BULLETIN FRANÇAIS
des actes du gouvernement et des séances iégisiatives.
Ce journal', înip^issible registre de l'état politique 9 exclusivement ouvert à la reproduction impartiale des débals législatifs, du texte" des loÎÀ
- (i)LaidM 13 krumairsan VIT, titre I II, -rr des actes et regiitres non soumis à la formalité du timbre.
« 16<* Sont exceptés du droit et de la formalité du timbre , satoir : » 1« Les actes 4« Cerps Législatif et cenx do Directoire exécutif , etc. , etc. »
organiquesV dés actes officiels et des nouvelles d'un intérêt général, ne contiendrait jamais que la rectîfiealîon brève et sévère des faits erronés, sans apologies, sans attaiques et sans commenlaircs (i).
Ce tardif hommage rendu par le gouvernement représentatif à la publicité , qui en est ressencc , n'aurait pas seulement pour effet de faire pénétrer de toutes parts la vérité avant qu'elle y fût altérée , par l'intérêt dés partis et par les nécessités de la polémique journalière.
^ Aux avantages politiques:
i*" D'appeler directement, par une transmission rapide, économique et sûre' des communications of« ficielies et des nouvelles authentiques , le pnys à juger lui-naéme les hommes et les actes du pouvoir, avant que son esprit ait déjà reçu une prévention étrangère;
2* De fnire disparaître beaucoup de divisions et de démarcations de partis, que la presse périodique, pour s'alimenter, est contrainte d'entretenir j
(1) La publication d'un bulletin analogue a déjà eu lieu.
Le 15 septembre 1792, il fut arrêté qu'un bulletin de correspondance serait adressé cbaque jour à toutes les communes et autorités de France et aux armées.
La loge à droite du président est réservée pour sa rédaction, 13 novembre 1792.
' Une. commission de l'assemblée est chargée de surveiller la rédaction, 1«>' nivôse an ii , année de la création du Bulletin des lois ( 14 frimaire ).- '
Le 13 fructidor an yi, le Bulletin de correspondance est remplace par un Bulletin décadaire.
3* De former une opinion publique plus éclairée , plus indépendante et plus impartiale;
4° De substituer la publicité impassible et véhi-
DIQUE à la POLÉMIQUE PASSIONNÉE et FALSIFICATRICE;
5* De détruire . tous monopoles mercantiles de l'Opinion publique, en restituant à chacun la liberté de ses opinipns sur les Faits; .
A ces avantages politiques s'en joindraient d'autres moraux et matériels de l'ordre le plus élevé :
La publication d'un Bulletin complémentaire du Bulletin des Lois, sur les bases économiques qui viennent d'être indiquées, restituerait 62 fr. par année au budget de cinquante mille lecteurs; on verrait alors aussitôt quelle vie nouvelle recevraient
— la littérature , celle qui fait la réputation des écrivains et la supériorité d'une nation ,' — les sciences , celles qui donnent l'impulsion aux progrès ,
— l'érudition^ celle qui dissipe l'ignorance du passé, détruit les préjugés et rétablit tardivement la vérité des faits.
Leabods livres reparaîtraient vite dans la circulation , d'où ils ont disparu ; — les revues , telles qu'elles existent en Angleterre ^ trouveraient alors en France un public assez nombreux pour leur périme ttre de rétribuer selon sa valeur un travail consciencieux ; les esprits les plus distingués rechercheraient à Paris , comme à Londres et à Edimbourg , le moyen de se faire connaître et de se faire apprécier ; — le talent serait sur d'un asile et d'une juste
rémunération ; • — lo polémique changerait de forme, elle en rcvêlîrnit une plus grave et plus utile ; elle abandonnerait les discussions de premier mouve- ^ Xnenl pour les dissertaticfhs réOéchics , laborieuse» el consciencieuses ; -^ elle s'élèverait h toute la hauteur de la science spéculative, et deviendrait alors l'élément progressif de toute législation.
Au lieu de cela, la périodicité semi -quotidienne , hebdomadaire, semi-mensuel le, à l'ombre de la- (fuellè végètent à Paris beaucoup de petites Féuitles Kt|éraires et épigrammatiques , ne produit qu^une publicité faible et bornée, sar^ aucune valeur mo^ rab, sanà aucune utililé réelle.
