au 1 1 oct. 1 832 (708 jours) .
BROGLIE (duc de), du 1 1 oct. 1832 au 22 féT. 1836 (1003 jours).
MM
RiGNY (yice-amiral de), du 4 avril
au 10 novemb. 1834 (229 jours).
THiERS , du 22 février au 6 sept.
1836 (195 jours).
MONTEBELLO,du 31 mars 1839 au
* 12 mai suiy. (42 jours).
SOULT (maréchal), du 12 mai 1839
au 29 février 1840 (294 jours).
THIERS, du \^' mars au 28 octobre
1840(241 jours), GUizoT , du 29 octobre 1840 (en
exercice).
Intérieur,
MM
GVizoT, du 11 août au 2 novemb.
1830(82 jours).
MONT AUVET (comte de),du 2 nov .
1830au31 mars 1839(1041 jours).
CASIMIR PÉRiER, du 13 mars
1831 au 1 1 oct. 1832 (577 jours).
THIERS , du 1 1 octobre 1832 au 6
septembre 1836 (773 jours).
D^ARGOUT (comte) , du l*'* janvier
1833 au 4 avril 1834 (459 jours).
MM
BASSANO (duc de) , du 10 au 18
novembre 1834 (8 jours).
GASPARIN, du 6 septembre 1836
au 12 mai 1839 (263 jours).
DUGHATEL, du 12 mai 1839 au 29
février 1840 (294 jours).
RBMUSAT, du l«rmarsau 28 oc- * tobre 1840(241 jours).
DUCBATEL , du 29 octobre 1840
(en exercice).
Commerce et Travaux puhUcs,
MM
D*ARGOUT (comte) , du 13 mars 1831 au 5 fév. 1836 (1105 jours).
THIERS, du 25 décembre 1832 au 4 avril 1834 (459 jours).
DUGHATEL , du 4 avril au 10 novembre 1834 (229 jours).
TESTE , du 10 au 1 8 novemb. 1 834 (8 jours).
PA8SY , du 22 février 1836 au 6
MM
septembre suivant (195 jours).
MARTIN (du Nord), du 6 sept. 1836
au 31 mars 1839 (936 jours).
GUNIN-GRIDAINE,du 12 mai 1839
au 29 février 1840 (294 jours).
GOUIN , du l^*^ mars au 28 octobre
1840 (241 jours).
GUNiN-GRiDAiNB , du 29 octobre
1840 (en exercice).
Travaux puMics.
MM
DUFAUiiB, du 12 mai 1839 au 29
février 1840 (294 jours).
JAUBERTy du 1^ mars 1840 au
MM
28 octobre suivant ( 241 jours )^ TESTE , du 29 octobre 1840 (en exercice).
Instruction jmhUque,
piaveil (baion), du 3 au U août
1830(8 jours).
BROGLiE (duc de), dii 1 1 août au
% noTewbre 1830 (83 jours).
MÉRiLBUU , du 2 noveiubre au "27
déAMubre 18^8 (hk jours).
BARVHIK , du %% décembre 1830
au 13 inars 1831 (78 jours).
MONT ALI VET (comte de), du 13
inars 1831 au U octobre 1832
(577 jours).
GUIZOT, du U octobre 1832 au 15
avril 1837 (1453 jours). {iltfHltt
du 10 au 18 novembre 1834,
MM
M. SAUZBV, M. TE8TB.
pfeLET ( de la Lozère ), du 91 lévrier au 6 septembre 1836 (195 jours).
SALVANDV (de) , du 15 avril 1837 au 31 mars 1839 (715 jouis^.
PARANT, du 31 mars 1839 au 12 mai suivant (43 jours).
VILLBMAIV I du 13 mai 1839 au 29 février 1840 (394 jûurs)^
cousiK, du l«f mars 1840 au 28 octobre suivant (241 jours).
^f fiLEMAiN , du 29 octobre 1840 (en exercice).
Guerre,
MM
f^^l^^il? (coi^ite) , du U ioiM 9u
10 noYe^r# 183^ ^206 jours).
|yofji.T (mar^c^l) , dii % uQTfinju'e
1 830 aK iû |^qYem]|]Mi« IS^^I (1.347 joftrrt.
BERNARD (baron) , 4m 10 au 3( mars 1839 (944 jours).
MORTIER (marécï][al) , du 18 novembre 1834 au 12 mafS 18^5 (133 jours).
MAI8QN (marépb.)«4M 1 %m^ X^"^ au 6 septembre ^936 (W jours).
D^^sPANs-pupiÈiaEP 9 du ^ poiars
au 12 mai 1339 (42 jours).
8C^NE|D]ipR ,'du 13 m^ 1^39 ^u
29 février iS4p (394 jours).
CUBIÈRES^ du i*"** mars 1840 au
28 octobre suivant (241 jours).
SOVLT (maréchal) , du 29 octobre
1840 (en exercice).
Marim ^^ ççionwp.
MM
SBBAaTiANi (comte)» du li août au 3 Rov. 4880 (83 jours).
D*ARGOiJT (comte) , du 2 novembre ««sa au iS mars 1831 (151 jours).
RIGNY (vice -amiral de), du 13 mars 1 851 au 1 3 maoi IHHS (I934 jours.
JACOB (comte) , du 19 mai au 10 j^v^re iaîi;4 (339 jour^.
pu. »UP|N (b^on) , du HQ av 13
novembre 1854 (Sjo^r^t BVPEBRÉ (baron), du 13 mars
MM
1835 au 12 mai 1839 (541 jours)
en exercice.
BOSAMEL ( viCemte ) , du 6 septembre 1836 au 31 mars 1839
(936 jours).
TUPINIER, du 31 mars au 12 mai
ig39 (42 jours).
DUPERRÉ (baron), du 12 mai 1839
au 20 février 1840 (^4 jours).
jE^OU&siN (amiral),du 1<' mars 1 9^0
au 3$ octobre suivant (^41 jours).
Bt^P^RPÉ (amiral), du ^ ^pre
1840 (en exercice).
.Finances
MM
LOUIS (baron) , du 30 juillet 1830
a» Il oOQbi^e IQ32 ,(672 ipurs), LAFFITTE, du 2 novembre 1830
aulSmaralâSl (131 i^m^, HUMANN , du 11 octobre 1832 au
5 février 1836 (1216 jours).
PASSY, du lOaju 16 novembre 1834
(8 jour»). Un 18 mai 18Ô9 ^!i^
exeroio^.
D*ARGOUT (comte) , du 5 février
au 6 aogteatbre 1936 <8 U mn).
uvcuA'VWhf du 6 s^ptèinlbr^l^
MM
au 15 avril 1837 (221 jours).
I^^G^VJJS - I^A^I^AGNE . du |3 avril 1837 au SI mars 1839 (715
GAUTIER, du 31 mars au 12 mai
1839 (42 jours).
PASSY, i« ISiDtii 1839 au 29 février 1840 (iÔ* jaw»).
PEUSir (de M Jt^OX^e)* dv 1'*^ mars au 28 octobre 1840 (241 jours).
HUMA^'N, du 29 octobre 18iO|^o exercice).