I*'. PRÉSIDENCE DU CONSEIL
ATTRIBUTIONS
Contrôler c'est tout diriger, surveiller c'est tout prévoir. Dans l'ordre de mes idées, la présidence DU CONSEIL a donc pour attributions exclusives toutes celles dont l'efFet doit être l'établissement et le mainlien de Tunité, la centralisation du contrôle et Torganisatioii de la surveillance.
Les rapports que j'établis entre la présidence du CONSEIL et les deux départemens des finances et DES SERVICES PUBLICS sout tcIs , qu*il ne saurait se commettre aucun écart , aucune négligence , aucun abus grave, à l'insu du chef du cabinet. Tout l'instruit, rien ne l'absorbe.
11 préside le conseil-d'état lorsque des lois importantes sont soumises à ses délibérations, et se prépare ainsi à leur discussion parlementaire.
Il préside également les conseils supérieurs de l'agriculture, de l'industrie et du commerce; car leurs plaintes , s'ils lui en adressent de fondées, l'aident à contrôler les diverses directions générales qui en auraient fourni le sujet, à rectifier en conséquence, et à perfectionner incessamment tous les services publics. Dès lors plus d'antagonisme entre la société et le pouvoir; les intérêts de Tune deviennent les devoirs de Tautre. Le président du conseil remplit alors une double fonction , celle de déposi-
taire responsable du pouvoir royal , et celle de contrôleur souverain de l'intérêt public.
Plus il remplira strictement la seconde de ces fonctions , et plus il sera sûr de garder long-temps la première.
Le travail de la présidence du conseil s'élabore dans les six directions générales qui suivent :
I. Relations extérieures. La première de ces directions générales a composé jusquMci le ministère des affaires étrangères. La classification que je propose lui rend son véritable caractère. L'expression de la volonté de la France à l'étranger ne saurait avoir un autre organe que le ministre en qui elle se personnifie à l'intérieur. Le président du conseil , lui seul, embrasse et domine par sa position la généralité politique ; lui seul voit les deux faces de la question sociale.
IL Police générale. La police générale extérieure et intérieure doit, par la même rabon , se rattacher à la présidence du conseil ; une pensée vicieuse de morcellement a seule pu la partager, comme elle l'est aujourd'hui, entre deux membres du cabinet, le ministre des affaires étrangères et le ministre de l'intérieur. Cette scission anarchique est incompatible avec Tunité de direction et d'action.
IIL Télégraphes. L'attribution des télégraphes à chacun des ministères, et leur centralisation au ministère de l'intérieur, révèle à un même degré l'ab-
sencede l'esprit d'ordre et d'ensemble^dministraibif. Oï'gane des communications rapides entre le ceritrfe etla circonférence, lé télégraphe est bgiquement un attribut de la présidence du€onseil,qut doit toujoui^s être la première informée sans intermédiaires et ^ns Tïstards.
IV. Statistique universelle. Le moyen de n'avoir point de «talistique, même partielle, c'est d'avoir plusieurs bureauxépars de prétendue statistique générale. Dans l'organisation que je propose, tous les renseignenaens aboutiront à la direction centrale qui constituera une enquête permanente sur toutes les questions déjà posées pu qui pourraient «urgîr. L'enquête appartient éminemment aii pouvoir administratif; Tabandon que certains ministres se sont disposés à en faire à la puissance légi^ative est une nouvelle preuve de cette défiance de soitHéoie qtri trop souvent atteint f autorité. Plus éclairée, elfe 'devîèhdra plus confiante, elle ne reculera pïus détânt sia propre i^esj)6hsàl)ïlité ^ et ne cher- 'ctifèra^plus à TatrcfHiièr en sfe faisant imposer une ojiîHiÔdl LMtîàtitbtïôn^ d^une direction générale de *b(tistï<itiè"unîvèrfelfe près' du ministère dirigeant ^irria ^W fWiiëîpal avantage de centraliser les ()ocurtlislte et ^è Tes Mdirer les tins par les autres. Un ZDér^te actesaoire serai il'économb de temps et d'ar- ^pU Lc^i pUiÂnteft ec 4es abus auront leur grand- \x^(Tp ^^uvert^ îfe ise coatrèleront ainsi mutuélletnent,
la lumière jaillira de leurs débats contradictoires. Les archives de chacun des départemens mimstériels cesseront d'être éparses : réunies avec les archives générales du royaume , soumises à uii classement méthodique, elles pourront être facilement compulsées au moyen de répertoires analytiques. Led traditions auront enfin un asile ; elles sont souvent plus utiles aux améliorations qu'on ne le croit. L'avenir est inséparable du passé.
, Y. Encouragemens publics et récompenses nationales. La haute dispensation des récompenses et des encouragemens publics est un des grands moyens de gouvernement; mais en attribuant cette prérogative à huit ministres, au lieu de la réserver à un seul, on afËiiblit sa fonce, on ternit son éclat. Les encouragemens n'apparaissent pas décernés par le chef de l'état, sous la responsabilité du chef du cabinet ; il semble qu'ils soient uniquement dontiés par des chefs de bureaux ; aussi généralement, les encouragemens qui sojit accordés poésèdent-ils peu de prestige y exeroent-ils peu d'influence, et ont*-ils plutôt le caractère de faveurs ministérielles que celui de récompenses royales. Cela est plus graVë qu'on ne pràse au point de. tule monarchique de l'autoriié. Il . s'ensuit encore que l'intrigue s'agite dans les basses régions administratives, et que la reconoaissaoce ne remonte pas jusqu'au trône où elle devrait s'diever ; la main qui encourage et qui
récompense ne aurait jamais se tenir trop haut. Ne laisser aucun service méconnu^ aucun mérite dans l*ombre, prévenir les demandes justes, repousser les sollicitations importunes, écarter les brigues ; tel est, en peu de mots, l'art difficile d'encourager. L'influence des peines est purement de répression, mais l'attrait des récompenses possède une grande force d'impulsion. Encourager à propos et avec noblesse, c'est à la fois relever le pouvoir, et asseoir l'ordre moral. A ce titre, la puissance rémunératoirc doit donc être exclusivement une des prérogatives 'inséparables de la haute direction politique.
YI. Presse PÉRIODIQUE , librairie et imprimerie ROYALE. Les motifs sur lesquels se fonde la nécessité de créer une direction générale portant ce titre, seraient ici trop longs à déduire. J'ai d'ailleurs eu l'occasion d'exposer et de développer mes idées à ce -sujet. La presse gouvernementale ou h publicité est à fonder, la presse libre ou la polémique est à réformer. Ce double but s'atteindra facilement par la con- -centration, entre les mains du président du conseil, ^es cinq directions dont l'énumération précède. Tout a été prévu pour que les informations soient promptes et complètes, pour que la vérité porte toujours avec elle son contrôle, l'erreur sa rectification, pour que la publicité enfin devienne ce qu'elle peut, ce qu'elle doit être, l'instrument de gouvernement le plus puissant, l'agent de civilisation le plus actif.
PERSONNBJL.
Le personnel de la présidence du conseil, ainsi comprise, se composerait comme il suit :
Traltemens.
Présidence du conseil , ministre secrétaire-d^État. . 120,000 fr.
Sous-secrétaire-d'État 60,000
Secrétaire-général 50^000
Six directeurs-généraux , 130,000 francs. ..... iâO^OOO