La science veut de patientes études , et la littéi^turc, pour s^élever, a besoin d'espace. Ce mocfe subalterne de périodicité, jouissant dq privilège de ne point déposer de cautionnement , à la condition de s'abstenir de reptxxluiro les noi^vetles et les faits , se trouve ainsi , par une inconséquence législative , gé* néralemenl réduit h l'exploitation des personnalités daos le cercle étroit de la vie privée des citoyens.
L» littérature qui s'avith , qui étiole tes imag^îwttion» îei»nes et déconcerte les croyances ancien-* nes^ est phis £;tlale à la civilisation qqe h guerre ht pins meitptrière , que le despoti^sme te plus aveugle;car s€u» action scibtile, Impalpable, s^exerce sans ^U^oier d» défiances , sans porter d^embrages , sans pfCM(€Mper de luttes , ji4squ'& ce qu'un de ces rares gdai^s r^énéralews de lew siècle eH de leur patrie
(359) nJ)[>araÎ95ie et ramène sur ses traces- les esprits (livagans , relève les irtïagîn \ lions déchuea , et ranime les convictions morales , sans lesquelles les goiiverne*mens et les peuples ne 5'in*?pîrent qu'un (f^gal mépris, qu'un mutuel effroi : scntimerts déplorables , d*bù naissent la. misère et l^îfisurrdctioh ct^ttnô part , l/arbitraire et la corruption de Tautrd.
A la publicité des faits, il faut fâ périodicité dîirrna)e; mais aux tràvaui: , aux investigations ôt aùsc éludes de la science, aux proilucirons distinguées de laf Hllératurc, il faut urte pérrocficfté rare, un cadre large, une forme sévère.
Les deux chambres législatives nd Seraient pas moins intéressées que le gouverrtemenf à U cdftSfftution d'ime grande publicité ainsï fégafement et économiquement élciblrc; étidemfmefîl celle que reçoivent leurs débats par la vuîc du MôhitèUf* est instrffisante et illusoirt?, bien qu'^élle leur colite annuel lement d'assez grands ^cfîfices.
Assurément fa fidélité littérale des débats iégisfafîfs a une grande îrtiporlance bfslorique; mais fa fidéfife analytique de^discom's , forsifue leur étendue exîgé cette manière de les reproduire , est d'Heine tftflité actuelle bien plus grantlc, ptrisque c'est c'ffe quî, 1er plus souTent , cotrcourt Jr fornier et Tôpinion' pifbliquc et le#jogement que portent les éfcttetnrs stir Itews mandatatref^.
Ces deux nécessites seraient égafement prévues et saiisfahes par le prc^X qnî serl cPc7tprei$tfon mtité-
riçllc h noire pensée ; son adoption n'apporterait aucun changement dans la publication et dans la propriété du Moniteur universel^ qui, par son mode de rédaction textuelle , conserverait son authenticité et sa valeur historique.
Conséquemment , pendant la durée des sessions législatives , deux rédactions fidèles des débats parlementaires seraient faites, l'une textuelle, qu'en raison de son étendue \q Moniteur ^ lui seul, continuerait de publier ; l'autre sommaire , mais fidèle , expressément réservée au Bulletin , et calculée pour n'occuper que l'espace accordé au cqinple-rendu des chambres par les principaux journaux; celle dernière rédaction , ainsi réduite à la proportion de trois pages, pourrait être exactement transmise chaque soir en épreuve à tous les journaux quotidiens. I)e ce service , deux avantages résulteraient : Le premier, — que les journaux de bonne foi auraient le moyen de collationner sûrement la version de leurs rédacteurs, qui ne saurait matériellement jamais être aussi parfaite que la rédaction recueillie au-dessous de la tribune législative ;
Le second , — que les journaux sans bonne foi ne pouvant alléguer d'excuses de leur infidélité , leur impartialité serait alors placée dans l'alternalive ou de se déguiser, ou d'être manifeste à tous^lcs yeux. Il ne serait pas impossible qu'un aussi simple soin, pris dans l'intérêt de la vérité, prévalût en raison de Téconomie importante qu'il permettrait à beaucoup de
journaux de faire sur leur budget : en tout cas, cet essai serait sans inconvénient.
Ainsi que cela a lieu pour le Bulletin des lois^ on s'abonnerait au second bulletin, complémentaire du premier, sans frais aucuns, chez tous les directeurs des postes , qui seraient chargés d'en opérer le service; on éviterait ainsi tous les détails administratifs et minutieux de l'inscription des noms , de la mise sous bande, des changemens de domicile, etc.; tout se bornerait à recevoir de chaque directeur des postes la demande et le prix d'un certain nombre d'exemplaires; une remise de dix pour cent sur le prix d'abonnement leur serait allouée pour ce service, ce qui leur assurerait un supplément de traitement assez considérable.
Tous hes abonnemens seraient annuels.
Les seules difficultés que pourrait présenter l'exécution de ce plan seraient les difficultés. matérielles de tingCj en raison du nombre incalculable d'abonnés^, auxquels parviendrait vite et sûrement lebulletin.
Mais ces difficultés sont de celles qui n'arrêtent jamais une grande entreprise. On triplerait, au besoin, les compositions, jusqu'à ce qu'un procédé plus expéditif et plus économique naquit de sa nécessité même. En Angleterre , il y a des presses qui de minuit à midi pourraient tirer 48,000 exemplaires. Il suffirait de doubler la composition pour qu'elles produisissent gô^GOOcxempIdires pendant le même temps.
établi sur ces bases, le bulletin proposé compte-
raîl bientôt p!us de cent mille abonnés ; rcchercbé jusque dans les plus faibles communes, en raison de la modicité de son prix et de rauthentîcîté doses nouvelles, partout il ferait pénélrei^ la vérité avant qu'elle y parvînt altérée ; il remédrcraît ainsi au gmre inconvénient du prix trop élevé des feuilles quotidiennes, — résultat des taxes qui les grèvent.
On n'a pas encore exactement calculé la toutepuissance du bon marché appliqué à la presse périodique (i).
L'économie ne serait pas le seul molif déterminant pour s'abonner au Bulletitïr\ à quelque fraction politique qu'on appartienne, il y aurait encore un autre molif de se décider: ce serait l'avantage de connaître ^ungt-quatre heures plus tôt que par la voie des autres jourruïujc y les dépêches télégraphiques, les communications officielles, les mouvemcns admi nistratifs, les nominations à tous les emplois; de pouvoir enfin étudier et suivre ainsi la pensée du gouvernement d'après elle-même.
Nul doute que le Bulletin ^ réunissarit ces deux condîtlons^n'eàr alors pour abonnés les fonctio^nnaires publUsde tous degrés et tous les hommes impartiaux et vérituhkupent indépendans.Quc serait en effet fow/t dc$ lecteurs accoutumés depuis long- temps, à payer ^i>(i\ poitp le montant de leur abonnement annuel,
(1) Il ne faut pas perdre de vue que ceci a été écrit long-temps avant que h Presse et le Siècle parussent.
Faddilion de la faible somme de i8 fr. , prix de l'abonnement îxu Bulletin? ... A ce modeste prix, cependant, les produils seraient encore assez consîdérables'pour permettre au directeur qui lui sôrait donné de rétribuerhonorablemenl le concours des premiers écrivains , afin que , pendant ta lacune des sessions législatives, \o Bulletin fût, parla supériorité de sa rédaction , comme par Tétehdue de sa publicité, le premier journal du naondç (i).
Dans ce registre national, vaste enquête permaiMHile, serait accessoirement consigné tout ce qui intéresse et honore la France : — tes plus dignes prodMCtîoo&do l'a^pril et du talent, — les chefs-^d'œuvre de^ arts» -^ lea découvertes des sciences et leurs applications utile», — les progrès de l'agriculture, — les perfectionoemens de l'industrie en France et à l'étranger, -^ enfin , t(m& les moyens d'améliorer le bien-être matériel de toutes les classes^ et de dé^ velopper leurs facultés morales (2).
(l)LâfeBîlle cTiiapression , grand raisin, format du Moniteur ^ tirée à grani oonthce» à la loécaDique et sar bon papier, fevienl; à 15 fr. ia rame, soit 3 centimes la feuille, ou 10 fr. 95 c. pour 365 numéros; 7 fr. environ resteraient donc disponibles pour le paiement : f<> de 1» remise d#fr d ii e rtewa de poale ^ — d» dea frais matériel de compositioB et de cenx d'administration; — 3° enfin ^ de ceux de rédaction, qui doivent être évalués au moins de 200,000 fr. à 300,000 fr. , si Ton veut , ainsi qoi'U serait désirable , <iue le Bulletin attire à lui et puisse absorber dan$ aa rédaction tous les écrivains d*un mérite supérieur. Excluant l^ipologie officieuse et se bornant à ia publication et au rétablissement cte ta vérité , le Bulletin pourrait assez facilement former une coalitionc de falens sur un terrain neuf et neutre qui lui serait prépaie. . (2) Un reprocbe grave peut être justement adressé aux cours publics
. Le gouvernement, de son côté, serait intéressé à ne négliger aucun moyen de faire qu'à tous égards, sous le rapport de la célérité autant que sous celui de l'exactitude, le jfff///e^m eut toujours la supériorité. Le grand nombre de ses courriers et de ses agens, le monopole des télégraphes offrent tous les moyens de la lui assurer sans frais. Le mensonge ne remporte sur la vérité que lorsqu'elle est tardive, jamais quand elle le devance ; plus il serait accordé de place aux nouvelles , moins il en resterait aux fausses interprétations; plus la publicité aurait d'attraits, et plus la polémique en perdrait.
La publication du Bulletin français aurait lieu en vertu d'une autorisation ministérielle qui pourrait être retirée. Ainsi , le gouvernement n'aurait jamais rien à redouter de son immense publicité , et le sort de la France ne dépendrait plus alors de la défection d'un journal ou de l'accord de six ou sept journaux entre eux.
Le prix d'abonnement ne pourrait dépasser i8 fr. par année — 5 centimes par jour — afin qu'il demeurât bien établi qu'il ne s'agit point d'un monopole livré à la spéculation.
Le Moniteur universel subsisterait sans éprouver
de Paris, que le gouvernement entretient à grands frais : c'est cela! de ne pas s'étendre au delà de leur auditoire, nécessairement très-restrelnt, et d'être conséquemment sans utilité assez générale pour la France ; leur reproduction sténographiée dans le Bulletin obvierait pleinement à cet inconvénient et porterait ses fruits dans les départemens.
(l'aulrc dommage que le partage des communications onicielles.
' Les fonds secrets, n'étant plus en partie détournés de leur véritable destination , ne seraient plus un vole de confiance, toujours délicat à demander pour tout ministère.
Ainsi légalement, politiquement et moralement constituée, dans l'intérêt de l'ordre public, de la prospérité du pays et de la stabilité Je ses institutions^ la publicité, ennoblie et non plus corrompue, est une idée constitjLitionnelle que doivent accueillir tous les amis éclairés et sincères des libertés publiques; car il n'est aucun d'eux qui ne convienne que ce qui leur importe c'est moins la polémique qui prive les lecteurs de l'indépendance de leur opinidn , que la publicité fidèle donnée à tous les actes du gouvernement (i).
(1) Ce projet de la publication d'un Bulletin ne coûtant que 18 franco par an fut soumis , en 1831, à M. Casimir Périer, alors président du conseil des ministres , qui ne Faccueillit pas. M. Périer répondit à l'auteur qu'il était dans l'erreur en attribuant au principe du bon marcbë ime puissance qu'il n'avait pas en matière de firesse périodique ;.que les partis ne comptaient pas , lorsqu'il s'agi^sait de satisfaire leurs passions; que si bas qu'en fût le piix , personne ne voudrait s'abonner au Bulletin,
Parmi les successeurs de M. Casimier Périer au ministère de l'intérieur, il ne s'en est pas trouvé un seul qui eut le temps de consacrer un jour ou deux à l'examen approfondi d'une proposition qui, si elle avait été adoptée en 1831, aurait peut-être changé l'esprit du journalismo et du pays , et, par suite, prévenu les crises qui ont mis plus d'une fois nos institutions en péril !
TIII.
BAKES BATIONiriULiliES D'inrE UÉOISIUkTIOV nouwvuM
La presse, amie ou enoetiile, garde rnlem les HmuH èft i et le dedans du royaume que des armées. . . .
ATouons-le : une moitié peut être de nos électimra Mt piutôt i'instinct que ia connaissance de la lil>erté. Ils la sentent; ils ne la raisonnent pas encore^ ils à ^îmmk { pÊt impulsion.
Le pauvre et le riche ne s^atiélldreitt qti*en s'éetaliiHIt
GORMBMIN.
Dans rétat OÙ sonl les choses, que faut-il faire pour restituer à ia presse périodique Futile fono* lion qui lui est réservée dans Tordre social et politique? — Précisément le contraire de ce qui a été fait.
Il laul que la publicité cesse d'être contrainte à appeler Ja polémique et les partis à son aide pour payer leur part de l'impôt exorbitant et eependaiit peu productif du timbre.
Il faut que le gouvernement représentalil rende homniage au principe de la publicité, non point paf des sacrifices impurs faits sous le nom de subpen^ fions a la vénalité par la coriuptîon, mais en con^lîtuant politiquement lui-même, sur une base légale et morale, la publicité officielle.
• (367) tl faut que la responsabilité des éditeurs d^in écril périodique ne soit plus une garantie illusoire, une! fiction déplorable; mais qu'elle devienne une fonction publique considérée à Tégal des plus Utiles et des' plus dignement remplies..
Il faut que Tàge , l'expérience et la position sociale de l'éditeur responsable d'un écrit périodique présentent toutes les garanties vainement demandées» jusqu'à ce jour, non à la moralité des hommes, mais h la quotité variable des cautionnemens; il faut que ces garanties soient telles enfin que leur réunion suffise pour élever sans crainte la presse périodique au rang d'institution sociale et potir détruire sans retour les préventions défavorables qu'a pu faire naître Pabus de sa liberté.
Il faut que la publication d'un écrit périodique cesse d'être assimilée par la loi à une exploitation commerciale, afin que les hommes honorables et instruits, animés de vues utiles et généreuses, ne soient plus retenus, pour les exprimer et les propager, par la crainte de sacrifier leur fortune et de compromettre leur nom , ou de s'exposer à un autre danger plusgrave encore , celui de se livrer sans défense et sans réserve à la bonne foi d'un gérant absolu, bien qu'agent subalterne.
Il faut que les vexations commitses chaque jour dans l'ombre par les agens du fisc ne soient plus, de la part de la presse périodique , qu'elles disposent à
Facrîmonie, des causes indirectes d'opposilion conlre Padminist ration publique.
Il faut que l'on ne puisse -plus justement adressera la presse périodique. le reproche que font au pouvoir les adversaires de la centralisation ; il faut qu'elle représente avec plus de vérité les opinions et les besoins de tous les départeoiens de la France. II restera encore à la presse centrale une assez belle attribution, celle de l'initiative de toutes les grandes questions.
Il faut qu'il puisse y avoir autant d'écrits périodiques qu'il y aura d'hommes éclairés intéressés à l'ordre ou désireux de concourir à la propagation d'idées utiles.
II faut enfin qu'aucune entrave ne soit mise à la liberté de la presse périodique ; qu'aucune faveur n'enchaîne son indépendance ; qu'aucun privilège exceptionnel n'en détruise Tégalité, et surtout qu'aucune subvention n'en puisse jamais rendre la modération suspecte de vénalité.
Des droits de timbre et de poste. — Supprimer le droit de timbre, élever par compensation le droit de poste, substituera la formalité vaine des cautionnemens une garantie plus etficace, telles sont les bases de la législation rationnelle qu'attend encore en France la presse périodique La suppression pure et simple du droit de timbre serait un progrés utile, n;ais non une rélormo suftîsante : sa suppression ,co:n binée avec l'iuign-K^ntalion du droit
de port, est tout un système nouveau , ilont la conséquence serait d'étendre la presse doparlcnjcnlalc et de restreindre au contraire la presse centrale, par l'extrême différence du prix d'abonnement qui s'ensuivrait nécessairement.
La diffamation publique trouverait alors des barrières; elle né couvrirait plus toute la France d*un seul coup d'aile ; l'administration des postes n'en serait plus aussi gravement complice , elle ne porterait plus si loin et sur un aussi grand nombre de points Tattaque et le mensonge.
On a souvent cité la liberté dont la presse jouissait en Angleterre, sans danger cependant pour son giUivernement et ses institutions. Plusieurs publicisles n'hésitent point à attribuer aux mœurs britanniques et à la gravité des esprits dans ce pays l'honneur d'un résultat dont la cause est d'un ordre infiniment moins élevé, puisqu'elle réside tout entière dans une malérialilé.
£n ÂTigleterre, les journaux n'étant point trans* portés, comme en France, par l'administration des postes, moyennant un faible droit indépendant de la distance, il n'y a point dès lors de centralisation de la presise, de monopole de Topinion publique par voie d'abonnement : il y a tout simplement des journaux qui ne sont astreints à aucun cautionnement , mais aussi dont la poste anglaise ne se charge qu'en les pesant et les taxant comme lettres.
Ces journaux n'ont pas d'abonnés, ils n'ont que
( 570 ) lies acheteurs. Le malin , on choisît p:\nni les journaux qu'apporlenl les voiturçs publiques le plus ioléressaul en iai$QQ d^ l'opinion qu*il exprime ou de la nouvelle du jour qii'il publia le premier.
Avec l'aversion et la crainte exagérée, que la pr^^ a toujours causées au gouvernement français^co wîn d^ sa part (le colporter économiquement, rapidement et journellemenl les attaques dont il est l'objet, peut paraître au moins surprenant» mais ce contixî-sen» apparent ne s'explique pas seulement par notre pente naturelle vers la centralisation : il Y a une autre cau^» c'est l'amour de la France pour la police.
Cette passion malheureuse» qui ne regarde jamai? que d'un cpil,n'a vu dans la centralisation de la pces$e qu'un moyen pour le gouvernement de scruter touNs les opinions, en se chargeant du transport des journaux au domicile de leurs lecteurs,
Aussi est-ce à la police que la presse central^ doit en France sa toule puissance.
^ Qn peut objecter qu'auis. États. Unis il n'eo est pas du transport des jourqqux comme en Angleterre 9 que le service public des postes en opère la distribii* liou moyennant un très^faible 4> oit» ^t q^^ ^t>» l'A< mérique du Nord, pas plus qu'en Angleterre! la presse n'a pas encore renversé le gouvernement établi.
Ou pouri\Vtt répondre à ToUjection que cela tiont sans doute à deux c^mses ; d'abord à la grande variété des feuilles qui se pubKcnt dans lesé(ais de l'Union,
ensuite au caraolèro plus commercial qiio politique de leurs journaux ; mais il y a unç troisièàio eaû» qui domine les deux autres, eWt la forme fédcnsitive» de ce gouvernement y qui exolut toute teoclanee de eentralisatien y mAmedans l'expression dq Popinion publique. ' *'
Voilà œ qui explique comment I^Aniériqiie du Nord et l'Angleterre supportent sans crainte et aaan danger la puissance de la presse. La fusion des deui droits de limbre et de poste en une seule taxo de port détruirait la centralisation de là presse pariston* ne^ qui est Pabus d-un droit ; favorisemit la multipli* eation de tputes les nuances d'Opinions conslitUf lionnelles , créerait dans chaque département ,
d^ns chaque armndiasqment éleoloral , dos jour« naux, expression .de leurs intérêts moraux et nia* tériels ; s'il en était ainsi , les vrais intérêts se feraient mieux eennaitre; les idées , pour se déve^ iopper et mûrir^ n^aunaient plus autant besoin de venir cherober (a chaleur (irdente du fbyef eentral.
Les journaux de Ppris donneraient ^impulsion et Pexemple, les journaux des départemens le siii« vraient; ils entretiendraient eqlre eux rémulation, dés qu^ilsn^uraient plus h lulter péniblement eontre le monopole actuel de la presse centrale , dès que leur existence serait matériellement possible.
Le sort de la France alors ne dépendrait pins tout entier de Paris, de la défoction d'un journal ou de Paeoord de six ou sept journaux entre eux.
Des CAUTtoNNEMENs. — La condition (]'cligibiiité substituée au dépôt du cautionnement pliicerait la pressé périodique en Ire les mains d'hommes expérimentés, indépendans par leur fortune du pouvoir et des partis, intéressés matériellement en qualitc d'éligiblcs au mainlien de l'ordre; les engagerait indirectement, par serment, envers la forme aclucllc du gouvernement et la dynastie régnante; elle aurait cûfin les avantages suivans :
i" Elle donnerait au gouvernement des gciraiilîe& moins douteuses; car elle ajouterait celles de l'àgc et de l'expérience à celles de la fortune. Aucun homme âgé de trente ans ne pourrait plus, être désormais gérant d'un journal , tandis que la loi liiî permet maintenant d'en remplir les fonctions a vingtun ans.
s"" Le cautionnement, fourni le plus souvent par des tiers au moyen d'une prime convenue, progressive en raison des risques que lui fait courir celui qui l'emprunte, n'a toujours été qu'une formalité vaine et qu'une garantie politique illusoire; le cens d'éligibilité serait aii contraire une condition Ir. pi honorable à remplir pour que le gérant ne l'eût pas toujours involontairement présente à la pensée dana l'expression de ses opinions.
On ne saurait trop désirer que les gérans des écrits périodiques soient éligiblcs; indépendamment des garanties pécuniaires qu'ils offriraient en cas d'amendes, ce serait un moyen de déférer en quelque
sorte leurs doctrines à l'opinion publique elle-même par une candidature permanente.
Ce but honorable , s'il eût , depuis vingt années, toujours été présent à l'ambition des gérans responsables , en eût relevé la condition ; il les eût fait plus dépendans de l'opinion publique ; la presse périodique fût tombée moins souvent aux mains de brouillons et de controversistes obscurs ; elle eût compté plus d'hommes politiques préparés par la théorie à la pratique des affaires.
Un des vices de la presse périodique , c'est qu'elle exerce sans contrôle un contrôle si actif , c'est que le plus grand nombre des éçrivainsdont le journalisme est la profession soit trop étranger aux intérêts généraux^ qui sont de plusieurs natures ; plus on relèvera la presse périodique , plus elle sera éclairée , digne et conciliatrice, et plus l'on créera de chances qu'elle cesse d'être Tinterprète des passions des partis pour devenir l'organe des intérêts et des vœux du pays.
« La presse périodique ne saurait avoir plus de droits que la tribune parlementaire ^ » a dit M. le duc de Broglie à l'occasion de la législation de septembre 1 835 ; aussi demandons-nous pour l'une et pour l'autre 5 que les mêmes conditions de capacité leur soient imposées, qu'une égale considération leur soit accordée , et que , dans l'intérêt de la pacification publique et du développement progressif et rationnel de la liberté sociale , la tribune parlementaire et
plus en ennemies.
G(ôlia e«t l^îiftibte pàl* IMIévalii^H «mrAte de la fvHl^libti ût gé« atft t'éétibtll^bb et l>]ill' là Btippti^ssiôh li)âléHtlte du til»bi^, dont là éoti^rVàtion fâîl obfttatlc à rti1n|>àHtalité déé jôurtiâux;
ÂUësl iôtigi-tx^mps que eitiq mille âbètlhéâ profit lléte^âiics ^ VekhiûWtfèÛ'ûW fi^uilië quotidienne , k %}jà\im dé rénoHliilé dt^ îâ toxë^ il n'y aù^ points il ne peut y avoir da»À k pk*ôS)ie pëH^iqiie de plâ^ë
pô^i' 1^ tôrgan^ d'Util ^pinlt)h itidépéttdànl^ |» eàlme êl ttAêdfeitrtce.
Là ^rantte dMliglbltittâ ddmifié ^^r Iti 1^1 ^ te mp^ pn^i^ti du dmbne égâtemietii in>nsémte> lisèjôrii'^
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